" La pierre précieuse, voire de grand prix aux yeux de certains, qu'est l'émeraude, se voit insultée par un morceau de verre habilement truqué, s'il ne se rencontre personne qui soit capable de procéder à un examen et de démasquer la faute. Et lorsque de l'airain a été mêlé à l'argent, qui donc, s'il n'est connaisseur, pourra aisément le vérifier ? "(Saint Irénée, Contre les hérésies)


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samedi 13 février 2021

Qu'est-ce que le bonheur ? Une question mal posée. Dis-moi plutôt ce que je suis et je saurai alors te répondre...

La quête du bien-être est au cœur de notre société au point qu’elle en est devenue un trait caractéristique de notre temps. Sous différentes formes et selon des degrés, elle s’impose comme une finalité dans de nombreux domaines, en particulier en médecine et plus globalement dans le monde de la santé. Elle est alors devenue si primordiale que le bien-être se confond avec le bonheur. La vie mérite désormais d’être vécue si l’homme est épanoui, s’il se réalise, s’il atteint sa plénitude ici-bas.

Plein épanouissement de soi, expérience intérieure ou considération de soi, la quête du bien-être est ainsi un impératif catégorique de notre société ou encore une véritable culture, voire une religion. Gare à ceux qui ne n’obéissent pas à ses règles et à ses rites. Malheureux ceux qui ne pratiquent pas les cours de yoga et de massage, ne dévorent pas les livres de méditation, ou ne suivent pas les stages de coaching. De nos jours, le constat est indéniable : le bouddhisme à la mode occidental, le New Age discret et efficace, la psychologie positive sont omniprésents…

La quête du bien-être fuit toute contrainte, s’échappe de tout carcan et repousse tout devoir. Le sacrifice lui est une abomination, la souffrance, une horreur. Toute émotion déplaisante ou négative est ainsi détestée, rejetée, refoulée. Or, quoique l’homme fasse, il doit arriver à un terme qui met fin à tout, y compris à cette quête et à ses chimères. La mort est là comme un retour inéluctable à la réalité. L’homme peut encore mentir à la vieillesse et refuser de voir son corps s’user et dépérir. Il ne peut éviter qu’un jour, il ne soit plus. Ô redoutable aiguillon qui lui fait sentir toute sa vanité !

Les chrétiens qui veulent vivre dans le monde ne peuvent guère ignorer cette quête si essentielle à nos contemporains. Animés de bonnes intentions, ils sont alors tentés d’y participer et de contribuer au développement de cette culture au point de leur vendre leur religion comme un élément indispensable au bien-être, à la joie intérieure, à la considération positive. Mais faut-il que tout ce qui s’y oppose ou semble s’y opposer dans la religion y soit caché, supprimé ou mis sous silence ? Pour certains d’entre eux, l’idée de souffrance est même devenue insupportable et inadmissible allant jusqu’à prôner l’euthanasie. Mais que devient alors l’amour de Dieu et du prochain dans le christianisme si l’idée même de douleur ou de sacrifice y est exclue ?

Tout doit se plier à la quête du bien-être, sans exception. Des chrétiens s’insurgent alors contre une Église qui discipline les corps et réglemente les comportements, qui impose des vérités et une morale, qui fixe un culte. Comme ses adversaires, ils dénoncent une Église qui rend les chrétiens tristes et peu épanouissants. C’est ainsi que pour ces chrétiens d’un nouvel âge, la santé mentale devient aussi importante que la santé physique et la spiritualité catholique. Ils n’hésitent pas à adhérer à des stages de méditation bouddhiste, que favorise l’œcuménisme moderne et attardé. Le New Age et la psychologie positive se développent alors avec succès dans des communautés chrétiennes[1]. Que pouvons-nous dire à ces chrétiens vivant du monde, à ceux qui hésitent encore ou à ceux qui veulent résister à ce mouvement qu’ils sentent au fond d’eux-mêmes si étranger à la foi ?

La condamnation de la culture du bien-être

Dans son homélie contre la mondialisation de l’indifférence[2], le pape François dénonce « la culture du bien-être, qui nous amène à penser à nous-mêmes, nous rend insensibles aux cris des autres, nous fait vivre dans des bulles de savon, qui sont belles, mais ne sont rien : elles sont l’illusion, illusion du futile, du provisoire, illusion qui porte à l’indifférence envers les autres, et même à la mondialisation de l’indifférence. » Il condamne ainsi « celui qui s’est accommodé et s’est enfermé dans son propre bien-être qui porte à l’anesthésie du cœur. »

L’égoïsme ou l’individualisme, que génère la culture du bien-être, sont en effet incompatibles avec les paroles de Notre Seigneur Jésus-Christ et l’enseignement de l’Église comme le souligne la parabole du Bon Samaritain. Ils enferment l’homme dans un monde illusoire dont le principe les éloigne de toute idée de miséricorde. Ils laissent le voyageur détroussé et blessé aux bords du chemin. Ils préfèrent changer de trottoir...

