" La pierre précieuse, voire de grand prix aux yeux de certains, qu'est l'émeraude, se voit insultée par un morceau de verre habilement truqué, s'il ne se rencontre personne qui soit capable de procéder à un examen et de démasquer la faute. Et lorsque de l'airain a été mêlé à l'argent, qui donc, s'il n'est connaisseur, pourra aisément le vérifier ? "(Saint Irénée, Contre les hérésies)


samedi 15 avril 2017

Au bon plaisir de Dieu

Dieu est-il un tyran ou un libertaire à notre égard ? Impose-t-Il sa loi à tous les hommes sans que ces derniers ne puissent ne rien faire pour se défaire de son emprise ? Ou leur accorde-t-Il toute liberté sans leur imposer la moindre contrainte si ce n’est celle de la nature ou de leur imagination ? Dans les deux cas, Il n’est guère Celui qui aime. Le tyran comme le libertaire n’aiment guère ceux qu’Il soumet soit à sa tyrannie soit à leurs propres envies.

Dieu veut nous sauver d'un désir infini

Certes, Dieu est Tout-puissant et nul ne peut résister à sa volonté. Sa souveraineté est sans limite et qui pourrait la contester ? Dieu veut la sanctification de tous les hommes. Selon notre Credo, qui remonte aux premiers temps du christianisme, nous professons que Notre Seigneur Jésus-Christ est mort pour sauver tous les hommes. Pourtant tous les hommes sont-ils sauvés ? Le Verbe est venu ici-bas et Il n’a pas été reçu. Non, il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus. Dans la prière que Notre Seigneur Jésus-Christ nous a laissée, la prière par excellence de tout chrétien, que disons-nous ? Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel ! Nos paroles remettent-elles en cause la toute-puissance de Dieu ?  Quelle folle pensée ! Nous exprimons à Notre Père notre désir de soumettre notre volonté à la sienne et celle de toutes les créatures. Pourtant, tout est soumis à Dieu. Les choses pourraient-elles vraiment se faire hors de la volonté de Dieu ? Non, évidemment. En Dieu il n’y a ni impuissance ni ignorance. Il est la perfection même. Que signifie donc cette demande ?  Y aurait-il contradiction ?

La volonté divine de sauver tous les hommes est un désir de Dieu au sens où Dieu le souhaite mais ne l’impose pas. Dans la prière du Pater, nous demandons que ses souhaits se réalisent, en particulier en nous. Dieu aurait-Il des désirs ou des souhaits comme tout homme ? Nous ne pouvons guère parler de Dieu sans user de notre vocabulaire et de notre façon de parler. Nous n’avons pas d’autres moyens de nous exprimer. Pauvres et misérables moyens dont nous disposons…

Quand un ange vient présenter sa salutation à Sainte Marie et lui annonce le divin mystère de l’Incarnation, elle lui répond par un fiat. « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon sa parole. »(Luc, I, 38) Et par sa réponse, le mystère peut s’accomplir. Elle aurait pu dire non. Abraham aurait pu refuser de sacrifier son fils. Jérusalem aurait pu ne pas être détruite ni par Nabuchodonosor ni par les troupes romaines si la volonté de Dieu était de la préserver comme Il l’a souvent dit.  Quand Notre Seigneur « fut proche de Jérusalem, à la vue de cette ville, il pleura sur elle » (Luc, XIX, 41). Que signifieraient ces larmes si elles ne venaient pas d’un cœur désireux de la sauver tout en voyant sa perte « parce que tu n’as pas connu le temps où tu as été visitée. » (Luc, XIX, 44) Si Dieu avait voulu, tout cela n’aurait pas eu lieu. Sa volonté aurait été faite sans aucune difficulté. « Le Verbe était la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui, et le monde ne l’a point connu. Il est venu dans son héritage, et les siens ne l’ont pas reçu. » (Jean, I, 9-11) Sans liberté en l’homme, l’histoire de la chute et de la Rédemption n’aurait pas eu lieu. « A tous ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jean, I, 13).

Imaginons un époux et son épouse. S’ils s’aiment vraiment, l’un ne cherche-t-il pas à toujours répondre à la volonté de l’autre ? Que l’un des deux ait soif, l’autre ne voudrait-il pas étancher sa soif ? L’un est épuisé, l’autre ne voudrait pas lui apporter le réconfort dont il a besoin ? Dans une véritable amitié, y a-t-il la place à l’ordre et au commandement ?

