" La pierre précieuse, voire de grand prix aux yeux de certains, qu'est l'émeraude, se voit insultée par un morceau de verre habilement truqué, s'il ne se rencontre personne qui soit capable de procéder à un examen et de démasquer la faute. Et lorsque de l'airain a été mêlé à l'argent, qui donc, s'il n'est connaisseur, pourra aisément le vérifier ? "(Saint Irénée, Contre les hérésies)


mardi 10 mars 2015

Le judaïsme et le christianisme

A plusieurs reprises, au cours de notre étude apologétique, nous avons rencontré le judaïsme comme source de difficultés, d’erreurs ou d’incompréhension. Le christianisme en est-il la continuité au point d’en être la servante comme dans le judéo-christianisme ? Ou le christianisme s’en est-il séparé pour devenir l’un de ses farouches adversaires comme dans le marcionisme ? Ou bien encore est-il une des formes du judaïsme qui a précédé l’orthodoxie juive actuelle comme le suppose certains juifs ? Ainsi est-il parfois condamné par les uns comme fortement influencé par le judaïsme ou par les autres comme profondément antisémite. Certains chrétiens recherchent alors à expurger du christianisme tout ce qui peut le rappeler quand d’autres voient dans les éléments doctrinaux contraires au judaïsme une innovation purement humaine. Quand Pie XI affirme au monde en pleine deuxième guerre mondiale que nous sommes tous des fils d’Abraham , de nombreuses consciences ont été choquées quand d’autres y voyaient un appel à la judaïsation du christianisme. Nous arrivons alors à des confusions et à des absurdités qui remettent en cause le christianisme, le dénature ou le rendent inaudible.

D'autres erreurs sont encore plus graves par leur nouveauté et leur audace. Le paganisme, le judaïsme et le christianisme seraient les phases successives du développement naturel de la conscience religieuse de l’humanité. Les païens auraient conçu l’idée des divinités puis les Juifs auraient inventé l’idée du Dieu unique et enfin les chrétiens auraient imaginé le Dieu universel. Étapes transitoires vers la religion de l’homme...

Imprégnation, opposition, évolution… Aujourd'hui les relations entre le judaïsme et le christianisme ne peuvent être ignorées dans l’apologétique. Nous allons donc tenter d’y voir plus clair.

A l’origine et aujourd'hui encore, le chrétien ne naît pas chrétien ; il le devient. Le baptême nous rend chrétiens. Les premiers disciples du Christ proviennent soit du judaïsme, soit de la gentilité c’est-à-dire du paganisme. Dans les premiers temps, le chrétien est donc avant tout un converti. La conversion implique un retournement profond du converti, un véritable renoncement d’une manière de vivre, d’un modèle de pensée, d’une conception du monde. Un converti est un homme nouveau. Son regard intérieur a changé. Il voit le monde et la vie autrement.

La conversion implique nécessairement la renonciation à une ancienne vie, à une religion ou à une philosophie. Vu de l’extérieur, de la part de ses anciens coreligionnaires, le converti apparaît donc comme un traître, un renégat. La situation du chrétien dans les premières générations est encore plus nette puisque le christianisme est issu du judaïsme. Porphyre voit le chrétien comme un renégat envers sa religion première, comme un fils infidèle à son père, comme un homme innovant qui rompe avec les traditions. Il souligne sa nouveauté pour mieux marquer la rupture avec le passé, son ingratitude, son orgueil contrairement au judaïsme et aux religions de ses pères.

Mais aujourd'hui, pris de scrupule, entretenu notamment par l’opinion et les médias, le chrétien est tenté de sentir dans la conversion une certaine gêne. La conversion n’entraîne-t-elle pas trahison et affrontement ? La séparation impliquerait déchirure et violence. Ne serait-elle pas alors la source d’un prétendu antisémitisme ? Plus récent, le christianisme pourrait être considéré comme un héritier infidèle qui aurait oublié ses devoirs envers son père naturel. Le drame de l’holocauste et la culture de ce drame ne font qu’accentuer cette situation délicate. Ainsi, nous voyons plusieurs initiatives malheureuses pour atténuer tout ce qui pourrait heurter la sensibilité juive dans le christianisme. Une des dernières que nous avons découvertes est la modification du nom des deux parties constituant la Sainte Bible. Au lieu de l’appellation traditionnelle d’Ancien et de Nouveau Testament, nous voyons en effet apparaître les noms de Premier et de Second Testament. Derrière ce changement, se trouve aussi une grave erreur. Certains prétendent que la Nouvelle Alliance n’a pas supprimé l’Ancienne…

Revenons aux premiers temps pour mieux préciser ce moment où le christianisme est apparu. Peut-être ce retour aux origines nous apportera des réponses. Nous allons donc décrire en quelques articles l’époque de Notre Seigneur Jésus-Christ. Y aurait-il deux alliances ?...

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