" La pierre précieuse, voire de grand prix aux yeux de certains, qu'est l'émeraude, se voit insultée par un morceau de verre habilement truqué, s'il ne se rencontre personne qui soit capable de procéder à un examen et de démasquer la faute. Et lorsque de l'airain a été mêlé à l'argent, qui donc, s'il n'est connaisseur, pourra aisément le vérifier ? "(Saint Irénée, Contre les hérésies)


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samedi 12 septembre 2026

La dignité humaine à la lumière de la Sainte Messe

Quand nous percevons de nouveaux concepts ou trouvons de nouvelles idées ou vérités, nous avons souvent l’impression d’en être les premiers découvreurs ou innovateurs. Avec enthousiasme et fierté, nous chantons alors nos trouvailles tout en riant du passé ignorant. Mais, parfois, la réalité est tout autre. Car souvent, n’avons-nous pas simplement découvert ce qui était oublié et fait renaître des pensées ensevelies ? Nous devrions plutôt pleurer de notre propre ignorance. Le passé tant décrié finit par sourire de notre arrogance et naïveté. Si longtemps recouvert d’un linceul, assombri par des générations désinvoltes, trop sûres d’elles-mêmes, trop éprise de modernité, il apparaît avec toute sa richesse et ses éclats, sans honte ni scrupule. Sans ce passé, que serions-nous ? Quoique nous voulions, le passé est notre histoire, notre héritage. Qu’il est triste et pauvre celui qui voyage sans bagage !

Il est aussi tentant de croire que rien n’est plus beau que le présent que nous vivons, que ce temps qui nous apparaît si prodigieux, si porteur de puissance et de rêves. Mais, est-il si beau qu’il cache notre misère et nos fautes ? Annonciateur de maux bien plus grands qu’ont connus nos aînés, il devrait plutôt nous faire frémir.

Il serait encore plus imprudent et dément celui qui voudrait faire renaître ce qui n’est plus, de redorer le passé de mille fantasmes et de chimères. Hier comme aujourd’hui, les jours ne sont pas sans cris ni larmes. Le passé est fait de trésors et d’amertumes qui doivent éclairer notre présent et préparer notre avenir

La notion de la dignité humaine n’est pas une des révélations de notre temps, même si elle est très souvent brandie de nos jours, souvent comme une bannière pour imposer des lois indignes. Au sein de l’Église, elle ne date pas de notre époque moderne, ni des penseurs chrétiens contemporains. Cependant, il est vrai qu’elle n’a jamais autant pris de place dans les discours et les textes officiels depuis le second concile de Vatican, « atteignant au XXe siècle une perspective originale »[1]. Destinée au salut des âmes, l’Église ne peut en effet ignorer ce qu’est l’homme et donc sa véritable valeur. Elle connaît le prix de son salut. Elle n’a pas non plus attendu que « la dignité humaine soit l’objet d’une conscience plus vive »[2] pour nous la faire connaître et la proclamer haut et fort. Comment pouvons-nous expliquer cette amnésie ? …

Après avoir entendu les interventions des papes depuis Léon XIII dans notre précédent article[3], nous allons désormais entendre l’enseignement de l’Église sur la dignité humaine au-delà du temps moderne. Pour cela, nous vous proposons de nous rejoindre à la Sainte Messe selon le rite tridentin. Elle est le lieu par excellence de l’enseignement traditionnel de l’Église. Que dit-elle sur l’homme et sur sa dignité ? …

La reconnaissance de la dignité humaine à l’Offertoire

Rappelons tout d’abord que la Sainte Messe est le lieu où se réalisent successivement un sacrifice et un sacrement, deux choses en soi distinctes mais liées entre elles. Ce qui sera offert à Dieu doit en même temps devenir la nourriture et le Pain de vie de l’homme.

Nous allons plus précisément nous rendre à l’Offertoire. Inutile de la chercher dans la nouvelle messe, dite de Paul VI. La réforme liturgique issue du deuxième concile de Vatican l’a en effet supprimée, la considérant comme une répétition sans grand avantage et surannée.