La logique de Calvin est sans faille. Si Dieu est tout-puissant tel qu’il l’entend, l’homme ne mérite rien, ses œuvres sont sans mérite. De même, Luther peut accuser la folle prétention humaine de vouloir gagner son salut s’il pense qu’il n’est qu’un être corrompu. Mais c’est finalement oublier que Dieu peut émettre des désirs. Tout en Lui n’est pas volonté absolue. Le désir n’est pas incompatible à la puissance. Il est aussi puissant pour proposer sans imposer, appeler sans être entendu, parler sans être écouté.

Si on ne L’entend pas, si on ne L’écoute pas, si on Lui désobéit, est-ce la faute de Dieu ? Est-ce de sa faute que les Hébreux aient murmuré dans le désert, que David et Salomon aient péché, que des Juifs aient adoré Balaam ? Est-ce de sa faute que Judas ait trahi Notre Seigneur Jésus-Christ et que des Juifs n’aient pas voulu Le suivre ? Pire encore. Si sa volonté s’imposait en toute circonstance, Dieu serait sans aucun doute l’auteur de nos péchés. Emporté dans leur logique, certains Luthériens ont prêché cette abomination, affirmant que le mal comme le bien venaient de Dieu. Effectivement, si l’homme n’a aucune liberté, comment pourrait-on lui rendre responsable des maux qui l’accablent ?
Dieu impose-t-il les vérités de foi ? Saint Jean nous le dit bien. Ce sont ceux qui L’ont reçu qui peuvent devenir ses enfants. Écoutant parler Notre Seigneur Jésus-Christ, une femme est admirative. « Heureux le sein qui vous a porté, et les mamelles que vous avez sucées ! ». Mais Il lui répond : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent ! »(Luc, XI, 27-28) Que signifieraient ces paroles si l’homme n’avait aucune liberté ? Que signifierait même croire si Dieu imposait notre croyance sans que nous puissions rien dire ?

Dieu désire notre salut, Il ne l'impose pas

Dieu nous propose les vérités de foi à croire et Il veut que nous y croyions. Il veut qu’elles soient crues par tous les hommes sans néanmoins les imposer à leur âme. « Dieu ne nous signifie sa volonté que comme un désir de sa part, c’est-à-dire sans un vouloir absolu. »[1] Cela explique pourquoi certains croient, d’autres non. Nous pouvons Lui obéir ou Lui désobéir, lui être fidèles ou nous égarer dans notre propre vision du monde. Comprenons bien que si Dieu voulait absolument, nous ne pourrions que connaître et non croire.

Dieu nous permet de Lui résister par désobéissance, même s’Il veut que nous Le suivions par obéissance. « Il veut que nous puissions résister, Il désire que nous ne résistions pas ; il permet néanmoins que nous résistions si nous le voulions. »[2] Lorsque nous résistons, Dieu n’y est pour rien. C’est parce que nous sommes libres que nous pouvons résister. La résistance manifeste notre liberté car Dieu nous permet de laisser notre volonté à notre libre-arbitre. La multiplicité des croyances et des religions traduisent la capacité humaine d’agir selon sa volonté. Dieu le permet. Il laisse faire. Mais quand Dieu désire que nous suivions sa volonté, « il appelle, exhorte, incite, inspire, il vient à notre aide et nous secourt. »[3] Quand il appelle les ouvriers à sa vigne, le père de famille ne leur impose pas le travail. Ils viennent parce qu’ils acceptent d’être embauchés mais avant d’être embauchés, faut-il qu’ils soient appelés.

La volonté de Dieu de nous sauver ne relève pas de sa volonté absolue mais bien d’un véritable désir. Et pour que son désir soit réalisé, Dieu nous donne tous les moyens nécessaires. Le médecin veut que nous guérissions. Pour cela, il nous fournit les remèdes nécessaires et nous impose parfois un régime draconien. Mais en fait, il n’exprime qu’un désir. Nous pouvons ne pas l’écouter et vivre sans ses remèdes et sans suivre le régime. Si nous résistons à ses préconisations, le mal risque d’empirer et la dégradation de notre état, nous ne la devrons qu’à nous-mêmes. C’est parce que Dieu désire notre salut qu’Il nous en donne les moyens. Là se manifeste toute sa volonté. Et non seulement Il nous éclaire de sa lumière mais Il nous réchauffe, nous soutient jusqu’au jour où la lumière nous embrasera. Aucun moyen ne nous manque pour que nous suivions sa voie jusqu’au bout. Mais, par notre seule volonté, nous pouvons prendre un autre chemin et nous cacher de sa lumière. Il suffit de se détourner de Lui…

Ainsi la volonté de salut que Dieu a souvent exprimée est une vraie volonté. Il nous accorde suffisamment de grâces pour que nous parvenions au bonheur éternel sans cependant agir contre notre nature. Sa bonté nous sauve, notre mépris nous condamne.