Comme nous l’avons souvent démontré[3], le bien-être tel qu’il est recherché dans notre monde ne fait qu’accroître l’égocentrisme. Tout est déterminé en fonction de notre « moi », de son exaltation, ou encore, selon le langage du monde, de la réalisation de soi ou de la considération positive de soi. Le solipsisme qui en découle s’oppose clairement à la morale chrétienne, en particulier aux béatitudes qu’a prononcées Notre Seigneur Jésus-Christ[4]. C’est une évidence…

Une condamnation néanmoins dangereuse

La culture du bien-être est certes condamnable parce qu’elle détourne l’homme de l’amour du prochain et le rend impossible. Mais si notre regard ne porte que sur cette indifférence condamnable, il pourrait nous conduire à d’autres dangers aussi néfastes.

Nous pourrions en effet croire que la vie chrétienne consisterait à regarder la misère qui s’étale autour de nous et à soulager les souffrances de nos contemporains. Nous risquerions alors de réduire notre vie chrétienne à cette compassion et à ces œuvres bienfaisantes, aux actions jugées positives en raison des bienfaits qu’elle doit apporter à l’autre, à celui qui a besoin d’aide et de soutien. Une telle conception de la vie chrétienne pourrait alors conduire à mépriser la vie pieuse ou contemplative qui serait considérée comme inutile, perte de temps ou anachronique. Or sans vie de prière, le chrétien s’égare dans un activisme insensé, qui finit par tout envahir, ne laissant guère de place à l’amour de Dieu. Nombreux sont les saints qui se sont appuyés sur leur vie intérieure pour soulager la misère de leurs prochains.

Nous pourrions aussi penser que la culture du bien-être est mauvaise seulement en raison de l’indifférence qu’elle génère ou du monde illusoire dans lequel elle nous enferme. Or, certains de ses adeptes pourraient nous expliquer que la solidarité ou la fraternité contribuent au bien-être, et que le bien-être favorise l’action auprès des autres. Selon de nombreux commentaires, l’épanouissement personnel ou la considération positive de soi appellent à un véritable altruisme. Nous ne pouvons donc guère réduire le mal que produit la culture du bien-être à la seule indifférence à l’égard de celui qui souffre.

Enfin, ne voyant pas de différences entre « culture du bien-être » et « bien-être », le christianisme ferait encore l’objet d’accusations, d’inadaptation au monde et d’obsolescence. Les vieilles images de l’inquisition et des bûchers réapparaîtront sans aucun-doute. Les images de chrétiens peu épanouis et d’une tristesse affligeante reviendront aussi en mémoire de nombreux contemporains, poussant encore plus les apôtres modernes à la compromission avec le monde.

La démission au cœur du drame

La culture du bien-être conduit sans aucun doute à l’indifférence à l’égard de notre prochain, ce qui constitue déjà une contradiction profonde et insoutenable avec la foi. Dieu sera miséricordieux à notre égard, non selon les principes du monde, mais selon la mesure de notre propre miséricorde à l’égard de ceux qui vivent dans la misère. La question essentielle est alors de connaître cette misère et par conséquent l’état contraire, c’est-à-dire le véritable bonheur ou encore la finalité de notre vie.

Le véritable problème n’est donc pas essentiellement un problème de comportement à l’égard de notre prochain, qui, finalement, n’est que la conséquence d’un fait plus grave, encore plus grave que celui de l’indifférence. Comment pouvons-nous en effet aujourd’hui condamner la culture du bien-être quand nous nous sommes ouverts au monde, quand nous avons élevé la personne humaine à un rang quasi-divin, quand nous avons refusé de défendre la vérité et de dénoncer les erreurs, quand finalement, nous avons refusé d’assumer notre mission ?

Qu’est-ce que le bonheur ?

La question de notre bonheur paraît à beaucoup d’hommes et de femmes insolubles tant elle a donné bien des réponses, souvent insatisfaisantes. Dans notre société où les valeurs, y compris religieuses, sont définies au gré des opinions et des consciences, elle paraît même absurde. Et pourtant, nous pensons, nous vivons, nous agissons en fonction des réponses que nous apportons à cette question.

Le relativisme ambiant témoigne que l’homme contemporain a trouvé une réponse. Il est en effet lui-même son bonheur. C’est pourquoi il habite une bulle fermée dans laquelle il s’y complaît. Et c’est parce qu’il trouve en lui l’essence de son bonheur qu’il a développé une culture du bien-être jamais encore égalée dans l’histoire. Tout est relatif hors de lui puisque son « moi » est finalement le seul principe à partir duquel tout est jugé. L’égalitarisme qu’il veut absolument appliquer dans le monde dans lequel il vit en est aussi une conséquence encore plus claire. C’est donc cette conception du bonheur qu’il faut condamner et tout ce qui contribue à la développer ou à l’affermir. Il faudra alors remettre en cause le chemin que nous avons pris depuis plus de cinquante ans…

Une question mal posée ?

