" La pierre précieuse, voire de grand prix aux yeux de certains, qu'est l'émeraude, se voit insultée par un morceau de verre habilement truqué, s'il ne se rencontre personne qui soit capable de procéder à un examen et de démasquer la faute. Et lorsque de l'airain a été mêlé à l'argent, qui donc, s'il n'est connaisseur, pourra aisément le vérifier ? "(Saint Irénée, Contre les hérésies)


samedi 17 septembre 2016

L'Eglise dans la Sainte Écriture

Parfois, nous entendons des âmes affirmer fièrement leur liberté. Pourtant, il suffit qu’elles se posent et lèvent les yeux pour s’apercevoir qu’elles sont finalement de malheureuses esclaves. Elles ne voient guère leurs chaînes encore moins leur prison dorée. Elles servent des pensées qui ne sont pas les leurs. Elles sont libres de parler mais pensent-elles ?

De nos jours, il est de beau ton de critiquer l’autorité sous toute ses formes. Il est louable aux yeux du monde de refuser toute hiérarchie. Nul n’est sérieux aujourd’hui s’il ne manifeste pas de la méfiance à l’égard de toute institution. L’air du temps est si imprégné de ce funeste mépris qu’il est difficile d’en être préservé. Certes, de nombreux exemples justifient une certaine prudence mais faut-il saper l’autorité elle-même parce que certains s’en montrent indignes ?  Mais le vide n’existant pas, les uns sont chassés pour que d’autres puissent prendre leur place.

Atteintes de ce mal,  certaines âmes s’éloignent de l’Église catholique ou refusent de s’y approcher, ne voyant en elle qu’une institution comme tant d’autres. Ils songent sans-doute à une Église uniquement spirituelle dans laquelle le croyant est libre de croire et de pratiquer comme il le désire, sans contrainte ni obligation, n’y voyant qu’un moyen de satisfaire ses sentiments religieux, bref une sorte de supermarché. Cette vision de l’Église n’est pas nouvelle. Elle est à l’origine de nombreuses confessions protestantes. Mais la nature de l’Église n’est pas le seul point contesté. L’idée selon laquelle l’Église a été fondée par Notre Seigneur Jésus-Christ est aussi niée, notamment depuis le début du XXème siècle.

Mais des catholiques eux-mêmes ont une certaine vision de l’Église insoutenable ou du moins incompréhensible. Par exemple, certains catholiques ne voient plus en l’Église l’unique arche de salut. Ils croient probablement qu’elle n’est qu’une voie parmi tant d’autres pour aller jusqu’à Dieu. Le salut serait possible, disent-ils, en aimant Dieu de manière authentique tout en demeurant hors de l’Église. Une certaine interprétation des textes du second concile de Vatican pourrait certes justifier leurs croyances mais des déclarations de la congrégation de la foi les démentiraient aussitôt. Cependant, se soucient-ils encore de ce que disent les autorités romaines lorsqu’elles viennent contrarier leurs convictions ? On ne quitte pas une prison lorsqu’imperceptible, elle offre jouissance et plaisir…

Un des drames de notre époque est sans-doute l’incompréhension de ce qu’est l’Église. Nombreuses sont les erreurs qui éloignent les âmes de ce qu’elle est. Et peu nombreuses sont les âmes qui tentent d’enlever le voile épais qui la recouvre. Une part de responsabilité revient certainement aux autorités de l’Église. Contrairement à ses objectifs, le second concile de Vatican n’a pas réussi à donner une définition claire de ce qu’elle est. Il a plutôt égaré bien des âmes en voulant donner une nouvelle ecclésiologie, balayant naïvement et avec un triomphalisme insupportable toute la doctrine passée. « Il est à peine exagéré de le dire : il a fallu quasi deux mille ans pour pouvoir enfin construire, à Vatican II, une vision quelque peu complète de la doctrine de l’Église. »[1] Pouvons-nous entendre une telle arrogance sans crier au mensonge et à l’insupportable injustice ? Nous souffrons aujourd’hui d’un discours qui manque de clarté et de cohérence. Les mouvements œcuméniques ont apporté ambiguïtés et confusions. Là se trouve l’échec d’une voie qui a vidé nos églises…

Pour répondre à tous les discours qui remettent en cause ce qu’est l’Église, pour mieux finalement saisir ce qu’elle est, il est indispensable de revenir aux sources de notre foi, notamment à la Sainte Écriture.