Dieu nous donne tous les moyens pour nous sauver

Cependant, pour être sauvé, il ne suffit pas de vouloir être sauvés et d’en prendre les moyens. Il faut aussi recevoir toutes les grâces qu’Il nous a préparées pour nous et qu’Il nous offre. « Il faut, avec la plus ferme résolution, vouloir et saisir les grâces que Dieu nous réserve. Notre volonté doit en effet correspondre en toutes choses à celles de Dieu. La volonté divine veut nous sauver, nous le voulons aussi ; elle nous montre les moyens, nous voulons les prendre ; elle nous offre ses grâces, à nous de les faire nôtres, puisque nous désirons le salut, comme elle le désire pour nous, et parce qu’elle le désire » [4]. Le salut est ainsi l’union de deux volontés, l’une qui propose, l’autre qui s’y soumet librement. La volonté de Dieu est première, gratuite, miséricordieuse. Sans elle, point de salut. La volonté de l’homme est une réponse à celle de Dieu. Nous dirions même que le salut résulte de la rencontre et de l’union de deux désirs.

Mais un désir est toujours précédé d’un amour. On ne désire que ce que l’on n'aime pas. Si Dieu désire notre salut, c’est qu’Il nous aime. Si nous résistons à son désir, c’est que nous ne désirons pas son salut, que nous L'aimons pas. Et c’est l’amour qui porte la volonté à se soumettre à celle de Dieu. Pourquoi l’homme ne désire pas son salut ? Pourquoi sa volonté rejette-t-elle le désir de Dieu ? Parce que l’amour n’habite pas en lui. Pour comprendre cela, nous devons nous pencher plus longuement sur la volonté et le désir…

Qu'est-ce que la volonté ?



 
La volonté est la faculté de commander nos mouvements tant extérieurs qu’intérieurs. Nos yeux n’ont pas de volonté. L’oreille n’obéit à personne. Sans intelligence, ils ne font que percevoir ce que le monde extérieur leur soumet. Si nous voulons que les yeux ne voient pas, nous devons les détourner ou les fermer.

Nous ne pouvons pas parler de la volonté sans parler du bien. C’est même parce que nous sommes attirés à un bien que nous le voulions. Le bien est souvent défini par ce que chacun désire. Mais la volonté est aussi la faculté qui tend au bien, du moins à ce qu’elle tient pour tel. « La volonté donc, apercevant le bien que lui indique l’intelligence, éprouve aussitôt un certain plaisir, une certaine complaisance, qui la font se mouvoir et incliner doucement mais puissamment vers ce bien qu’elle aime, afin de s’unir à lui. Et pour parvenir à cette union, l’intelligence se met en quête des moyens les plus appropriés. » [5] Il y a une telle convenance entre la volonté et le bien qu’elle génère de la « complaisance » qui elle-même meut la volonté et, dans un mouvement qui tend à l’y unir, la pousse vers le bien. Tel est l’amour.

L’amour n’est ni la volonté elle-même ni la complaisance. « Le véritable amour, c’est le mouvement et l’écoulement du cœur dans ce qui est aimé. » [6] Certes sans complaisance, il n’y a pas d’amour. Elle naît en elle et ne peut durer sans elle sans se confondre avec elle. Le mouvement dure jusqu’à la jouissance de l’union.

Qu'est-ce que le désir ?

On parle de désir quand le bien se trouve éloigné ou absent, ou que l’union ne peut se réaliser autant qu’on le souhaiterait. Le désir est le mouvement d’amour par lequel le cœur aspire à cet objet absent. « Le désir n’est pas autre chose que l’appétit ou la convoitise des choses que nous n’avons pas, mais que nous aimerions avoir.»[7] L’amour procure de la joie si le bien est atteint, de l’espérance quand on estime pouvoir l’obtenir sinon le désespoir. Il procure de la crainte quand on fuit ce qui lui est contraire. Si ce qui lui est contraire advient, il y a tristesse. Si l’objet est considéré comme un mal, nous le haïssons. Il n’y a plus mouvement vers l’union mais recul pour s’en éloigner. Si le mal est présent, la tristesse est là. Toutes ces sentiments, amour, désir espérance, désespoir, haine, tristesse, etc. sont des passions ou des émotions qui meuvent la volonté. Toutes ont affaire avec le bien ou le mal [8], ou estimées comme tel. Mais comme nous l’avons dit, le bien et le mal meuvent la volonté tant que la volonté veuille bien y consentir. Tant qu’elle ne consente pas, la volonté domine. Et lorsqu’elle consente à une passion, c’est elle qui la domine.