La question du bonheur que nous nous posons est difficile car elle est d’abord mal adressée. La réponse peut-elle en effet vraiment venir uniquement de nous-mêmes, nous qui éprouvons déjà bien des difficultés pour vivre ? Nos ignorances, nos erreurs passées et actuelles révèlent nos limites et nos faiblesses comme elles témoignent de nos vanités. Pouvons-nous avoir confiance en la seule raison alors que notre histoire nous montre qu’elle peut être guidée par de mauvais conseillers ? Qui sommes-nous pour répondre seuls à une question si déterminante ?

Nous revenons ainsi à notre nature humaine. Nous savons aujourd’hui qu’une science ne peut répondre à certaines questions fondamentales sans avoir recours à une science plus haute. Le vocabulaire, les principes qu’elle s’est érigée et les règles qu’elle s’est fixées sont en quelques sortes trop mêlés au problème qu’il faut résoudre. Nous-mêmes, que pouvons-nous dire de l’éternité quand nous sommes si pleins de temps ? Aucun mot n’est capable de le saisir pleinement…

Comment un malade peut-il dire objectivement qu’il est guéri ? Les symptômes sensibles ne suffisent pas toujours. L’objet de la quête que nous entreprenons est en effet nous-mêmes. Et ce « nous » ne se réduit pas à notre corps, encore moins à notre moi ou plutôt à l’image que nous avons de nous. Il désigne des hommes complets avec leur complexité. L’idée de bonheur n’est pas concevable sans celle  de notre plénitude comme être entier. C’est ainsi qu’en dépit de leur multiplicité et de leur diversité, les théories sur le bonheur se rejoignent dans l’idée de plénitude de l’être. Derrière les termes d’épanouissement, de réalisation, ou de pleine satisfaction, nous retrouvons encore cette idée. Mais ces théories se séparent aussitôt lorsqu’elles veulent définir ce qu’elles entendent par plénitude de l’être. Consisterait-elle en une plénitude de biens matériels, source de confort et de tranquillité, en une plénitude de plaisirs qui ravissent les sens et le corps, en une exaltation du moi, qui n’est qu’une plénitude de satisfactions intérieures, etc.[5] ?

Le bonheur et le temps

La plénitude de l’être est aussi une plénitude pérenne. Le bonheur ne peut être ni éphémère, ni passager. Certes, il existe des instants de bonheur qui envahissent subitement tout le présent, le laissant dans une sorte d’éternité comme surplombant la réalité. Il est comme éternel au moment nous l’éprouvons. Mais si cette éternité dure dans l’immédiateté, elle a aussi une vie brève, une fin souvent brusque. Cet instant de bonheur reste souvent permanent dans notre mémoire comme une seconde intemporelle, comme un soupir qui ne cesse jamais, un sourire qui nous reste. En un instant, nous croyons alors que nous avons possédé le bonheur. Le bonheur ne peut être pensé sans l’idée de possession définitive, de conquête irrévocable ou d’état inébranlable. Ainsi, le recherchons-nous encore…

Le bonheur, le bien suprême ou la révélation d’un besoin

Selon Aristote, le bonheur est le bien ultime, la fin suprême de toutes nos actions, le « souverain bien ». Tous les philosophes et les hommes sensés sont unanimes sur ce point. Ils se retrouvent aussi sur la volonté de chaque homme de l’atteindre. Il est donc la source de nos motivations comme le centre de toute morale. Mais l’accord cesse lorsqu’il faut savoir ce qu’est ce bien suprême et comment l’obtenir. Nous revenons de nouveau à la multiplicité et à la diversité…

Mais comme toute quête, celle du bonheur n’est possible que si nous en ressentions un besoin, un besoin vital puisqu’elle commande nos comportements et nos motivations, elle détermine notre vie. Ce besoin exprime alors un manque, une absence. Il est d’autant plus intense que ce manque nous est cruel, viscéral. Qu’est-ce que la plénitude si ce n’est d’abord une absence, une faiblesse, une imperfection ? En accédant au bonheur, nous serons pleinement satisfaits, n’ayant plus aucune aspiration, ni désir. Nous serons finalement dans un état de perfection, d’achèvement de notre être comme nous l’enseigne Saint Thomas d’Aquin.

Sans-doute, la relation forte qui lie le bonheur au sentiment qui en résulte explique que parfois ils se confondent dans nos discours. Cependant, il serait une erreur funeste de vouloir éprouver le sentiment de bonheur sans vouloir atteindre cette perfection. Il est clair que certains vendeurs de rêves proposent des moyens de l’éprouver sans leur donner leur bonheur.

La question de l’être

C’est pourquoi pour répondre à la question du bonheur, nous devons nécessairement revenir à notre nature humaine. Nous ne pouvons pas en effet lui apporter des éléments de réponse satisfaisants sans nous interroger sur ce qu’est la plénitude de notre être, et donc sur ce qu’est l’homme. Toutes les théories qui nous décrivent notre bonheur et le chemin pour y parvenir contiennent nécessairement, si elles sont sérieuses, une description de ce que nous sommes. Le nombre important de réponses données à la question du bonheur peuvent alors s’expliquer par la multiplicité des conceptions de l’homme.