L’origine du mot

Le terme d’église est tiré du grec « ekklêsia » qui signifie « assemblée ». Il désigne à l’origine une assemblée de citoyens convoqués par un crieur public. Ainsi nous apprenons dans les Actes des Apôtres que les affaires à régler, autres que les plaintes, sont décidées dans une assemblée générale (cf. Actes des Apôtres, XX, 39).  Le nom d’église est aussi appliqué à toute sorte d’assemblée comme celle des méchants comme nous le lisons dans les Psaumes. « Je hais l’église des méchants, et je ne m’assiérai point avec les impies. » (Psaumes, XXV, 5)

Dans la Sainte Écriture, il est généralement utilisé par les traducteurs grecs de l’Ancien Testament pour rendre l’hébreu « qahal » qui signifie « convocation », celle du peuple appelé à se rassembler sur l’ordre de Dieu et des chefs qu’Il a choisis. Il est par exemple employé lorsque Yahvé rassemble son peuple pour lui fait entendre ses lois sur le mont Horeb : « assemble-moi le peuple et je le ferai entendre mes paroles » (Deut., IV, 10) Comme dans le cas précédent, l’église ne désigne pas une assemblée qui se forme d’elle-même et sans but.

Le terme « sunagôgè »  a un sens très voisin. Il désigne l’action de se réunir mais aussi, comme le terme d’« ekklêsia », le résultat de cette action, c’est-à-dire l’assemblée réunie. À partir du IIIème siècle, il désignera aussi le lieu où l’assemblée se réunit. Saint Jacques utilise ce terme dans son épître alors qu’il s’agit d’une assemblée de chrétiens. Le terme « sunagôgè », ou synagogue, sera finalement employé au profit de la seule religion juive.

L’Église en tant qu’assemblée locale de chrétiens

La Sainte Écriture applique parfois le terme d’Église à l’assemblée des chrétiens qui se réunissent dans une maison particulière. Ils s’assemblent où ils peuvent, chez celui qui peut mettre à leur disposition une salle suffisamment grande. Ainsi Saint Paul salut l’Église qui se réunit chez Prisca et Aquilas (cf. Romains, XVI, 5) ou encore chez Nymphas (Colossiens, III, 15).

Le terme peut aussi désigner l’ensemble des chrétiens d’une même cité ou d’une même région. Dans les Actes des Apôtres, Saint Luc nous parle par exemple de « la persécution contre l’Église de Jérusalem » (Act. Ap., VIII, 1), de l’Église d’Antioche qui accompagne les apôtres Saint Paul et Saint Barnabé (Act. Ap., XV, 3), « des Églises de Judée qui sont en Christ » (Galates, I, 22), des Églises de Macédoine (II Corinthiens, VIII, 1), des Églises de Galatie (Galates, I, 1), des Églises d’Asie (I Corinthiens, XVI, 19), c’est-à-dire de la province romaine (ouest de l’Asie Mineure), dont Éphèse est la capitale. Ainsi le terme d’Église peut désigner les Églises locales ou groupe d’Églises.

Dans ses épîtres, Saint Paul s’adresse à « l’Église qui est à Corinthe » comme il s’adresse « à tous les saints […] dans l’Achaïe entière. » (II Corinthiens, I, 1) ou encore « à l’Église des Thessaloniciens » (I Thessaloniciens, I, 1). Dans l’Apocalypse, Saint Jean s’adresse « aux sept Églises qui sont en Asie » (Apocalypse, I, 4). Ce sont les Églises « à Éphèse, et à Smyrne, et à Pergame, et à Thyatire, et à Sardes, et à Philadelphie et à Laodicée. » (Apocalypse, I, 11) Dans leur salutation, Saint Paul et les autres Apôtres parlent aussi « à tous les bien-aimés de Dieu, les saints par appelés par lui, qui sont à Rome» (Romains, I, 7), « aux fidèles sanctifiés en Jésus-Christ, aux saints appelés de Dieu » (I Corinthiens, I, 2), à ceux qui sont « élus selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l’Esprit, pour obéir à la foi et avoir part à l’aspersion du sang de Jésus-Christ » (I Pierre, I, 2), « à ceux qui ont été appelés, qui sont aimés en Dieu Père et gardés pour Jésus-Christ » (Jude, I, 1). 

