" La pierre précieuse, voire de grand prix aux yeux de certains, qu'est l'émeraude, se voit insultée par un morceau de verre habilement truqué, s'il ne se rencontre personne qui soit capable de procéder à un examen et de démasquer la faute. Et lorsque de l'airain a été mêlé à l'argent, qui donc, s'il n'est connaisseur, pourra aisément le vérifier ? "(Saint Irénée, Contre les hérésies)


lundi 13 août 2012

Incompatibilité entre la foi et l'évolutionnisme

Après avoir décrit brièvement l'œuvre de la Création et les principales théories évolutionnistes, nous pouvons clairement saisir l'incompatibilité entre la foi et l'évolutionnisme. Croire qu'il est possible de les concilier est une erreur ou une naïveté dangereuse. Rappelons qu'il ne s'agit pas d'opposer la foi et la raison, et encore moins la religion et la science, puisque les théories évolutionnistes et la raison ne se confondent pas. Au contraire, les théories évolutionnistes sont des exemples de pseudo-sciences, où l'idéologie s'appuie sur des données scientifiques pour parvenir à ses fins. 

Que disent les évolutionnistes ? Les populations évoluent au sein des espèces au point de donner naissance à d'autres espèces selon des mécanismes internes à la nature pour des raisons plus ou moins précises, la survie par exemple, ou par pur hasard. Nous pourrions imaginer que cette théorie n'exclue pas l'idée d'un Créateur qui aurait inséré dans ses créatures ces lois d'évolution. Mais dans ce cas, comment pourrions-nous concilier cette théorie avec l'idée d'achèvement de la Création ? La Création sort en effet des mains de Dieu dans un état parfait, c'est-à-dire achevé, complet. Nul besoin de changements qui conduiraient les êtres vivants à un état plus parfait. « Tout cela est très bon ». Il est bon car il est conforme à sa pensée. L'ouvrage de Dieu est bon par l'ordre et l'harmonie qui y règnent. La cohésion d'un ensemble si complexe existe depuis le commencement. Dans l'évolutionnisme, cet ordre et cette harmonie sont en perpétuelle recherche. Ils sont éphémères. Comment alors garantir la cohésion de l'univers ?... 

Comment en outre concilier la notion de créatures crées par espèce et la conception d'une nature, cause par elle-même des espèces ? Il y a une contradiction fondamentale. Dans le premier cas, Dieu a créé un monde stable, où l'unité et la diversité se déploient d'une manière harmonieuse et ordonnée. Dans le second cas, la nature se caractérise par son instabilité, voire par sa complexification. La nature court vers son perfectionnement. Deux conceptions opposées s'affrontent inévitablement. 

Mais, curieuse coïncidence, dans les deux conceptions, nous trouvons un point commun : l'homme semble être la dernière étape du processus, même si dans l'évolutionnisme, il ne peut y avoir de fin. Dieu crée l'homme le dernier jour de la Création. L'évolutionniste semble le considérer actuellement comme l'espèce ultime de la nature, vouée elle-même au perfectionnement. Mais quelle différence entre les deux conceptions ! Dans la première, Dieu donne à l'homme la souveraineté sur la nature. Dans la seconde, un processus naturel justifie sa position souveraine. Voyez-vous l'abîme entre ces deux conceptions aux conséquences morales considérables ? Dans l'une, l'homme reçoit de Dieu une souveraineté et donc Lui est redevable. Comme un intendant à l'égard de son maître, il doit lui rendre compte de sa gestion. Dans l'autre, l'homme se considère naturellement supérieur à tout être vivant et n'a pas d'autres maîtres que lui-même. Il est donc irresponsable. La terre serait-elle devenue ce qu'elle est actuellement si effectivement l'homme s'était considéré comme un gestionnaire responsable et non comme un maître despotique ? Il a usé et abusé des sciences pour transformer peu à peu la planète en un vaste désert. Les consciences peuvent toujours s'alarmer aujourd'hui devant les drames écologiques que nous connaissons, mais cherchent-elles les causes véritables ? 

Dieu crée d'une manière totalement libre. Seule sa volonté toute puissante est mise en œuvre. Ainsi, son ouvrage reflète son intention et ses qualités, particulièrement sa Bonté, cause et fin de la Création. Par l'observation de la nature, nous pouvons ainsi apercevoir le Créateur. Mais, dans l'évolutionnisme, que pouvons-nous voir si ce n'est que des mécanismes parfois aveugles et une nature, parfois « cruelle », livrée à elle-même ? 

Pouvons-nous alors trouver un sens dans l'univers quand il est livré à des forces mystérieuses aux résultats inconnus ? Chaque être vivant est en quelque sorte libre d'évoluer selon sa propre logique ou selon la logique de sa population. Qui garantit l'harmonie et l'ordre de l'ensemble ? C'est même absurde d'y songer dans l'évolutionnisme. Le monde marche comme un aveugle. Est-ce cela l'espérance d'un chrétien ? Nous savons où va le monde. Nous connaissons la fin ultime de l'humanité et de la Création. Pour un chrétien, l'univers a un sens depuis le commencement jusqu'à son terme. Voilà encore une différence qui sépare de manière inévitable notre foi et l'évolutionnisme... 

Comment pouvons-nous encore concilier l'idée de la Création, dans lequel se manifeste de manière frappante l'amour de Dieu, et le « processus » évolutionniste, entièrement guidé par des mécanismes physico-chimiques ? L'univers n'est-il qu'une mécanique ? La vie n'est-elle qu'un automate capable de s'autogérer et de se reproduire comme un virus dans un programme informatique ? Le chrétien a une autre idée de la vie qui dépasse cette vue entièrement mécaniste et parcellaire ! Il ne peut embrasser cette conception de la vie sans oublier l'essentiel de sa foi, l'amour de Dieu...

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