Mais la multiplicité ne signifie pas que la question n’a pas de réponse. Elle signifie seulement qu’elles sont toutes incomplètes ou fausses, sauf peut-être une. Lorsqu’un miroir ne reflète pas notre visage tel qu’il est, nous n’allons pas en déduire que notre visage n’existe pas ou qu’il ne peut pas avoir d’image mais nous savons simplement que le miroir l’a déformé et qu’il est lui-même déformé. Plus la conception que nous avons de l’homme est différente de la véritable nature de l’homme, plus nous vivons dans l’illusion, plus nous nous détournons de notre bonheur, plus nous faisons fausse route. Par conséquent, la quête du bonheur est inséparable de la connaissance de la nature de l’homme. C’est ainsi que le bien est inséparable de la vérité.

Nous ne pouvons donc pas nous contenter de condamner la culture du bien-être sans définir la conception de l’homme qui la fonde afin de condamner la source même du mal qu’elle génère.

Conclusions

La quête du bonheur est ancrée dans tout homme. Tout homme recherche une plénitude d’être ou de vie. Il pense trouver cette perfection en lui, auprès des autres ou encore ailleurs. Si le bonheur est si recherché, il est aussi si difficile à l’homme de le définir. Il est vain de vouloir le saisir sans connaître son objet même qui est l’homme. Toute idée de bonheur est inévitablement fondée sur une idée de la nature humaine, de son origine et de sa fin. Si celle-ci est fausse ou mal-comprise, il est alors bien inutile de vouloir obtenir le bien suprême.

La quête du bien-être si caractéristique de notre temps ne peut pas non plus négliger la question de l’être puisqu’il en recherche le bien. Derrière les méditations, les exercices de yoga ou encore les leçons de coaching, se trouve généralement une conception de l’être qu’ils véhiculent, parfois de manière inconsciente.

Lorsque le chrétien songe au bonheur et au bien-être, il revient nécessairement sur ce qu’est l’homme selon le regard de la foi. Le sujet est si déterminant pour lui qu’il ne peut pas envisager de réponses en dehors de l’enseignement de l’Église. Or depuis ses origines et éclairée par la parole divine, l’Église a enseigné que l’homme, créature de Dieu, est l’union d’un corps et d’une âme à l’image et à la ressemblance de Dieu. S’il a été créé doté de dons exceptionnels, chef d’œuvre de la Création, l’homme est cependant devenu par la faute originelle enfant de colère, enfant à sauver, enfermé désormais dans le temps, à la recherche de son salut, d’un salut désormais accessible depuis que Notre Seigneur Jésus-Christ lui a ouvert le chemin de sa dignité, d’une dignité retrouvée encore plus excellente. Au bout de ce chemin désormais éclairé et jalonné ici-bas, se trouve une vie pleine et entière, au-delà de la mort, fixée dans l’éternité. Corps et âme, l’homme sanctifié vivra dans l’amour de Dieu. Ainsi, pour le chrétien, le bonheur n’est pas seulement connu, il est désormais possible. Il sait aussi que par lui-même, il peut manquer ce chemin et perdre à tout jamais le bonheur tant promis et espéré. Le monde propose-t-il le même bonheur ?

 Nos prochains articles traiteront de la nature humaine...


Notes et références

[1] Voir Émeraude, décembre 2020, article « Le New-Age (1), est-ce encore bien utile d'en parler ? ».

[2] Pape François, Homélie du 8 juillet 2013 lors de sa visite à Lampedusa, vatican.va.

[3] Voir Émeraude, août 2020, article « Le culte du bien-être : syndrome, obsession, narcissisme.  Réalité de l'égoïsme et du solipsisme de l'homme moderne. ».

[4] Voir Émeraude, juillet 2020, article « La Morale et l’Évangile (5) : le sermon sur la montage (2) - les huit béatitudes ».

[5] Voir Émeraude, décembre 2020, article « Où réside mon bonheur ? Le Seigneur est mon secours ».

samedi 6 février 2021

Gare à l'imposture scientifique ! Le bonheur ne se trouve pas dans des calculs ni dans des laboratoires...