Dans ces adresses, les Apôtres parlent aux chrétiens qui ont été appelés ou élus par Dieu, ou encore aimés en Dieu, et qui demeurent dans le Christ. Le terme d’« Église » désigne l’ensemble des chrétiens qui répondent à un appel divin, à l’appel de la foi dans Notre Seigneur Jésus-Christ. Ce sont aussi « ceux qui évoquent, en quelque lieu que ce soit, le nom de notre Seigneur Jésus-Christ » (I Corinthiens, I, 2). Enfin, ce sont « ceux à qui ont reçu avec nous une foi de même prix dans la justice de notre Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ » (II Pierre, I, 1).

L’Église en tant que l’ensemble des chrétiens

Notre Seigneur Jésus-Christ emploie deux fois le terme d’Église et dans des circonstances importantes. Le mot est utilisé une première fois quand Il nomme Saint Pierre chef suprême de l’Église. « Et moi je te dis que tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église [2] ; et les portes de l’enfer[3] ne prévaudront pas contre elle. » (Matth., XVI, 18)  C’est sur la personne de Saint Pierre que Notre Seigneur doit bâtir son Église.

Remarquons deux choses. D’une part, c’est à cette occasion que Simon reçoit le nom nouveau de Pierre. Ce changement de nom est d’une très grande importance dans la Sainte Écriture. Il révèle une chose importante, c’est-à-dire sa place dans l’Église ou encore sa mission. Il est la pierre fondamentale sur lequel doit s’élever l’Église. Ce titre lui est directement attribué par Notre Seigneur Jésus-Christ. D’autre part, notons que Notre Seigneur Jésus-Christ parle de son Église et non d’une Église ou de l’Église. C’est bien son œuvre. Elle lui appartient. Et elle est unique, universelle.

Lorsque Notre Seigneur Jésus-Christ emploie une deuxième fois le terme d’Église, c’est pour établir ses pasteurs. Il leur demande que « si ton frère vient à pêcher contre toi, va et reprends-le entre toi et lui seul.  S’il ne t’écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes, afin que toute cause se décide sur la parole de deux ou trois témoins. S’il ne l’écoute pas, dis-le à l’Église, et s’il n’écoute pas non plus l’Église, qu’il soit pour toi comme le païen et le publicain. » (Matthieu, XVIII, 15-17) Notons que Notre Seigneur parle à ses disciples comme si l’Église existait déjà. Notons aussi qu’Il ne parle que d’une seule Église.

Et ces deux passages se terminent par la même affirmation : « en vérité, je vous le dis, tout ce que vous lierez [4] sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » (Matthieu, XVIII, 18). La première fois, Notre Seigneur parle à Saint Pierre (cf. Matthieu XVI, 19). Si le pouvoir est accordé à ses disciples, Saint Pierre le reçoit à un titre éminent. Non seulement Saint Pierre a une place fondamentale dans l’Église mais il a aussi des fonctions essentielles. Comme un maître dans sa maison, il en a les pleins pouvoirs.

Comme nous l’avons noté, Notre Seigneur Jésus-Christ utilise le terme d’Église au sens de société universelle des disciples du Christ. Ce sens est aussi employé dans les Actes des Apôtres. « Et Saul ravageait l’Église ; pénétrant dans les maisons, il en arrachait les hommes et les femmes, et les faisait jeter en prison. » (Act. des Ap., VIII, 2) Au travers des chrétiens, c’est bien l’Église qui est malmenée, persécutée. Saint Paul nous dira lui-même : « J’ai persécuté l’Église de Dieu. » (I Corinthiens, XV, 9)

« L’Église était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie, s’édifiant et bâtissant dans la crainte du Seigneur, et se multipliait, par l’assistance de Saint Esprit. » (Act. des Ap., IX, 31) Cependant, dans ce dernier verset biblique, au lieu d’« Église », certaines versions bibliques portent plutôt « Églises » comme dans le verset suivant : « les Églises se fortifiaient dans la foi et croissant en nombre de jour en jour. » (Act. des Ap., XVI, 5) Le terme prendrait donc le sens d’Églises locales.

Le sens de société universelle est plus souvent utilisé dans les épîtres de Saint Paul. Il demande aux chrétiens de ne pas être un « scandale ni aux Juifs, ni aux Grecs, ni à l’Église de Dieu. » (I Corinthiens, X, 32) Mais plus loin dans la même épître (XI, 16), nous retrouvons aussi ce terme d’« Églises de Dieu » pour désigner les églises locales.

Dieu a donné le Christ pour « Chef suprême à l’Église. » (Éphèse, I, 22) Le terme employé dans ce verset a un sens incontestable. Plus loin, comparant le lien qui unit la femme à son époux à celui qui unit le Christ à l’Église, il affirme de nouveau que Dieu le Père « a tout mis sous ses pieds et Il l’a donné pour chef suprême à l’Église » (Éphèse, V, 22). Il est « la tête du corps de l’Église » (Colossiens, I, 18). Ainsi, Saint Paul présente l’Église comme étant une, sous la direction de Notre Seigneur Jésus-Christ.

L’Église comme Église céleste

Nous trouvons une fois le terme d’« assemblée des premiers nés » (Hébreux, XII, 23) pour désigner l’Église céleste de ces fidèles « inscrits dans les cieux ». Saint Jean la décrit comme « une foule immense, que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue. » (Apocalypse, VII, 9)

L’Église comme Corps mystique du Christ

Saint Paul compare souvent l’ensemble des Chrétiens à des membres d’un seul corps, marquant ainsi leur unité en dépit de leur diversité, et soulignant leurs liens avec Notre Seigneur Jésus-Christ et avec eux-mêmes. « Car, de même que nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n’ont pas la même fonction, ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous ne faisons qu’un seul corps en Jésus-Christ, et chacun en particulier nous sommes membres les uns les autres. »(Romains, XII, 4-5) Chacun a ses dons, sa fonction, sa place dans ce corps. Les Chrétiens sont unis entre eux et sont dépendants les uns des autres.

Et ce Corps est celui de Notre Seigneur Jésus-Christ. « Vous êtes le corps du Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. » (I Corinthiens, XII, 27) Or ce corps est aussi l’Église. Dieu « a tout mis sous ses pieds et il l’a donné pour chef suprême à l’Église, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous. » (Éphésien, I, 22-23) Le Christ est « le Sauveur de l’Église, qui est son corps. » (Éphésiens, V, 23) Ce Corps est « disposé et solidement assemblé au moyen des nerfs et des jointures ». Du Christ dont Il est le chef, il « tire l’accroissement que Dieu lui donne. » (Colossiens, II, 19)

L’Église comme Maison de Dieu

Saint Paul écrit à Saint Timothée pour qu’il sache comment il faut se « conduire dans la maison de Dieu, qui est l’Église de Dieu vivant, la colonne et le fondement de la vérité. » (I Timothée, IV, 15) Or c’est en Notre Seigneur Jésus-Christ que tout édifice « bien ordonné » s’élève « pour former un temple saint dans le Seigneur » (Éphésien, II, 21). Et «  l’édifice de Dieu », « le champ de Dieu » (I Corinthiens, III, 9), que Dieu fait croître, ce sont les Chrétiens. Nous sommes « le temple de Dieu vivant » (II Corinthiens, VI, 16). L’Église est le lieu du culte de Dieu comme dans un Temple. Dieu en est le maître comme le maître de maison. Elle désigne le lieu où nous pouvons Le connaître et Le rencontrer.