Si les biens sont inatteignables, le désir n’est qu’une velléité, des vœux sans lendemain. Et lorsqu’elle prend conscience de cette impossibilité ou de l’extrême difficulté à les atteindre, la volonté cesse tout mouvement. Un désir peut aussi s’arrêter quand il demeure incompatible avec un autre plus fort. Le désir de ne pas rendre malade son ami peut être supérieur au désir de l’embrasser.Une volonté est donc gouvernée par un amour mais « la volonté n’aime que ce qu’elle veut aimer »[9]. Mais lorsqu’elle s’attache à un amour, c’est ce dernier qui s’empare d’elle et elle s’y soumet tant que cet amour subsiste en elle. Mais la volonté peut aussi s’en défaire pour s’attacher à un autre. Si l’homme résiste aux désirs de Dieu, c’est que sa volonté ne veut point se détacher d’un autre amour, l’amour de soi et du monde par exemple.


Ainsi la volonté se lie à un bien au point de chercher tous les moyens pour parvenir à atteindre ce bien et à s’y unir. Elle se meut tant qu’elle ne parvient pas à cette union, c’est-à-dire tant que le bien lui est absent. Le désir meut donc la volonté tant que l’union n’est pas réalisée. Mais la volonté n’est qu’une faculté. C’est bien l’homme qui par sa volonté se porte au bien. Quand nous parlons d’union entre la volonté et le bien, nous désignons en fait l’union de l’homme qui exerce sa volonté avec ce qu’il considère comme un bien. L’affinité entre l’amant et la chose aimée est la source de l’amour comme sa finalité consiste dans leur union.

Aimer Dieu, se conformer à sa volonté

Si l’homme voit en Dieu un bien, son cœur cherchera à se conformer à Lui, c’est-à-dire à s’unir à Lui de manière à n’être qu’un. Pendant des siècles, on a enseigné que cet amour à l’égard de Dieu est naturel. Comme nous l’avons déjà vu, l’athéisme est une notion nouvelle dans l’histoire des hommes alors que l’idée de religion était aussi vieille et répandue sur terre que l’homme lui-même. Mais l’idée d’une inclination naturelle de l’homme vers Dieu est aujourd’hui combattue ou plutôt méprisée ; on n’en parle même plus.

Mais en nous, cet amour de Dieu n’est qu’imparfait. Nous sentons en nous cette volonté de tendre vers Dieu mais elle est impuissante dès le commencement. « Ce n’est qu’un certain vouloir, sans vouloir, un vouloir qui voudrait mais  qui ne veut pas, un vouloir stérile, un vouloir sans effet »[10]. Cette impuissance vient de notre nature blessée par le péché originel. Laissés à nos seules forces, nous ne pouvons donc pas aimer Dieu autant que nous voudrions, c’est-à-dire par-dessus tout. Cette inclination n’est pas rien. Elle peut être un moyen pour Dieu de nous attirer à Lui plus facilement.

Dieu nous aime

Notre amour à l’égard de Dieu, s’il est naturel, demeure ainsi bien imparfait. Mais Dieu aime l’homme. Notre Seigneur Jésus-Christ est mort pour nous sauver ! Quelle plus belle preuve d’amour que de livrer sa vie pour d’autres ? Que faut-il de plus pour le prouver ? Quel autre témoignage faut-il donner ? Parce que Dieu nous aime, Dieu veut nous sauver. Son amour nous conduit donc à notre salut. Mais par le salut, Il nous ouvre son cœur. Notre salut nous conduit à son amour. Et pour ceux qui ne comprennent pas, Il nous demande expressément de L’aimer et de L’aimer par-dessus tout. Or l’amour tend à l’union. Dieu veut nous unir à Lui ! Tel est son désir.


Or comment pouvons-nous L’aimer si naturellement nous ne pouvons que L’aimer imparfaitement ? L’amour n’aime guère la demi-mesure. Il tend à croître puisque sa fin est de parvenir à l’union. Il embrase le cœur et Le pousse à l’unir à l’être aimé tant que ce désir se maintient en lui et domine sur tout autre désir.