Qu’est-ce que la psychologie positive au sens hédoniste [1] ? Comme toute chose sérieuse, seul un éminent spécialiste peut apporter des réponses fiables à nos questions. Son savoir et ses compétences, consolidés par l’expérience, sont des garants sûrs de véracité et de fiabilité. Nous avons alors cherché des ouvrages de psychologues réputés sur Internet. Et au cours de nos recherches, nous nous sommes arrêtés sur un page qui résume un livre capable de répondre à notre quête. Écrit par un des meilleurs spécialiste de la psychologie positive, il semble répondre à nos critères. Cependant, le titre est étonnant : Ces micro-moments d’amour qui vont transformer votre vie [2]. Le sous-titre donne encore plus de précision. Love 2.0 : une approche révolutionnaire de l’émotion suprême. Paru en France en octobre 2014, le livre a été préfacé par Matthieu Ricard, le célèbre et médiatique « moine bouddhiste » …

Barbara Fredrickson, un « génie du mouvement de la psychologie positive »

L’auteur est Barbara Fredrickson. Née en 1964, elle est professeur de psychologie et de neuroscience de l’Université de Caroline du Nord où elle dirige un laboratoire portant sur les émotions positives et sur la psychologie. Elle préside l’association internationale de psychologie positive. Selon Martin Seligman, elle est un « génie du mouvement de la psychologie positive » et fait l’objet d’une véritable admiration dans le domaine de psychologie. Auteur à succès, elle a obtenu plusieurs prix en psychologie. Elle est certainement l’universitaire la plus citée dans ce domaine, en particulier pour sa théorie de l’élargissement et de la construction des émotions positives. Cette théorie fournit un modèle qui décrit et explique comment les émotions positives contribuent à la longévité, à la sagesse et à la santé [3] dans le cadre de la sélection naturelle de la théorie d’évolution de Darwin. En un mot, elle est une autorité respectée et éminente dans son domaine.

Nous avons remarqué que les bibliographies de Fredrickson présentes dans les livres et sur les sites français ne parlent pas de « longévité » ou de « sagesse » mais plutôt de « résilience » et de « bien-être ». Il est vrai que le bien-être tel qu’il y est décrit tend à se confondre avec la philosophie ou plus précisément avec la sagesse bouddhiste. Ce n’est pas un hasard si Matthieu Ricard a préfacé l’ouvrage traduit en français. Fredrickson n’est pas non pas indifférente à l’égard du bouddhisme puisqu’elle a présenté ses recherches au Dalaï Lama.

Le rapport de positivité

Fredrickson a écrit de nombreux articles de recherche dans une revue réputée dans le monde de la psychologie, Américain Psychologist. L’un d’entre eux, paru en 2009, est devenu une référence en psychologie positive. Il démontre que le rapport entre ceux qui s’épanouissent et ceux qui languissent est de l’ordre de 1à 3, ou plus exactement de 2,9013. Ce rapport précis, nous le retrouvons dans les différents graphiques qui identifient les coordonnées émotionnelles d’un individu. « Les mystères de l’amour, du bonheur, de l’épanouissement, du succès, de la déception, du chagrin d’amour, de l’échec, de l’expérience, etc. et de toutes les myriades d’ingrédients qui composent une vie humaine pourraient être réduits au chiffre de 2,9013. »[4] Cette théorie intervient aussi dans l’industrie du coaching et les écoles de commerce.

Fredrickson a écrit cet article avec Martial Losada. Celle-ci revendique une expertise dans un domaine particulier des mathématiques, et plus particulièrement dans la science des systèmes dynamiques non-linéaires.

L’histoire d’une fraude révélée

L’article de Fredrickson a soulevé quelques inquiétudes de la part des psychologues sans néanmoins le remettre en cause sérieusement. Selon certains commentateurs, eux-mêmes psychologues, les savants de la science de l’âme ne sont pas généralement très bons en mathématiques et en statistiques. Ils se fient à leurs collaborateurs mathématiciens qui mènent leurs études de statistiques. Ce n’est pas le cas de Nick Brown, lui-même psychologue et ancien étudiant mathématicien…

Au cours de sa formation de psychologue, Brown est surpris que les coordonnées émotionnelles soient définies par un rapport si précis. En étudiant les fondements mathématiques de l'article, il se met à douter de la véracité des calculs. Quelque chose le trouble. Il demande alors de l’aide à un véritable mathématicien Alain Sokal, également physicien et épistémologue américain.

Sokal est déjà connu pour avoir révélé un scandale dans le monde scientifique. Il a en effet fait publier un article absurde et vide de sens dans une revue réputée dans le monde des sciences sociales. Par ce canular grandiose, il a prouvé de manière éclatante qu’il était possible de publier n’importe quoi dans de telles revues. Pour cela, il suffit d’utiliser un vocabulaire scientifique détourné de leur sens. Il a ainsi dénoncé l’usage abusif et inexact des termes scientifiques et mathématiques par les spécialistes et les universitaires des sciences humaines. Son canular a ensuite donné lieu à un ouvrage, intitulé Impostures intellectuelles en 1997. Dans ce livre, Sokal analyse « certaines confusions intellectuelles, fort répandues dans les écrits post-modernes, qui portent à la fois sur le contenu du discours scientifique et sur sa philosophie. »[5] Son ouvrage porte en particulier sur des auteurs français. Leur jargon imposant et leur érudition étonnante réputés ne sont finalement que du verbiage dépourvu de sens [6]

Une nouvelle imposture intellectuelle

Interrogé par Brown, Sokal étude l’article qu’il lui propose. Il découvre alors non seulement des erreurs mais surtout une supercherie. Il est en effet face à un abus caractéristique de l’usage des sciences dans le but de démontrer une thèse qui ne relèvent pas de la science. Avec l’aide d’un psychologue réputé et influent, Brown réussit à publier un article dans la même revue de psychologie américaine pour dénoncer la forfaiture. Découverte, Fredickson accuse Losada d’être la seule responsable de ses erreurs. Cependant, Fredickson refuse de changer sa thèse, se justifiant par des preuves empiriques plus solides que l’argument mathématique.

Quelle est donc cette forfaiture ? Au lieu de vérifier par l’expérience que la thèse est bonne, Losada a cherché des données qui la prouvent. L’équation qu’elle a alors mise en valeur dans son article n’est en fait exacte que pour ces données particulières. Ce n’est pas la seule à truquer des résultats. Un autre psychologue, Diederik Stapel, a aussi utilisé cette méthode frauduleuse que ses étudiants ont découverte et dénoncée à l’université de Tilburg en 2001 [7].

Psychologue social réputé, Stapel inventait et trafiquait des jeux de données d’expérience pour écrire ses articles dans des revues, et cela pendant dix ans. « Les données et les découvertes étaient, à bien de égards, trop belles pour être vraies. Les hypothèses de recherche étaient presque toujours confirmées. » L’intéressé a avoué sa supercherie. Une enquête a aussi prouvé les faits et a conclu à des négligences en matière scientifique et méthodologique au niveau du système de production, de contrôle et de critique interne des sciences. Dans un livre autobiographique, Stapel a expliqué ses motivations : « chercher, découvrir, tester, publier, avoir du succès et être applaudi ».

Une méthode peu fondée


La fraude en matière scientifique n’est pas rare. Nicolas Chevassus-au-Louis en énumère trois manquements graves [8] : 

  • la fabrication des résultats : le chercheur invente ses propres donnés, ne voulant guère prendre le temps et l’énergie nécessaires pour les collecter afin que l’article qu’il veut rédiger soit rapidement publié ; 
  • la falsification des données : le chercheur n’est pas satisfait des données qu’il a collectées et il les modifie pour confirmer ses hypothèses ;
  • le plagiat classique : le chercheur s’approprie en tout ou en partie la recherche d’un autre et lui appose sa signature.  

Les domaines les plus sujets à la fraude sont la médecine et la biologie. Parfois, les fraudes ne sont pas aussi caractéristiques. Elles consistent à des pratiques peu compatibles avec la rigueur scientifique.

Ces différents exemples de fraudes ou d’erreurs montrent qu’il n’est pas si simple et évident de prouver scientifiquement des théories qui relèvent de la psychologie et plus particulièrement des sentiments ou émotions. Celles-ci s’appuient sur des données d’auto-évaluation faciles à obtenir mais dont la fiabilité n’est pas garantie pour certains sujets complexes. « Le problème est que lorsqu’il s’agit de distinguer, par exemple, ceux qui languissent de ceux qui s’épanouissent, il peut y avoir toutes sortes de raisons culturelles et personnelles pour lesquelles un individu ou un groupe pourraient souhaiter nier les sentiments négatifs ou même minimiser les sentiments positifs. » La complexité de la vie est difficilement saisissable et génère bien des biais dans l’interprétation des données.

Des émotions disséquées dans un laboratoire

Revenons désormais au dernier livre de Fredrickson. L’auteur y dissèque l’amour qu’elle considère comme l’« émotion suprême » et qu’elle définit comme « une relation authentique chargée d’ondes positives avec d’autres êtres humains ». Son ouvrage décrit son fonctionnement de manière scientifique à base de neuroscience, de chimie, de génétique ou encore de biologie. Les critiques favorables à ce livre sont unanimes : « Cet ouvrage nous livre des démonstrations scientifiquement imparables […] et se révèle en même temps limpides. »[9] Nous sommes loin de l’image classique de l’amour et de ses mystères. Certes, nous n’avons pas lu cet ouvrage et nous ne le connaissons qu’au travers de résumés.

Pourtant, nous pouvons être légitimement inquiets. Fredrickson n’est ni chimiste, ni généticienne, ni biologiste. Elle n’est pas non plus très scientifique en dehors de la psychologie. Dans un domaine si complexe que sont la science du cerveau et celle des émotions, il est bien difficile de vulgariser une démonstration sans tomber dans la simplicité. En outre, toute théorie présente des faiblesses et soulève des questions. Il est fini le temps de la certitude scientifique. Enfin, le contenu du livre est étrange comme nous allons le voir. Ainsi, ne tombent-elle pas encore dans une imposture intellectuelle malgré elle ?

L’ouvrage est constitué de deux grandes parties. La première est toute théorique. Après avoir décrit scientifiquement ce qu’est l’amour à partir des dernières recherches, l’auteur décrit les effets bénéfiques de l’amour sur nous et notre comportement. La deuxième partie est pratique. Il propose une série d’exercices qui permettent de vivre des « micro-moments d’amour » afin d’améliorer notre santé et d’atteindre le bonheur. Ces exercices sont essentiellement des méditations, faite de manière « laïque », pour « ouvrir notre cœur » et « développer notre capacité d’amour ». Ces méditations s’accompagnent de récitations. Au cours de la journée, il demande de profiter de toutes les émotions pour la faire développer. Comment ? Par l’imagination, la visualisation, l’autosuggestion. Comment pouvons-nous par exemple développer la compassion ? Très simple. Dans la rue, dirigeons nos pensées vers les personnes souffrantes en souhaitant leur paix. Pensons aussi aux êtres souffrants et mêlons nos respirations à la leur. Il s’agit de « transformer notre cœur » par nos pensées intérieures. Et chaque soir, comme un examen de conscience porté sur les moments de la journée, sur ces temps de méditation et d’intériorisation, nous devons récapituler toutes les interactions que nous avons eues et de calculer le temps de potentiel de « résonnance positive » inexploitée dans la journée. C’est ainsi que « les émotions positives ouvrent le champ de notre conscience et nous aident à accéder à la sagesse. » Concluons. « Étudier et renforcer les émotions positives […] nous feront devenir de meilleurs êtres humains grâce à une plus grande joie de vivre. »[10]

Des méditations pour la santé mentale

Essayons de porter un œil critique sur cette théorie. Laissons les explications théoriques ou scientifiques qui méritent de plus amples études. Avant de nous y plonger, nous devons mieux connaît la neuropsychologie et plus globalement la neuroscience. Portons plutôt notre regard sur la deuxième partie.

Le lecteur est convié à un ensemble de « méditations » qui ne sont finalement que des exercices mentaux, d’imagination et d’auto-persuasion. Elles ont pour but de cultiver les émotions positives dont l’amour en est la « suprême ». Soulignons le point essentiel : ces émotions positives ne sont générées que par nous-mêmes et pour nous-mêmes. L’autre n’est en fait qu’un objet ou encore un instrument que la pensée utilise pour développer en nous ce que nous aimerions faire sans néanmoins le faire réellement. La compassion se réduit par exemple à une pensée tournée vers l’autre sans qu’elle nous porte vers l’autre de manière concrète.

Quelle piètre image que nous donne alors cet ouvrage de l’amour, de la compassion, de l’altruisme ?... Car finalement tout cela n’est que  sentiment de l’amour, de la compassion, de l’altruisme. La finalité comme le fondement ne se fondent que sur nous-mêmes et non sur l’autre. Nous sommes nous-mêmes auteurs, acteurs et bénéficiaires de ces sentiments. Mais ce ne sont que des sentiments. L’homme intérieur n’est finalement qu’un moi exalté. Tout cela n’est qu’illusion et éphémère. L’exaltation de soi par soi-même, est-ce cela la sagesse, le bonheur ? Le pur hédonisme sentimental…Nous sommes bien éloignés des penseurs grecques et du bouddhisme dont il se réclame pourtant…

Une question philosophique et non scientifique

Dans tous ces exercices, il n’y a aucune quête de vertus, aucune réalité hors de nous-mêmes. Terrible confusion entre sentiments et vertus. Ce n’est pas alors étonnant que le bonheur soit synonyme d’états affectifs dans de telles théories et pratiques. Comment des recherches scientifiques peuvent-elles alors les confirmer? Car tout cela n’est que philosophique, non scientifique. Certes, celles-ci peut s’appuyer sur des vérités d’ordre scientifique et en montrer leur pertinence en tant qu’argument mais celles-ci ne peuvent en être le fondement. Ainsi, derrière l’aspect scientifique de l’ouvrage, se trouve en fait une conception de l’homme.

Car revenons à l’essentiel si peu abordé dans ces ouvrages. Que désigne en effet les « émotions positives » ou encore plus simplement le terme « positif » ? Une émotion est-elle positive parce qu’elle est favorable à notre santé mentale, parce qu’elle procure un bienfait pour notre corps et notre bien-être, ou parce qu’elles nous rendent meilleurs ? Selon l’ouvrage, elle est positive parce qu’elle nous rend de « meilleurs êtres humains ». Mais les sentiments, y compris de joie, peuvent être erronés. Nous pouvons être joyeux en nous droguant ou en gagnant une fortune de manière malhonnête. Serons-nous alors de « meilleurs êtres humains » si nous vivons dans le mensonge ? Il faut donc avant tout du discernement dans ce que nous éprouvons et par conséquent du jugement afin de juger de la véracité de ce que nous éprouvons et de l’effet de nos émotions. Tout cela relève de la raison puis de la morale. Cela ne relève pas de la science. Par conséquent, une émotion devient positive parce que nous l’avons jugée ainsi soit par ses effets, soit par son origine. Elle n’est pas positive en elle-même.

De même, le fait de méditer sur un objet plaisant afin de générer une émotion « positive » relève aussi de la raison dirigée par un ensemble de valeurs morales. Quand nous méditons sur la compassion, nous sommes guidés par l’idée de la compassion. Pouvons-nous méditer sur des actes mauvais parce que cela nous procurera de la jouissance physique ?

En clair, un sentiment n’est pas uniquement positif en raison des bienfaits qu’il peut procurer à notre corps. Il entre dans un système de valeurs, dans une conception morale de l’homme, dans une philosophie morale.

Conclusions

Il est vrai qu’en cultivant certaines émotions en nous, comme la joie, le contentement, l’optimisme et bien d’autres encore, nous pouvons mieux vivre dans notre vie quotidienne car elles apportent confiance en nous et donc nous procurent une certaine force intérieure. Nous travaillons mieux quand nous œuvrons avec le sourire. Car certains effets ressentis par le corps ne sont pas non plus sans effets sur notre âme, et donc sur notre vie.

Mais, tout cela n’est qu’émotions donc par nature, éphémères, peu durables. Même en les multipliant, elles restent à la surface de l’être. Nous ne sommes pas non plus dupes de l’illusion qu’elles créent. Sont-elles aussi capables de fournir l’énergie nécessaire quand une épreuve s’abat sur nous ? Le château de carte s’écroule à la moindre secousse. Le bonheur comme notre vie ne peuvent se reposer sur les émotions quelle qu’elles soient. Ce n’est pas en regardant un film, en absorbant des drogues ou par l’autosuggestion que nous allons progresser réellement, véritablement. Notre vie s’améliore par des actes de vertu qui cultivent la vertu elle-même. Or la vertu n’est pas sentiment. Aucune hormone, aucun flux nerveux ne pourront nous rendre vertueux. Elle relève de l’âme et non du corps. Nous ne sommes plus au niveau de la science mais bien de la philosophie, et plus précisément de la métaphysique…

Enfin, si la sagesse consistait à favoriser la création de conditions favorables à la production d’émotions positives, et finalement à exalter notre moi par des sentiments plaisants, à entretenir cette exaltation, nous serons amener à rejeter les « émotions négatives », à refuser une réalité : notre propre misère. Il serait alors aussi bien difficile de vouloir se sacrifier pour une cause ou un être cher. Or qu’est-ce que l’amour sans sacrifice ? Tout don de soi conduit à un sacrifice. En refusant tout sentiment déplaisant, il serait alors bien difficile de porter notre regard hors de nous-mêmes et finalement vers le ciel. Un bonheur si illusoire nous conduirait inévitablement vers le véritable orgueil. C’est du pur solipsisme…

Ainsi, contrairement à ce que pourrait faire penser l’ouvrage, la théorie qui nous est présentée n’est pas scientifique mais bien philosophique. Elle est portée par une conception particulière de l’homme, une conception assez simpliste, enlevant tout rôle à la raison. Elle contient aussi de nombreuses confusions dans les termes, réduisant notamment la vertu à un sentiment. Tout se réduit rapidement à un déterminisme physique intolérable. Nous sommes bien éloignées de la connaissance réelle et complète de l’homme. Là réside une imposture intellectuelle…


Notes et références

[1] Voir Émeraude, janvier 2021, article "La psychologie positive, à la recherche du bonheur ou bien de l'illusion du bonheur ? ".

[2] Barbara Fredrickson, Ces micro-moments d’amour qui vont transformer votre vie, Love 2.0, une approche révolutionnaire de l’émotion suprême, Marabout, résumé sur le site bibliotherapie-suisse.ch.

[3] La bibliographie est tirée du site de Fredickson positivyresonance.com.

[4] Andrew Anthony, article The British amateur who debunked the mathematics of happiness, The Guardian, 18 janvier 2014, www.theguardian.com.

[5] Alan Sokal et Jean Bricmont, Impostures intellectuelles, Introduction, Odile Jacob, 1997.

[6] Parmi ces auteurs, nous pouvons citer Jean Baudrillard (1929-2007), théoricien de la société contemporaine, Jacques Lacan (1901-1981), psychanalyste, Julia Kristeva, née en 1941, philologue et psychanalyste, Luce Ligaray, née en 1930, linguiste, philosophe et psychanalyste, Bruno Latour, né en 1947, anthropologue, sociologue et philosophe, Gilles Deleuze (1925-1995), philosophe…

[7] Voir Le Monde, article Le scandale Stapel, ou comment un homme seul a dupé le système scientifique, Pierre Barthélémy, 9 décembre 2012, www.lemonde.fr.

[8] Voir De la fraude dans les labos, Nicolas Chevassus-au-Louis, Seuil, 2016.

[9] Page Love 2.0, psychologies.com, 1 janvier 2021.

[10] Barbara Fredrickson, Ces micro-moments d’amour qui vont transformer votre vie dans Résonance positive renouvelable à l’infini, l’Amour est une émotion qui se travaille, Queen Belili, 27 juillet 2016, cecilerecolleau.fr, accès le 1janvier 2020.