L’Église comme une Épouse

Enfin, Saint Paul utilise une dernière analogie pour désigner l’Église. « De même que l’Église est soumise au Christ, les femmes aussi doivent l’être à leurs maris en toutes choses. » » (Éphésiens, V, 24) Par cette image, il montre le lien qui unit le Christ et son Église, c’est-à-dire l’amour de Notre Seigneur pour son Église. C’est un lien intime et fort…

Et dans une de ses visions, Saint Jean voit descendre du ciel « la ville sainte, une Jérusalem nouvelle, prête comme une épouse qui s’est parée pour son époux ». Il entend alors une voix qui dit : « voici le tabernacle de Dieu avec les hommes : il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu même sera avec eux comme leur Dieu. » (Apocalypse, XXI, 2-3) Et avec l’Époux, l’Épouse dit : « Venez ! », « que celui qui a soif, vienne ! Que celui qui le désire, prenne de l’eau de la vie gratuitement ! » (Apocalypse, XXII, 17)

Conclusion

Dans toutes ces images, analogies ou désignations, l’Église est fondamentalement liée à Notre Seigneur Jésus-Christ. L’épouse n’existe pas sans époux, l’édifice sans la pierre angulaire, le troupeau sans le pasteur, le corps sans la tête. L’Église n’a pas de sens sans Notre Seigneur Jésus-Christ qui en est le chef. Notre Seigneur Jésus-Christ Lui-même la nomme son Église. Elle est la sienne en tant que maître. Il est la Tête du Corps. Mais ce lien est encore plus fort. Il est aussi amour au point que parfois il y a identification entre Notre Seigneur et son Église.

Si dans les épîtres, elle désigne parfois ce qui deviendra la paroisse, le sens d’Église une et universelle est nettement affirmé. L’image de l’Église comme un Corps manifeste l’unité et l’universalité. Rappelons aussi le sens original de l’Église. Elle est une assemblée qui est convoquée. Nous y entrons parce que nous y sommes appelés par la foi. Avant le second concile de Vatican II, « le catéchisme romain décrit l’Église comme la réunion des fidèles qui ont été appelés à la lumière de la vérité et à la connaissance de Dieu dans la foi »[5]. Et en y entrant, nous entrons dans le Tabernacle.

Enfin, Notre Seigneur Jésus-Christ emploie le terme d’Église pour définir le rôle de Saint Pierre et des Apôtres. Nous sommes loin d’une Église sans direction ni ossature ni structure, purement spirituelle, livrée aux membres. Ses membres ont des fonctions diverses comme les membres d’un corps. Elle est donc visible par ses chefs et par ses membres et en ses membres.

Finalement, si la nature de l’Église n’est pas définie avec précision dans la Sainte Écriture, tant elle paraît riche et difficilement saisissable en des expressions simples, elle est néanmoins suffisamment discernable pour rejeter certaines conceptions. Ses caractères de visibilité, d’unité, d’universalité y sont nettement affirmés. L’idée selon laquelle l’Église serait uniquement spirituelle ou encore née d’une initiative d’hommes ne résiste guère à une lecture attentive de la Sainte Écriture. 






Notes et références
[1] P. Tihon, Les Signes du Salut, tome III, 2ème partie, de l’Histoire des Dogmes, 1995, sous la direction de Bernard Sesboüé, Desclée.
[2] Pour être plus proche de l’araméen, nous pourrions encore traduire : « tu t’appelles Roc et sur ce roc, je bâtirai mon Église. » Ou encore « tu t‘appelles Pierre et sur Pierre, je bâtirai… » En araméen, le nom de Céphas que Notre Seigneur donne à Saint Pierre signifie exactement « roc ».
[3] Ou les Portes de l’Hadès. Elles désignent les puissances de mort, qui seront impuissantes contre l’Église. Les portes évoquent l’image de la puissance car c’est aux portes que les autorités rendaient la justice en Orient.
[4]Les termes de « lier » et « délier » signifient « défendre », « permettre », y compris dans le domaine doctrinale.
[5] Mgr Bernard Bartmann, Précis de Théologie dogmatique, Tome II, Livre 5, §137, éditions Salvator, 1944.

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