" La pierre précieuse, voire de grand prix aux yeux de certains, qu'est l'émeraude, se voit insultée par un morceau de verre habilement truqué, s'il ne se rencontre personne qui soit capable de procéder à un examen et de démasquer la faute. Et lorsque de l'airain a été mêlé à l'argent, qui donc, s'il n'est connaisseur, pourra aisément le vérifier ? "(Saint Irénée, Contre les hérésies)


samedi 11 février 2017

Luther : une Église soumise aux princes

Luther se présente comme le prophète des temps modernes. On n’hésite pas à le comparer à un Saint Paul ou à Saint Augustin. Pour la célébration des 500 de l’affichage de ses thèses contre la doctrine des indulgences, on va certainement l’applaudir et louer son ouvrage, oubliant vite les effets dévastateurs de sa doctrine et de ses discours. Qui pourrait oublier son intolérance et sa haine féroce envers tous ceux qui ont osé s’opposer à sa doctrine ? Qui pourrait ne pas voir en lui un des principaux responsables de l’anarchie sociale et religieuse qui a tant bouleversé et déchiré l’Europe au XVIème siècle ? De la division des Chrétiens, que nous déplorons aujourd’hui, il est en grande partie responsable. Des âmes éprises d’un véritable esprit de justice ne peuvent l’oublier. Les mains de Luther sont pleines de sang et de larmes…

Certes, Luther n’a certainement voulu ni la violence ni les divisions qui ont mis à feu et à sang l’Europe. Certains pourraient diluer ses responsabilités en accusant le contexte historique. D’autres en appelleront à la faiblesse humaine ou encore à de terribles circonstances. Mais des faits historiques nous éclairent sur sa part de responsabilité. Il a commis des erreurs mais il a surtout commis des fautes, lourdes de conséquences. En liant sa cause à celles des autorités temporelles, il a trahi le Maître qu’il voulait servi. Lâcheté, vain calcul ou encore impuissance ?...

Le scandale du "mariage turc" de Philippe de Hesse



Le landgrave Philippe Hesse (1504-1567) est l'un des principaux chefs des seigneurs protestants. Il est l'un des acteurs majeurs de la "réforme". Il est marié à la fille du puissant duc George de Saxe. De leur union sont nés sept enfants. Or, c’est un homme de nature passionnée, débordant d’énergie. Il ne vit guère dans la continence et dans la fidélité conjugale. Un jour, il s’éprend sérieusement d’une jeune fille de 17 ans, Marguerite de la Saale. Elle est d’une famille de bonne noblesse. Or il ne peut vivre en concubinage avec elle – sa lignage ne le permet pas - comme il ne peut pas divorcer. Il souhaite donc se marier une deuxième fois. Les prétextes ne manquent pas ! À cause de nombreux déplacements que nécessitent ses devoirs, il est souvent seul. Il ne peut en effet emmener son épouse avec lui en raison des dépenses que cela pourrait occasionner. Or sa forte constitution ne le permet pas non plus de demeurer fidèle à sa femme. La Sainte Écriture lui vient même apporter un secours inattendu. Abraham, Jacob, David et Salomon n’ont-ils pas eu plusieurs épouses ? Pourquoi pas lui ? Fort de ses raisons, il demande donc à Luther et à deux autres « réformateurs », Melanchthon et Bucer, l’approbation de son projet.

La demande de Philippe de Hesse embarrasse Luther et ses partisans. S’il refuse d’approuver le second mariage, ils risquent de perdre un appui considérable. Philippe de Hesse pourrait se rapprocher de l’empereur et unir ses forces aux princes catholiques pour vaincre les protestants. En outre, il est un des meilleurs soutiens de la « réforme ». Depuis 1526, il en est même le meneur politique. En 1532, il a obtenu la paix de Nuremberg aux conditions fortement avantageuses pour les protestants. Dénué de scrupule et doué de grands talents, il a fait plus à la nouvelle foi que cent livres de Luther, dit-on. Mais s’ils approuvent le mariage, les protestants eux-mêmes comme les catholiques seront scandalisés. En décembre 1539, Luther choisit une voie moyenne. Il déclare que le second mariage est officiellement interdit mais vu les services rendus par l’intéressé à la cause de l’Évangile, il lui accorde la dispense et l’autorise à épouser « pour le salut de son corps et de son âme et pour la gloire de Dieu » la seconde femme qu’il convoite, mais le mariage et l’approbation doivent demeurer secrets.

Ainsi, le 4 mai 1540, Denys Mélandre, prédicateur luthérien de la cour de Hesse, marie une seconde fois Philippe de Hesse avec Marguerite de Saale en présence de Melanchthon et de Bucer. Cependant, se mariage ne restera pas secret ainsi que l’approbation des « réformateurs ». Ils provoquent une vague d’indignation, y compris dans le camp protestant. Pour se défendre, Luther déclare que « ce qui était un oui secret ne pouvait se muer en oui public, autrement, secret et public se confondraient en une même chose. Le oui secret devrait donc demeurer un non public et inversement. »[1] Il dira même que « le mensonge est une vérité, quand on l’emploie contre la rage du diable, pour l’avantage du diable. »[2] Dans cette réponse symptomatique, refusant d’admettre son erreur, Luther dépasse certainement les subtilités des scolastiques, subtilités qu’il condamne pourtant avec rage et violence.

Un scandale révélateur



Le « mariage turc » de Philippe de Hesse est significatif. D’abord, Luther est en parfaite contradiction avec ses discours. Il s’est opposé violemment aux annulations de mariage et aux dispenses que donneraient allègrement les Papes. Mais son autorisation est plus grave. Non seulement, il se permet d’aller à l’encontre d’un commandement divin mais il favorise encore le désordre moral. S’il est possible à un seigneur de se marier une deuxième fois, qu’est-ce qui empêche en effet un simple chrétien de le faire puisque tous les chrétiens sont égaux ? Cela ne peut que favoriser une décadence morale que Luther constate déjà avec amertume.

Mais les raisons politiques sont plus fortes que le bien et l’intérêt des fidèles. En effet, Luther ne peut se passer de la force des seigneurs. Il s’appuie fortement sur leur puissance et leur protection pour diffuser sa doctrine au point de trahir sa propre doctrine. Les cas de conscience qui lui empêchent d’obéir au Pape et à l’empereur ne lui empêchent pas de donner des dispenses. Le succès de sa doctrine est donc plus important que le bien de toutes les âmes. Enfin, fidèle à lui-même, il n’avoue pas ses erreurs et ses faiblesses, n’hésitant pas à mentir de manière grotesque.

Quelle est alors cette « réforme » qui n’hésite pas à se compromettre avec les puissances temporelles pour s’étendre au lieu de s’appuyer sur la seule force de Notre Seigneur Jésus-Christ pour soigner les âmes ? Comment pouvons-nous croire que la gloire de Dieu devant les hommes sort grandie de cette affaire ? Saint Augustin comme Saint Ambroise n’ont pas hésité à condamner les autorités politiques sans craindre leur colère. Au Vème concile de Latran, Gilles de Viterbe n’hésite pas non plus à condamner les abus que souffre l’Église devant le Pape et les cardinaux et à rappeler leurs responsabilités sans aller aux injures et à la violence.

Cette affaire nous renvoie à un autre cas de mariage qu’un autre puissant a voulu imposer à l’Église. En 1531, le Pape Clément VII refuse d’annuler le mariage du roi d’Angleterre, Henri VIII, pourtant un des piliers de la force catholique, le « Défenseur de la foi » [3]. Le Pape s’oppose aux volontés du roi tout en étant conscient des conséquences de son geste. En 1533, le Pape l‘excommunie pour s’être marié clandestinement. Face au puissant roi anglais, Saint Thomas More n’a pas hésité à démissionner de son rôle de chancelier avant de souffrir le martyre, Warham, archevêque de Cantorbéry de protester avant de mourir de chagrin. Lorsque nous comparons ces deux affaires, nous ne pouvons ne pas nous poser une question : qui a manqué de courage et de foi ?

Luther en appelle à l’autorité temporelle

L’attitude de Luther à l’égard des seigneurs et des princes ne nous étonne pas. Lui-même a longuement vécu sous leur protection. Appelé à Rome, il préfère se réfugier auprès du duc de Saxe. Il s’est aussi appuyé sur les seigneurs pour s’opposer au Pape, appelant à leur patriotisme. Lorsque les paysans insurgés massacrent et pillent au nom de ses propres principes, il demande aux pouvoirs de les exterminer sans pitié. Dans l’anarchie religieuse, il en appelle aussi à eux et légitime leur intervention : « le prince ne doit pas souffrir de division ni de désordre : il doit imposer la prédication d’une seule doctrine. »[4] Or que fait-il ? Il lie sa cause à celle des princes. Mais comment peut-il faire autrement puisqu’en s’opposant à toute hiérarchie ecclésiastique et en prônant l’égalité religieuse, il suscite la révolte et remet en question l’ordre établi ?

Après les désordres sociaux mêlés de revendications religieuses et les théories religieuses radicales, Luther comprend que son mouvement a besoin d’ordre. Certes il défend le principe selon lequel les Chrétiens seraient tous égaux devant l’Évangile et que par conséquent, l’Église chrétienne ne doit pas être hiérarchique, mais il prend vite conscience que la société a besoin d’une autorité. En outre, ses prétentions, celles d’être le seul guide de la nouvelle Église, ne résistent pas à la réalité. Il n’est pas en effet le seul chef réformiste et l’obéissance de ses disciples n’est pas garantie. La seule doctrine qui doit être enseignée ne peut qu’être la sienne. Ainsi il se tourne naturellement vers ceux qui détiennent un pouvoir, les seigneurs et les villes libres.

Luther justifie l’intervention des autorités temporelles dans les affaires religieuses

Luther légitime l’autorité temporelle par la nécessité du péché originel. Dieu l’a instituée pour garantir l’ordre public et assurer ainsi une conservation du monde. Le chrétien leur doit donc une soumission absolue sauf toutefois le cas où elle opprimerait la foi en sa doctrine et où il devrait lui opposer une résistance passive, c’est-à-dire par le martyr ou l’émigration. Luther légitime aussi la révolte d’un seigneur contre son maître s’il se montre injuste, ce qui a libéré le scrupule de certains seigneurs protestants avant qu’ils osent combattre l’empereur Charles Quint[5].

Si en 1523, Luther limite clairement leur pouvoir dans l’ordre terrestre, social et public, laissant la Parole de Dieu seule source de la foi sans aucune contrainte, rapidement, il s’avère que le périmètre de l’autorité temporel dans le domaine religieux ne va pas cesser de croître. Elle peut punir les blasphèmes publics et surveiller les cultes. Luther leur demande de veiller à la propagation de sa doctrine et la faire respecter dans toute l’étendue de leur territoire. Ceux qui refusent de se soumettre doivent alors le quitter.

Une religion attirante pour les chefs temporels

Luther ne rencontre aucune difficulté pour que les princes viennent le soutenir. Bien au contraire. Dès le début, la « réforme » ne peut que plaire aux seigneurs et aux villes libres. Comment peuvent-ils ne pas soutenir un homme, encore prêtre, qui s’attaque à la distinction des deux pouvoirs, spirituels et temporel, et à l’idée de toute suprématie de l’autorité religieuse sur l’autorité temporelle ? Il leur demande même d’intervenir dans les affaires de l’Église pour diriger et imposer la réforme. Avec Luther, le temporel remporte une victoire sur le religieux. Les princes comprennent vite l’intérêt de sa doctrine.

En outre, la mise en place de la « réforme » conduit à la sécularisation des biens ecclésiastiques, c’est-à-dire à leur confiscation. Des seigneurs et des magistrats adhéreront rapidement au protestantisme pour acquérir la richesse des églises et des monastères de leur État. De nombreux bourgeois et seigneurs ont fait d’excellentes affaires en adhérant à la nouvelle foi. Ils combattront durement le catholicisme pour garder ces biens. La menace de se voir reprendre cette richesse a longtemps mobilisé les seigneurs protestants.

En légitimant la force contre les insurgés et contre leur empereur, les seigneurs protestants ont pu sans scrupule les attaquer et raffermir leur pouvoir.

De nombreux seigneurs ont donc défendu la cause de Luther. Ils ont uni leur force dans des alliances pour répandre la nouvelle foi et se défendre contre les seigneurs restés catholiques. Dans les diètes, ils sont intervenus pour valoir leurs droits. Menaçant l’empereur lorsqu’il était en situation délicate avec la France ou les Turcs, ils sont parvenus à faire progresser le pouvoir et les droits des protestants. En clair, le luthéranisme est rapidement devenu une affaire politique. Luther en devient même un pion quand à la demande des seigneurs protestants, il doit justifier leur refus de participer au concile de Trente.

La mise en place d’Églises d’État

De manière simple, nous pouvons distinguer deux modes de gouvernement de l’église luthérienne. Dans les villes libres, ce sont les conseils municipaux qui la dirigent. Ils nomment un prédicateur et imposent le respect de la doctrine luthérienne. Ailleurs, la direction est assurée par le prince.

En 1525, avec l’accord de Luther, Jean le Constant, électeur de Saxe, se désigne comme le chef religieux de son État. Il créé la chancelière princière, l’organe chargé de l’administration ecclésiastique de l’État, et le divise en circonscriptions que dirigent des surintendants, eux-mêmes soumis au prince. Il institue des visiteurs[6] pour les inspecter et imposer la même règle de foi, les mêmes pratiques cultuelles et la même prédication. En 1539, le premier consistoire de l’Électorat de Saxe se réunit. Il joue le rôle de tribunal ecclésiastique, propose de régler les questions en litige, particulièrement celles concernant le mariage. Plus tard, après la mort de Luther, en 1559, se crée le conseil ecclésiastique, de caractère administratif, qui semble être l’organe de gouvernement du prince en matière religieuse.

D’autres État suivront l’exemple de la Saxe. En 1526, par le synode de Homberg, la province de Hesse se dote d’une même organisation, puis le duché de Brunswick, … Des villes comme Brême, Magdebourg, Nuremberg… les imitent. Dans les États luthériens, les réformes de Luther y sont appliquées sans ménagement. Les Chrétiens doivent s’y soumettre à la religion de leur prince. C’est l’application du célèbre principe « cujus regio, ejus religio », telle territoire, telle religion.

Le recours aux inspections pour faire triompher le luthéranisme est appliqué en ville comme dans les campagnes. Imitant les évêques visitant les paroisses de leurs diocèses, les seigneurs ou les autorités civiles des villes libres recourent aux inspections. Ils désignent une commission constituée de visiteurs, formée de théologiens et de juristes, chargés d’examiner les pasteurs dans le domaine de la foi et des mœurs. Les curés papistes, les anabaptistes, les zwingliens sont déposés et chassés.

Autant de papes que de princes !

Nous arrivons alors à une véritable contradiction. Luther accuse le Pape d’avoir asservi l’Église et de la libérer mais il l’a en fait rendue captive des princes. Ses adversaires, y compris protestants, ont accusé Luther d’être trop indulgent, voire compromis, à l’égard des princes et des seigneurs.

Or, depuis sa fondation, l’Église s’est battue pour échapper à la domination temporelle. Elle s’est toujours opposée au césaropapisme et à la prétention des empereurs de vouloir la diriger. C’est aussi à cause de cela qu’elle connaît de graves scandales et souffre d’effroyables abus. Rappelons qu’une des causes de l’état déplorable de l’Église à la fin du XVIème siècle est justement l’insertion de l’Église dans les affaires temporelles, ou encore la confusion du temporel et du religieux. C’est parce que les seigneurs ont pris la direction des monastères que la discipline monastique s’est relâchée. C’est parce que les seigneurs ont considéré les bénéfices comme des droits qu’ils se sont arrogés des places dans la hiérarchie ecclésiastique. Le système des commendes et celui des bénéfices sont une des plaies de l’Église. La réforme catholique les supprimera.

Or Luther fait pire. Les seigneurs s’emparent des églises et des monastères. Ils contrôlent les pasteurs, imposent la foi, dictent les règles, corrigent les récalcitrants. Les empereurs de l’Empire romain et byzantin n’ont pas rêvé mieux ! Il soumet l’Église qu’il veut construire au pouvoir politique. Par conséquent, la réforme devient chose politique

Conclusion

« Poussés par les événements, [Luther] avait dû confier le sort de ses communautés chrétiennes libérées à l’autorité des princes, et constater que le succès de sa doctrine se trouvait désormais dépendre d’une politique, qu’il était obligé d’avaliser jusque dans les désordres et qui était ordinairement plus soucieuse d’intérêts pratiques que de libération spirituelle. »[7]

L’autorité des princes ne cessera pas de se renforcer dans le domaine religieux. Luther a prôné l’égalité religieuse et le libre examen, ce qui a donné lieu à l’anarchie tant sociale que religieuse. L’intervention des politiques a donc été inévitable dans l’ordre religieux. La force politique a en outre été indispensable pour défendre la doctrine de Luther et la répandre. Sans Philippe de Hesse et sans les ligues des seigneurs protestants, le luthéranisme n’aurait certainement pas survécu. Les différents princes se sont ligués contre l’empereur et les catholiques, contrecarrant leurs desseins et accentuant ainsi leur pouvoir sur la religion. La « réforme » lancée par Luther devient rapidement un mouvement politique. Elle s’est nécessairement liée aux ambitions des princes. Elle trouve alors en eux un facteur de développement. La réconciliation des Chrétiens devient alors impossible. Leur division devient aussi inéluctable, voire voulue. En prenant conscience de cette tragédie, qui pourrait encore féliciter Luther et le louer ?




Notes et références
[1] Luther dans Histoire Générale de l’Église, A. Boulanger, Tome III, les Temps modernes, volume VII, XVI et XVIIème siècles, 1ère partie, La Réforme protestante, n°34,  librairie E. Vitte, 1938.
[2] Luther dans L’Église de la Renaissance et de la Réforme, Une révolution religieuse : la réforme protestante, Daniel-Rops, chap. V, Fayard, 1955.
[3] Titre que Léon X a attribué au roi Henri VIII pour ses efforts dans la réfutation des thèses de Luther, notamment par un traité qu’il a écrit Assertio septem sacramentorum.
[4] Luther dans L’Église de la Renaissance et de la Réforme, Une révolution religieuse : la réforme protestante, Daniel-Rops, chap. V.
[5] Voir Luther, Avertissement à mes bien-aimés Allemand au sujet du recez d’Augsbourg et Gloses sur le prétendu édit de l’Empereur.
[6] Une instruction est publiée en 1527 pour organiser les visites. Un manuel est publié pour les visiteurs.
[7] Daniel-Rops, L’Église de la Renaissance et de la Réforme, Une révolution religieuse : la réforme protestante, Daniel-Rops, chap. VII.

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