L’Offertoire est un ensemble de prières et de cérémonies par lesquelles le prêtre prépare et purifie les offrandes qu’il retire de l’usage profane. Elle commence par une antienne. Autrefois, jusqu’au XIe siècle, les fidèles présentaient au prêtre le pain et le vin destinés au sacrifice. Cette cérémonie se faisait en silence jusqu’au IVe siècle puis était accompagné d’un chant composé d’une antienne et de versets de psaumes. Lorsque l’usage de l’offrande a cessé, seule l’antienne est restée. Elle « prépare l’âme au recueillement dans lequel doit la trouver le mystère adorable qui va se renouveler. C’est ici, plus qu’ailleurs, la prière sublime, inspirée, qui s’élève jusqu’au trône de Dieu. »[4]

L’antienne de l’Offertoire est ensuite suivie de deux prières que le prêtre adresse à Dieu. Ces dernières se rapportent à la matière du sacrifice, c’est-à-dire au pain et au vin, et au Corps et au Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ en lesquels ils seront changés. Les prières ont pour fin de retirer les deux substances de l’usage commun pour les rendre agréables à Dieu.

« Deus qui humanae substantiae dignitatem … »

Écoutons la deuxième prière [5]. Celle-ci commence par ces mots : « Deus qui humanae substantiae dignitatem … ». Dans les missels, elle est traduite par « O Dieu, qui avez créé d’une manière admirable la nature humaine, et qui, d’une manière plus admirable encore l’avez rétablie dans sa dignité première […] ». C’est à ce moment précis que la prière reconnaît la dignité de l’homme tout en louant Dieu. La prière se poursuit ensuite alors que le prêtre mélange l’eau et le vin selon un rite très ancien. Les paroles s’associent au rituel.

Commençons par les paroles. La prière n’est pas une simple reconnaissance de la dignité humaine. Elle précise sa nature et ses origines. La dignité de l’homme ne réside pas dans le comportement ou dans une fonction, mais dans la substance ou la nature humaine. Elle est prise au sens ontologique. Sa dignité provient de Dieu à double titre et en deux temps. Elle est fondée d’abord sur la création de l’homme puis sur l’œuvre de la Rédemption au cours de laquelle elle a été restaurée.

La prière, avec des variantes, est présente dans de nombreux sacramentaires [6], dont le plus ancien date du VIIIe, ainsi que dans le sacramentaire dit léonien, qui daterait du Ve siècle. Elle est proche de proclamations que nous trouvons dans des sermons de Saint Léon 1er (440-461).

La dignité humaine selon Saint Léon

Une prière similaire à celle de l’Offertoire se trouve dans un sermon du pape Saint Léon (440-461) lors de la fête de Nativité : « Éveille-toi, ô homme, et reconnais la dignité de ta nature. Souviens-toi que tu as été fait à l’image de Dieu, qui, bien qu’elle ait été corrompue en Adam, a néanmoins été reformée dans le Christ. »[7] L’homme a été créé « à l’image et à la ressemblance de son Créateur »[8] conformément au récit de la Genèse. Saint Léon demande alors à l’homme de reconnaître « la dignité de sa race »[9]. Il rajoute aussi que la nature humaine n’est pas restée intacte. Elle a été corrompue par le péché originel. Dans un autre sermon, il en appelle à la dignité du chrétien, qui « arraché à l’empire des ténèbres, […] a été introduit dans le royaume de Dieu et dans sa lumière », et par le baptême, « est devenu le temple de l’Esprit-Saint ». Il lui demande « de ne pas retourner, par un comportement indigne de ta race, à ta première bassesse. »[10]

Saint Léon distingue en effet la dignité de l’homme et celle du chrétien. Contrairement à tout homme, le chrétien est digne en tant que réceptacle de la vie divine, ou encore de « lumière du monde ». Sa dignité se renforce par son combat et par la souffrance. Elle est encore plus grande dans la participation à la victoire de Notre Seigneur Jésus-Christ. La nature humaine est montée « au-delà de la dignité de toutes les créatures célestes […] jusqu’à ce qu’elle fut admise à prendre place auprès du Père éternel, qui l’associait sur son trône à sa gloire après l’avoir unie dans Fils à sa propre nature »[11].

Soulignons que Saint Léon ne mentionne pas la dignité humaine uniquement lors du temps de Noël ou de la célébration de la nativité. Il l’évoque tout au long du cycle liturgique.

Le rituel du mélange de l’eau et du vin

La prière Deus qui humanae substantiae dignitatem se poursuit par l’évocation du rituel du mélange de l’eau et du vin. « Faites que, par le mystère de cette eau et de ce vin, nous soyons rendus participants de la divinité de celui qui a daigné partager notre humanité, Jésus-Christ, votre Fils, notre Seigneur ». Une de ses variantes anciennes tire davantage la dignité de l’homme de sa participation à la dignité divine et par le mystère de l’Incarnation par lequel Notre Seigneur Jésus-Christ « a daigné devenir participant de notre fragilité. » Que signifie ce rituel ?

En 1439, le concile de Florence définit les différentes significations du rituel du mélange de l’eau et du vin [12]. Il représente l’eau et le sang qui jaillit du côté du Christ mort sur la Croix, et par conséquent il convient pour représenter la passion.

Il signifie aussi l’effet du sacrement qui est l’union du peuple chrétien à Notre Seigneur Jésus-Christ. L’eau représente les fidèles, le vin montre le sang de Notre Seigneur Jésus-Christ. Le concile s’appuie sur un décret autrefois attribué au pape Jules Ier, qui reprend le premier canon du troisième concile de Braga [13], datant de 675 : « Le calice du Seigneur selon la prescription des canons doit être offert mêlé de vin et d’eau ; parce que nous voyons que par l’eau on entend le peuple, et par le vin on comprend le sang du Seigneur ; donc quand dans le calice se mêlent le vin et l’eau, le peuple est uni au Christ et la foule des fidèles est attachée et jointe à celui en qui elle croit. »[14] Dans un de ces canons, le concile provincial de Tribur considère ce mélange comme celui de Notre Seigneur-Christ et de l’homme [15] conformément à l’enseignement des Pères de l’Église. « Il s’est fait homme afin que l’homme devienne Dieu » selon Saint Athanase. Ou, encore selon Saint Grégoire le Grand, « Jésus-Christ ne sera efficacement victime pour que nous devenions victimes nous-mêmes. »

Saint Thomas d’Aquin rajoute que ce rituel est en harmonie avec le dernier effet du sacrement de l’Eucharistie qui est l’entrée dans la vie éternelle.

Enfin, le rituel symbolise aussi l’union des deux natures humaines et divines de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Divinisation et dignité humaine

Jusqu’au IXe siècle, la prière « Deus qui humanae substantiae » était dite uniquement à Noël. Elle aurait été placée à l’Offertoire au temps carolingien, lors de la présentation des offrandes, au moment de la préparation du calice. Elle aurait été adaptée à cet emplacement par l’ajout d’une référence au mélange de l’eau et du vin [16], ainsi que par l’invocation du nom de Jésus-Christ. Selon d’autres recherches, cet emplacement a été imposé par le VIe concile de Braga en 676.

La prière ne semble évoquer que l’union des fidèles à Notre Seigneur Jésus-Christ au moyen du sacrement de l’Eucharistie. L’homme est en quelques sortes divinisés. Nous désirons participer à la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ quand Lui-même a partagé notre humanité par le mystère de l’Incarnation. L’échange souhaité constitue la restauration de la dignité humaine. Celle-ci apparaît alors comme la condition dans et par laquelle nous sommes unis à Dieu.

En supprimant l’Offertoire et ses prières dans la nouvelle messe, la réforme liturgique a conduit à briser le lien entre l’échange divin et la dignité humaine. Contrairement à ses intentions, cette suppression est difficilement considérée comme « véritablement et certainement » requise par « le bien de l’Église ». Désormais, dans la nouvelle liturgie, la prière « Deus qui humanae substantiae dignitatem … » est uniquement présente dans la collecte du jour de Noël. Si elle retrouve son ancienne place, en lien avec le mystère de l’Incarnation, elle est désolidarisée de la Sainte Messe, moyen par excellent de notre salut, négligeant ainsi des siècles d’enrichissement spirituel développé depuis Saint Léon…

De la dignité ontologique à la dignité comportementale

Comme nous l’avons évoqué, Saint Léon rappelle à l’homme que, par l’indignité de son comportement, il n’est plus à la hauteur de la dignité qu’a restaurée Notre Seigneur Jésus-Christ. La dignité au sens ontologique n’est pas sans lien avec la dignité au sens comportemental ou moral.

Au VIIIe siècle, un court ouvrage, intitulé Dicta Albini de imagine Dei [17], est probablement le premier traité sur la dignité humaine. D’abord attribué à l’œuvre d’Alcuin d’York, mort en 804, il aurait été écrit par un auteur inconnu de l’Antiquité tardive originaire du sud de la Gaulle. Il attribue la dignité humaine dans l’œuvre de la Création, dans le fait qu’il est l’œuvre de la Sainte Trinité. Créé à l’image de Dieu, l’homme est capable de connaître, de vouloir et de se souvenir, trois capacités qui constituent sa dignité et le poussent à être conforme, en noblesse, à son archétype. Ces éléments sont repris et modifié dans d’autres ouvrages, les Dicta Candidi au IXe siècle, rédigés probablement par un élève d’Alcuin, puis dans De dignitate conditionis humanae [18], et dans le De spiritu et anima au XIIe siècle.

« C’est pourquoi que chacun prête une attention plus diligente à l’excellence de sa condition première, et reconnaisse en lui-même l’image vénérable de la sainte Trinité, et s’efforce de posséder l’honneur de la ressemblance divine à laquelle il a été créé, par la noblesse des mœurs, l’exercice des vertus et la dignité des mérites : afin que, lorsqu’apparaîtra ce qu’il est, il apparaisse alors semblable à celui qui l’a créé de manière étonnante à sa ressemblance dans le premier homme, et l’a réformée de manière encore plus étonnante dans le Second, c’est-à-dire en lui-même. » La dignité humaine au sens ontologique exige de vivre et d’agir dignement afin qu’il y ait concordance entre ce qu’il a été donné à l’homme et ce que l’homme doit donner à son tour. Nous sommes éloignés du concept de dignité telle qu’elle est décrite par Kant, l’associant à l’idée de devoir.

Une dignité néanmoins relative

Le sacrifice, que constitue la Sainte Messe, est l’acte même par lequel nous reconnaissons le souverain domaine de Dieu et sa divine majesté. Dans la première prière après l’antienne de l’Offertoire, le prêtre qui présente les offrandes proclame ainsi son indignité à Dieu. Nous sommes conscients et convaincu que nous dépendons essentiellement de Dieu, dont nous recevons l’être, la vie et le mouvement.

Qu’est-ce que l’homme en effet devant Dieu ? Nous sommes nés poussières et nous retournerons en poussières comme nous le confessons lors de la cérémonie des Cendres. Si nous avons été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, nous ne sommes pas Dieu…

Fruits d’une tragédie, nés enfants de colère, nous ne pouvons pas ignorer notre fin ici-bas, et que tout n’est que vanité. Avant de se lever vers l’autel, nous répétons à trois reprises notre misère afin que Dieu ait pitié de nous et nous accorde la paix. « Misere nobis » ! Il n’est pas une journée sans que nous nous rendions compte de notre misère. Nous sommes bien conscients de nos iniquités, et nos péchés s’élèvent contre nous. Nous tournons alors notre regard vers Dieu, car Lui-seul peut nous les effacer. Lui-seul peut rendre notre cœur pur.