Et puisque Dieu veut nous unir à Lui, Il nous en donne aussi les moyens. « Il ne se contente pas de faire connaître à tous son extrême désir que nous l’aimions, de telle sorte que tout le monde le sache. Il va même jusqu’à frapper de porte en porte »[11] pour témoigner toutes sortes de bontés. Il nous donne tout ce qu’Il faut pour L’aimer et même au-delà du juste suffisant. Son amour n’a pas de limite. Il met tout en œuvre. Or qui pourrait résister à son amour si ce n’est le refus de l’être aimé ?

Le bon samaritain
Le divin Amant est à la porte. Il frappe. Il appelle l’âme, doucement puis de manière véhémente. Mais Il n’ouvre pas. Il est là, à l’improviste, avant même que nous ayons pu y penser. Il a devancé nos désirs. Il frappe notre cœur et le réveille afin que nous puissions sortir de notre sommeil. Par surprise et sans rien nous demander, Il vient nous réveiller.

Notre Seigneur a témoigné tant d’amour lorsqu’Il était près des siens que nous pouvons ne rien comprendre à l’aveuglement de beaucoup de Juifs. Les miracles n’ont pas suffit pour leur ouvrir leurs esprits. La Sainte Écriture leur a été sourde et donc inutile. Que de signes et de faveurs ! Dieu ne les a pourtant pas exclus de son amour. Notre Seigneur Jésus-Christ est aussi mort pour eux. Dieu ne les a pas rejetés, ce sont eux qui L’ont rejeté. Dieu était à la porte. Ils n’ont jamais voulu Lui ouvrir. Ils ont préféré s’enfermer dans leur certitude que de s’ouvrir à la miséricorde de Dieu et à se conformer à sa volonté. « Nous recevons la grâce de Dieu en vain, lorsque nous la maintenons à la porte de notre cœur, sans que notre cœur y consente. »[12] Parce que libres, nous avons mal usé de notre liberté. Mais ce qu’il s’est passé en terre sainte il y a plus de 2000 ans se répète chaque jour…

C’est donc par amour que nous devrions suivre les commandements de Dieu. C’est par crainte de ne pas suffisamment répondre aux désirs de l’Être aimé que nous devrions nous appliquer à Lui obéir. L’amour n’exclut pas la crainte. Il est aussi indéniablement associé à l’espérance. Car comment pourrions-nous craindre d’être abandonnés par Celui qui a tant fait pour nous sauver ? Comme l’enseigne l’Église catholique, Dieu donne à chacun les grâces suffisantes non seulement pour éviter le mal mais pour nous convertir et donc L’aimer.

L’abîme sépare l’homme de Dieu. Notre misère est grande. Et cet abîme a été comblé par une chose qui devrait non seulement nous effrayer mais aussi et surtout nous réjouir. Notre Seigneur Jésus-Christ est mort pour sauver tous les hommes. Quel plus beau témoignage d’amour ! Que le sang versé pour nous ne soit pas vain ! Soyons toujours attentifs aux grâces divines. Nul n’est condamné si ce n’est pas lui-même...







Notes et références
[1] Saint François de Salle, Traité de l’Amour de Dieu, livre VIII, chap. III, n°627.
[2] Saint François de Salle, Traité de l’Amour de Dieu, livre VIII, chap. III, n°627.
[3] Saint François de Salle, Traité de l’Amour de Dieu, livre VIII, chap. III, n°627.
[4] Saint François de Salle, Traité de l’Amour de Dieu, livre VIII, chap. III, n°635.
[5] Saint François de Salle, Traité de l’Amour de Dieu, livre I, chap. VII, n°68.
[6] Saint François de Salle, Traité de l’Amour de Dieu, livre I, chap. VII, n°70.
[7] Saint François de Salle, Traité de l’Amour de Dieu, livre I, chap. VII, n°72.
[8] Saint François de Salle, Traité de l’Amour de Dieu, livre I, chap. III, n°49.
[9] Saint François de Salle, Traité de l’Amour de Dieu, livre I, chap. I, n°55.
[10] Saint François de Salle, Traité de l’Amour de Dieu, livre I, chap. XVII, n°128.
[11] Saint François de Salle, Traité de l’Amour de Dieu, livre II, chap. VIII, n°172.
[12] Saint François de Salle, Traité de l’Amour de Dieu, livre II, chap. XI, n°184.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire