" La pierre précieuse, voire de grand prix aux yeux de certains, qu'est l'émeraude, se voit insultée par un morceau de verre habilement truqué, s'il ne se rencontre personne qui soit capable de procéder à un examen et de démasquer la faute. Et lorsque de l'airain a été mêlé à l'argent, qui donc, s'il n'est connaisseur, pourra aisément le vérifier ? "(Saint Irénée, Contre les hérésies)


samedi 29 octobre 2016

Église uniquement spirituelle, invisible ? Une conception erronée de l'Église

Le monde est ouvert au pluralisme religieux. Nombreuses sont aussi les églises ou communautés chrétiennes qui prétendent incarner l’Église du Christ. Face à ce pluralisme, des âmes doutent et les délaissent. Pourtant, certaines d’entre elles croient sincèrement en Dieu. Les images que colportent les médias ne font que renforcer leurs sentiments. L’indignité des religions et leur histoire ne peuvent que les éloigner d’elles également. 

Le mépris n’épargne pas l’Église catholique. Il est encore plus vif. Des âmes soucieuses de Dieu ne voient en elle qu’une création humaine, incapable de répondre à leurs besoins. Cette attitude est aussi réconfortée par une idée très ancienne qui domine l’opinion publique selon laquelle une véritable religion ne serait que spirituelle ou encore intérieure. Toute structure religieuse est ainsi une marque d’erreur ou de mensonge. L’individualisme, le libéralisme et le rejet de toute autorité ne peuvent que réconforter cette idée. Or sans institution ni hiérarchie ecclésiastique, que serait l’Église catholique ? C’est en fait l’aspect visible de l’Église catholique qui est remis en cause. Dans cet article, nous allons donc étudier cette erreur et chercher à en percevoir la cause.

Une Église uniquement intérieure et spirituelle

On considère généralement l’Église comme purement intérieure et spirituelle. Notre Seigneur Jésus-Christ n’aurait jamais songé à une Église comme elle a existé et existe aujourd’hui. Elle résiderait uniquement dans l’intérieur des âmes. Notre Seigneur Jésus-Christ n’aurait en fait voulu qu’établir le règne de Dieu dans l’âme de chaque homme en produisant en lui une rénovation intérieure et en lui inspirant envers Dieu des sentiments d’un fils à l’égard d’un Père.

Par conséquent, l’institution physique de l’Église ne serait pas véritablement l’Église. Il ne serait pas nécessaire d’y faire partie extérieurement pour être dans l’Église. Notre Seigneur Jésus-Christ se serait même opposé aux religions uniquement rituelles et formalistes. Chaque individu aurait la liberté de vivre sa foi, sans nécessairement adhérer à des dogmes, suivre des rites tout extérieurs tant qu’il est habité par des sentiments vrais, authentiques, profonds. La perfection intérieure serait donc l’objectif du chrétien. Tel serait finalement l’essence du christianisme. « Le royaume de Dieu est en vous », nous dit Notre Seigneur Jésus-Christ. L’Église serait donc une création humaine. L’institution physique tirerait en fait son origine des circonstances ou de la pensée de ses disciples. 

En conclusion, l’Église n’aurait donc aucun statut. Notre Seigneur Jésus-Christ ne l’aurait point fondé juridiquement. Elle serait plutôt une « notion religieuse ». Dans ces conséquences, cette pensée si répandue remet en cause plusieurs points de la doctrine catholique. La principale attaque consiste à renier le caractère visible de l’Église, la considérant uniquement sous l’aspect spirituel.

La vision uniquement spirituelle et invisible de l’Église n’est pas récente. À plusieurs reprises dans le passé, notamment au Moyen-âge, elle est venue s’opposer à la conception catholique de l’Église. Parmi les partisans d’une telle vision de l’Église, nous pouvons citer les Fraticelles, les Hussites et plus généralement les protestants. Revenons donc dans le passé afin de comprendre cette erreur pour mieux la combattre.

Le cas des Fraticelles



L’ordre des franciscains est né de Saint François d’Assise. Rapidement après la mort du fondateur, l’ordre se divise en trois tendances en fonction de la rigueur avec laquelle la règle de son fondateur doit être appliquée. La faction dite spirituelle ou encore appelée « zelanti » est la plus fidèle. Elle veut notamment et strictement pratiquer la pauvreté absolue. Ils refusent aussi toute propriété. Parmi les chefs des « zelanti », nous pouvons citer Pierre Jean Olivi. Les Fraticelles désignent les plus radicaux des spirituels. Opposés aux spirituels, les conventuels veulent respecter la règle originelle avec souplesse et adoucissement surtout en matière de pauvreté. Il existe enfin un tiers-parti qui tout en voulant suivre la règle franciscaine avec rigueur souhaite atténuer les aspirations primitives par nécessité pratique. Saint Bonaventure représente cette voie équilibrée.

L’opposition entre les deux tendances radicales, spirituelle et conventuelle, conduit rapidement à des questions doctrinales sur la pauvreté et sur le droit de la propriété. On discute en particulier de la pauvreté absolue du Christ et des Apôtres. Certains spirituels finissent par remettre en cause l’Église en tant qu’institution matérielle. Les Papes interviennent dans les discussions et condamnent les erreurs que prônent les spirituels.

D’abord animés d’« une aspiration vers un christianisme plus pur »[1], les Fraticelles se révoltent contre le Pape et les évêques, répudient leur autorité dans l’Église et leur légitimité. Ils adhèrent à des  doctrines erronées comme celles du joachimisme et des frères du libre esprit. Ils finissent par distinguer deux Églises, l’une charnelle, l’autre spirituelle, la première souillée et riche, la seconde pauvre et sainte. « La première erreur […] invente deux Églises, l’une charnelle, écrasée par les richesses, débordant de richesse et souillée de méfaits […] ; l’autre spirituelle, pure de par sa frugalité, ornée de vertus, ceinte par la pauvreté »[2].

Alors que le débat portait au début sur la valeur de la pauvreté dans l’ordre franciscain puis de manière générale dans la vie religieuse des moines, les Fraticelles en arrivent à dénoncer les richesses de l’Église. Ils lui refusent tout bien de propriété qu’ils considèrent comme fruit du péché et résultat de la corruption. Ils professent une Église détachée de tout bien. Finalement, face à la position des Papes, ils se disent représentant de la vraie Église.

Idéalisation de l’Église

Le développement des erreurs des Fraticelles est caractéristique de la radicalisation d’une pensée qui au début en apparence généreuse et limitée dans son application s’affermit, se généralise, s’impose au mépris du système dans lequel elle est née. C’est dans cette première idée que se trouve le germe de l’erreur. Il y a d’abord une confusion entre le détachement des choses et la pauvreté, entre la vertu de pauvreté et la pauvreté matérielle. Il faut en effet distinguer l’esprit de la matière. Il est possible en effet de vivre sans être attaché aux biens et à la richesse. Un pauvre peut ne pas être pauvre dans l’esprit et au contraire il peut être gagné par le démon de l’argent, d’où l’envie et la méchanceté qui peuvent ronger son cœur. Cependant, il est bien difficile à un homme riche de se détacher de tout ce que représente la richesse. La confusion entre l’esprit et la chose est étonnante mais caractérise chez les spirituels une intention faussée dès l’origine.




Puis il y a un refus de réalité, notamment celle de l’Église, de sa mission qui nécessite des moyens matériels, y compris pour exercer la charité. Cela est aussi vrai pour tout homme. Sans bien, il ne peut satisfaire à ses besoins et aux besoins de ceux dont il est responsable. La vie religieuse du moine n’est pas celle de tous les hommes. Elle est une vocation qui n’est pas destinée à tous. Elle n’est pas la seule légitime. Les hommes qui sont dans le monde doivent se doter de biens pour pourvoir à leur rôle dans la société. Pour éviter les dangers que représentent la possession de biens, ils doivent cultiver la vertu de pauvreté, c’est-à-dire se doter de biens tout en étant détachés d’eux.

Dans l’erreur d’une Église uniquement spirituelle, il y a donc une conception réduite et idéalisée de ce qu’est l’Église. On veut que l’Église soit parfaite dans ses membres. Elle est identifiée à ses membres. Cette confusion conduit à une double conception de l’Église. D’une part, elle est considérée comme l’ensemble des prédestinés de Dieu, des purs, des saints. D’autre part, aucun germe de corruption ne doit exister dans l’Église et donc dans ses membres. Elle doit préserver l’élu de toute contamination.

Le cas des Vaudois

Les Vaudois ont aussi prôné la pauvreté et le détachement de tout bien. Ils ont condamné le travail et la propriété. Ils ont aussi condamné l’Église romaine pour ses richesses et sa corruption. Comme pour les spirituels qui refusent le relâchement de la règle de l’ordre franciscain, ils s’opposent à une situation de fait, à la corruption d’une partie des membres de l’Église, de sa hiérarchie. Mais leur condamnation ne frappe pas uniquement les coupables. Ils reportent la cause sur l’institution physique de l’Église et donc la remettent en question. Ce n’est pas possible, selon eux, que les autorités de l’Église puissent se comporter ainsi donc l’Église qu’ils dirigent n’est pas la vraie Église. De même, aujourd’hui comme dans le passé, persiste l’idée selon laquelle si le Pape n’agit pas d’une telle manière, c’est qu’il n’est pas le Pape.

Étudions le raisonnement des Vaudois. On a une certaine idée d’une chose. Or si la réalité de cette chose apparaît différente de l’idée selon laquelle on se la représente, on en revient à condamner cette chose sans remettre en cause sa représentation dans l’esprit. Et plus l’image qu’on s’est forgée est attaquée, creusant alors le fossé qui la sépare de la réalité, plus celui qui la défend la développe, l’affermit, la consolide au point que la chose et l’idée n’ont plus de lien. L’idéalisation d’une chose conduit à la faute. Il faut donc la dénoncer, c’est-à-dire montrer en quoi l’image est erronée, revenir au sens de la chose, à ce qu’elle est réellement et comprendre le processus de l’idéalisation qui a conduit à l’erreur. Il faut donc se raccrocher à la réalité. En clair, il faut retrouver la vérité, qui, dans un sens, est la conformité entre l’objet et sa représentation dans l’esprit.

Les facteurs temporels

Les Fraticelles et les Vaudois se sont surtout développés à partir du XIVe siècle. À cette époque, d’autres mouvements apparaissent et se rebellent contre l’Église catholique. C’est une époque en effet difficile, de crise pour l’Église. C’est un temps où la foi semble être en perdition, où le péché semble dominer, où des autorités n’accomplissent plus leurs devoirs. Une des causes vient en partie des hommes de l’Église et de son organisation. Elle a besoin de réformes dans ses membres et dans sa structure. Cependant, ne voyant pas d’efforts réels dans l’Église institutionnelle, des âmes perdent espoir ou se révoltent contre les autorités romaines. Elles en viennent à remettre en cause l’Église institutionnelle elle-même. Leur idée est simple : si elle ne peut pas se réformer, c’est qu’elle n’est pas réformable et par conséquent il faut la repenser, et s’il faut la repenser, c’est qu’elle n’est pas ce qu’elle doit être, donc ce qu’elle prétend être. Ainsi pour répondre à un tel discours, il est nécessaire de revenir aux véritables causes et de démontrer que le remède ne se trouve finalement que dans l’Église.

Le cas de Wyclef (1324-1384)

Mais parfois, la remise en cause de l’institution de l’Église est purement intéressée ou encore motivée pour des raisons politiques. Ainsi Jean Wyclef (1328-1384) remet en cause l’Église institutionnelle, son droit de propriété, le rôle et le pouvoir du clergé. Il enseigne que la seule Église est celle des prédestinés donc uniquement discernable par Dieu. Il conteste donc la visibilité de l’Église.

Wyclef est fortement soutenu par les autorités politiques de l’époque, en lutte contre la fiscalité pontificale. Son combat contre « l’Église visible » manifeste en effet un autre combat, celui qui oppose deux pouvoirs de nature différente, l’une dans les princes, l’autre dans le clergé. La doctrine qu’il professe remet en cause l’autorité de l’Église institutionnelle et ses prétentions de régir la société en lui déniant toute légitimité et toute visibilité. Or que devient une autorité si elle n’est que spirituelle et invisible ? Que devient l’Église sans voix et sans tête, sans structure manifestant son pouvoir ? Elle ne fait pas le poids face à un État qui se dote de tous les moyens pour dominer les cœurs et les esprits. Il est indéniable que la décléricalisation de la société a favorisé son étatisation. Le pouvoir de l’État n’est jamais aussi grand que lorsque l’Église institutionnelle s’est affaiblie. Face à des doctrines véritablement instruments de combat, nous devons revenir à la racine du problème et dénoncer l’imposture.

Ainsi le refus de voir l’Église institutionnelle comme la véritable Église s’explique :
  • par une idéalisation de ce qu’est l’Église ;
  • par le désespoir d’une situation qui apparaît sans issue ;
  • par son instrumentalisation au profit de ses adversaires. 
Nous voyons ainsi que face à cette erreur aux multiples causes souvent entremêlées, il est important de revenir au sens des choses, à ce qu’est l’Église à partir d’arguments fiables, de redonner espoir à ceux qui s’éloignent de l’Église en quête de solutions vouées à l’échec, et de montrer les véritables motivations de ceux qui la prônent. Il faut donc ouvrir les yeux et les cœurs, sans oublier de dénoncer et de condamner…

L’exigence de la perfection intérieure

Notre Seigneur Jésus-Christ a voulu rénover la conception juive de la religion, une conception bien humaine et matérielle. Les Juifs attendaient le retour d’un Messie victorieux de leurs ennemis, restaurateur d’un royaume terrestre. Ils suivaient fidèlement une Loi tout en trahissant son esprit, ne respectant que la lettre. L’enseignement de Notre Seigneur Jésus-Christ et ses actions diffèrent radicalement de cette conception matérielle des Juifs, de celles des Pharisiens et des Sadducéens. Cependant, il ne faut pas croire que Notre Seigneur Jésus-Christ n’a point voulu d’une Église institutionnelle. Il faut en effet éviter deux erreurs.

D’abord, il ne faut pas croire que son message soit une nouveauté. Ce serait oublier les Prophètes qui parlent aussi du royaume de Dieu, d’un royaume spirituel. Jérémie rappelle aux Juifs que la religion est aussi une union intime entre Dieu et l’âme de chaque croyant. Mais comme les Prophètes l’ont bien annoncé, c’est bien Notre Seigneur Jésus-Christ qui fonde le royaume spirituel et intérieur. Notre Seigneur exige en effet à ses disciples la perfection intérieure, dépassant la justice toute extérieure et matérielle du judaïsme.

Puis, si cette exigence distingue la religion nouvelle des religions antiques, cela ne signifie pas qu’elle constitue l’essence du christianisme. Les religions ne sont pas en effet constituées par leurs différences. Ce n’est pas parce que Notre Seigneur a enseigné que le royaume de Dieu devait être surtout spirituel qu’il faut en conclure qu’il doit être exclusivement spirituel. Ne voir les choses que sous ce seul aspect, c’est déformer sa vue, c’est biaiser sa représentation, c’est réduire le champ de la vérité et donc la vérité elle-même. L’enseignement de Notre Seigneur Jésus-Christ et sa vie doivent être regardés dans leur totalité pour en extraire toute la richesse et la profondeur de sa Parole.

Nous pouvons facilement comprendre les raisons qui conduisent Notre Seigneur Jésus-Christ à souligner l’exigence de la perfection spirituelle et la nécessité de la rénovation intérieure. Il doit en effet corriger les conceptions fausses des Juifs, notamment à l’égard du Messie et de l’œuvre de la Rédemption. Il veut leur faire comprendre la véritable nature du royaume de Dieu. Ils attendaient la restauration du royaume de David, un royaume terrestre triomphant, victorieux des païens et chassant les Romains de la Terre sainte. Enfermés dans une foi exclusive, les Juifs doivent donc entendre l’universalité de la foi.

L’erreur d’interprétation de la Sainte Écriture

Pour prouver la conception uniquement spirituelle de la religion chrétienne, on s’appuie généralement sur le verset biblique suivant : « le royaume de Dieu est en vous ». Mais ne pouvons-nous pas plutôt le traduire par « le royaume de Dieu est au milieu de vous » ou encore « le royaume de Dieu est parmi vous » comme nous le voyons dans la version d’Osty.  Cette traduction semble en effet plus cohérente avec le contexte de la narration même si la première traduction est aussi juste. Notre Seigneur répond en effet aux Pharisiens qui Lui demandent quand viendra le royaume de Dieu. Il leur répond : « Le royaume de Dieu ne doit venir de façon à être épié, et on ne dira pas : Le voilà ici ! ou là ! Car voilà que le Royaume de Dieu est parmi vous. » (Luc, XVII, 20-21) Notre Seigneur Jésus-Christ apprend aux Pharisiens qu’il ne faut pas s’attendre à des signes éclatants ou à des prodiges extraordinaires avant la venue du royaume de Dieu et du Messie. Non seulement il n’est pas observable de cette manière mais surtout il est déjà présent, il est déjà venu. Par conséquent, Il leur demande de ne pas le chercher où il ne le faut pas. Le temps du Messie est déjà arrivé… 

Une Église bien visible

L’exigence de la perfection intérieure est un des principaux éléments de l’enseignement de Notre Seigneur Jésus-Christ mais elle n’en est pas la seule. Le royaume des cieux est ainsi comparé à un champ sur lequel poussent à la fois le bon grain et l’ivraie. Il est aussi semblable à un filet du pécheur où se confondent les bons et les mauvais poissons. Il est donc constitué d’hommes et de femmes, de bons et de méchants. Il est donc fait de chair. Il est collectif et social. Il est bien visible.

Enfin, Notre Seigneur Jésus-Christ a envoyé ses Apôtres enseigner et baptiser. Il les a envoyés dans le monde à la conquête des hommes. Et rapidement, l’Église s’est structurée pour répondre à sa vocation. Les communautés chrétiennes apparaissent avec à leur tête un évêque. Elle s’organise pour subvenir à ses besoins, pour s’entraider, pour grandir tout en étant fidèle à l’enseignement de Notre Seigneur Jésus-Christ. Tout cela est bien matériel et visible.

Conclusion

L’idée selon laquelle l’Église n’est que spirituelle, que le christianisme n’est finalement que la recherche d’une perfection intérieure et le développement d’un royaume purement intérieur, conduit inévitablement à séparer l’Église de l’Église institutionnelle pour renier ensuite l’origine divine de l’Église institutionnelle et montrer sa prétendue fausseté. Les partisans d’une telle erreur présentent l’Église institutionnelle comme l’œuvre des disciples de Notre Seigneur Jésus-Christ, œuvre nécessaire mais uniquement humaine. Ils l’auraient fondée pour répondre au développement des communautés chrétiennes et pour les adapter au monde dans lesquelles elles sont nées. Notre Seigneur n’aurait en fait pas prévu sa fondation. Or cette erreur manifeste au contraire la conception bien humaine de l’Église, une conception qui dénie la réalité des choses et égare l’esprit dans des chimères.

Idéalisation, désespoir, instrumentalisation, telles sont les causes très probables de ces erreurs. Les belles idées provenant souvent d’un cœur généreux et de belles intentions finissent par aveugler les esprits les plus élevés. Faut-il mépriser l’Église parce que le corps n’est pas comme nous le souhaitons et qu’il n’est pas à la hauteur de son âme ? L’Église ne se réduit pas à ses membres…



Notes et références

[1] Daniel-Rops, L’Église de la cathédrale et de la croisade, XIV, Fayard, 1952.
[2] Jean XXII, Constitution Gloriosam Ecclésiam, §14, 23 janvier 1318, Denzinger 922.

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