Avant de communier, comme le centurion professant sa foi devant Notre Seigneur Jésus-Christ, nous prononçons ces paroles impérissables : « nous ne sommes pas dignes que vous entriez sous notre toit, mais dites seulement une parole et notre âme sera guérie. » Ce n’est pas nous qui nous prévalons de notre dignité pour oser une telle démarche, mais notre foi en Notre Seigneur Jésus-Christ.

Comme nous le professons dans le Credo, Notre Seigneur Jésus-Christ est né, a été crucifié et mort pour nous et pour notre salut. C’est ainsi que Dieu nous a rétablis d’une manière plus admirable encore dans notre dignité première. Comment pouvons-nous alors concevoir la dignité humaine sans la rapporter à Dieu ? Quel chrétien peut l’élever au-dessus de tous les autels comme si elle était infinie ou absolue, comme si elle dépendait de nous ou des circonstances ?

Conclusions

L’Église n’a pas attendu Kant, ni le XXe siècle, pour reconnaître la dignité de l’homme au point de l’inclure dans sa liturgie depuis plus d’un millénaire. Depuis Saint Léon, elle loue Dieu d’avoir établi la dignité humaine dans la Création et de l’avoir restaurée par la Rédemption. Depuis une époque antérieure à la Renaissance carolingienne, son enseignement s’est encore enrichi, approfondi. Comme l’atteste la prière de l’Offrande, elle a souligné le lien étroit entre la dignité humaine et l’échange divin qui se réalise à la Sainte Messe par le mystère de la Sainte Eucharistie. Depuis la nouvelle messe, ce lien n’existe plus dans la liturgie. Le rappel de l’origine de notre dignité et de sa restauration n’est mentionné qu’au jour de la Nativité, liant ainsi la dignité humaine au seul mystère de l’Incarnation, négligeant tout le progrès que l’Église a réalisé dans la connaissance de l’homme et de l’œuvre de la Rédemption.

La littérature chrétienne n’a jamais cessé de lier la dignité humaine au sens ontologique à la dignité humaine au sens comportemental envers l’autre et envers soi-même. L’une exige l’autre. Grâce à l’œuvre de la Rédemption, ce lien est devenu possible. Toute séparation n’a alors plus de sens.

Il est vrai que l’enseignement de l’Église sur la dignité humaine qu’exprime la Sainte Messe selon le rite tridentin n’est guère conforme à la déclaration Dignatis Humanae [19] sur la liberté religieuse du deuxième concile de Vatican, qui proclame la dignité humaine intrinsèque à l’homme, sans la lier à Dieu et à ses œuvres, encore moins à Notre Seigneur Jésus-Christ. L’esprit du monde peut alors entendre ce nouveau langage, qui le réconforte dans ses erreurs et l’incite encore plus au mal…

Certes, devant les nombreuses violations de la dignité humaine, nous devons sans-cesse rappeler ce qu’est l’homme et sa valeur intrinsèque, mais à force de centrer le discours sur la dignité humaine sans la rattacher à Dieu et à ses œuvres, sans rappeler ses exigences et sa fin, sans évoquer sa misère, nous finissons par lui donner une valeur infinie, par lui faire croire qu’il mérite le paradis par lui-même, qu’il peut tout régir, tout prétendre. Un tel discours sur la dignité humaine finit par exalter son orgueil et par couvrir tous les péchés …

Mais l’homme, vit-il à l’image et à la ressemblance de Dieu ? Agit-il selon la volonté de Notre Seigneur Jésus-Christ ? A-t-il pris conscience du prix qu’Il a payé pour qu’il retrouve sa dignité ? Cherche-t-il finalement à prendre la place qui lui est réservée auprès de son Père ? Que devient finalement la dignité humaine pour celui qui a vécu dans le vice, dans l’immoralité, dans l’impiété ? Elle sera en fait un témoin qui accablera le pécheur au jour du Jugement. Qu’est-ce que la dignité de l’homme s’il vient à perdre son âme pour l’éternité ?...


Notes et références

[1] Dicastère pour la doctrine de la foi, Déclaration Dignitas Infinita sur la Dignité humaine, 2 avril 2024, vatican.va.

[2] Paul VI, Déclaration Dignitatis Humanae sur la liberté religieuse, 7 décembre 1965.

[4] D. Eugène Vandeur, La Sainte Messe, Notes sur la liturgie, 8ème édition, abbaye de Maredsous, 1932.

[5] Voir article Deus qui humanae substantiae dignitatem : a latin liturgical source contributing to the conceptualization history of human dignity, James McEnvoy et Mette Lebech, Université nationale d’Irlande, Maynooth, Irlande, 17 septembre 2020.

[6] Un sacramentaire est un recueil liturgique contenant les prières et les rites officiels réservés à l’officiant. Il a été remplacé par le missel. Le sacramentaire léonin est considéré comme le plus ancien dont nous disposons. Il daterait du Ve ou du VIe siècle. Il est l’expression de la liturgie romaine fixée au Ve siècle. Il existe d’autres sacramentaires, le sacramentaire gélasien, le sacramentaire grégorien, très utilisés au Moyen-âge.

[7] Saint Léon, sermon 27. Voir texte en anglais et latin sur le site Idsynger.com.

[8] Saint Léon, Sermon 4, lors du jeûne de septembre, dans La Dynamique de l’année liturgique selon Léon le Grand, Dominique Bertrand s. j., Sources chrétiennes, Lyon, ressources-liturgiques.fr.

[9] Saint Léon, Sermon 4, dans La Dynamique de l’année liturgique selon Léon le Grand, Dominique Bertrand s. j.

[10] Saint Léon, Sermon 1, dans La Dynamique de l’année liturgique selon Léon le Grand, Dominique Bertrand s. j.

[11] Saint Léon, Sermon 4 dans La Dynamique de l’année liturgique selon Léon le Grand, Dominique Bertrand s. j.

[12] Concile de Florence, 1439, Bulle sur l’union avec les Arméniens, Exultate Deo, 22 novembre 1439, Denzinger n°1320.

[13] Voir Concilium Bracarense tertium, mge.be, ou Concilia Hispania/6, LXV, wikisource.

[14] Lettre aux évêques d’Egypte, faussement attribuée au pape Jules Ier, insérée dans Gratien, Decretum, III, dist. 2, canon 7, XIIe siècle

[15] Le concile régional de Tribur, en 895, pour la Lotharingie, appelé aussi concile de Trebur, ordonne de mettre deux fois plus de vin que d’eau « afin que la majesté du sang de Jésus-Christ soit plus abondante que la fragilité du peuple représenté par l’eau » (canon 19). Voir L’Offertoire traditionnel actuel ½, Oblation du pain, du vin, et du peuple fidèle, Association Tradition d’aujourd’hui, 25 mai 2025,  laphalangeliturgique.com, article Tribur (Conciliunm Triburense), Concils of, McClintock and Strong Biblical Cyclopedia, biblicalcyclopedia.com, lu le 22 juillet 2026.

[16] Le rituel du mélange de l’eau et du vin est mentionné dès Saint Irénée de Lion et Saint Cyprien de Carthage.

[17] Une version courte intitulée De creatione primi hominis a été attribuée à Saint Augustin, une version longue intitulée De dignitate conditionis humanae à Saint Ambroise.

[18] Voir De Dignitate Conditione Humanae : translation, commentary, and reception of the Dicta Albini and the Dicta Candidi, Mette Lebech et James McEvoy avec John Flood, Université Maynooth, 2009.

[19] Paul VI, Déclaration Dignitatis Humanae sur la liberté religieux, 7 décembre 1965, vatican.va.