" La pierre précieuse, voire de grand prix aux yeux de certains, qu'est l'émeraude, se voit insultée par un morceau de verre habilement truqué, s'il ne se rencontre personne qui soit capable de procéder à un examen et de démasquer la faute. Et lorsque de l'airain a été mêlé à l'argent, qui donc, s'il n'est connaisseur, pourra aisément le vérifier ? "(Saint Irénée, Contre les hérésies)


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samedi 4 avril 2020

Les erreurs actuelles en matière de morale : proportionnalisme, option fondamentale, conscience créative.


Il est bien difficile de combattre efficacement une erreur si nous ne la désignons pas clairement. L’encyclique Veritatis Splendor nous met en garde contre trois courants de pensées novateurs en matière de morale. Elle nous explique en quoi elles sont dangereuses et en détermine les causes et , comme l’origine. Elles proviennent toutes d’une notion erronée de la liberté de l’homme et ont pour conséquence de justifier une morale individualiste et subjective. Elles manifestent, comme l’écrit le pape Jean-Paul II, une crise de la morale au sein de l’Église.

Les théories mises en cause par le pape sont le « proportionnalisme » ou encore le « conséquentialisme », et toutes celles qui en appellent à la « création créative » et à « l’option fondamentale ».


Le proportionnalisme

Le proportionnalisme, appelé encore « système de la raison proportionnée », détermine uniquement le mal en fonction de la proportion de l’acte à sa fin. « Il y a raison proportionnée lorsque l’acte est proportionné à la valeur qu’il poursuit »[1]. La proportion dont il s’agit ne consiste pas à une comparaison entre des valeurs dont il faudrait choisir la plus élevée mais entre l’acte et sa fin. La relation du moyen proportionné à la fin ou à la valeur poursuivie, c’est-à-dire en fait la finalité, domine le jugement moral. Prenons un exemple. Un voleur s’accapare d’un bien. Selon cette théorie, l’acte est mauvais parce qu’il nie le droit de propriété de manière général, donc le sien propre. Ainsi l’acte de voler implique une négation d’une condition pour le bien même que le voleur recherche. Il n’y a donc pas de proportion avec la fin et la valeur recherchées. L’acte est donc mauvais. En outre, il est un devoir d’« admettre un mal si celui-ci est la seule manière de ne pas contredire directement le maximum de la valeur qui s’y oppose. »[2] C’est le cas par exemple de la légitime défense ou de la peine de mort. « C’est véritablement un nouveau système moral qui nous est proposé et va faire école. »[3]

Il y a donc une différence entre le bien en soi et le bien pour l’individu. Ce dernier est le bien qu’il lui est possible d’atteindre. « La valeur morale d’un acte dépend des raisons proportionnées pour lesquelles je détermine ce qui est un bien pour moi, et qui me permet d’éviter en toute proportion ce qui est pour moi un mal. »[4] Il n’y a donc plus d’actes intrinsèquement bons ou mauvais, ou dit plus simplement, de normes absolues en matière morale.

Le conséquentialisme

John Stuart Mill (1806-1873)
Le proportionnalisme relève d’une théorie plus vaste, appelée conséquentialisme [5], « ensemble de théories morales qui soutiennent que ce sont les conséquences d’une action donnée qui doivent constituer la base de tout jugement morale de ladite action »[6]. Selon cette théorie, tous les actes humains produisent inévitablement des effets bons et dommageables du point de vue de l’utilité. Elles proposent donc d’établir la qualité morale d’un acte par le moyen d’une comparaison ou d’une proportion entre les effets favorables et défavorables selon leur rapport à la fin poursuivie. L’acte est ainsi considéré bon si les effets bons l’emportent ; il sera qualifié mauvais dans le cas contraire. Ainsi, le jugement moral posé sur un acte est déterminé par l’estimation de ses conséquences directes ou indirectes autant qu’elles soient prévisibles ou déductibles.

Finalement, le conséquentialisme semble réduire la valeur morale d’un acte à son utilité quasi technique. « On en voit tout de suite les conséquences : une certaine relativisation de valeurs morales fondamentales »[7]. Selon cette théorie, tout acte doit être jugé non pas a priori mais toujours a posteriori, par rapport à ses conséquences. Cela revient à nier toute valeur intrinsèque d’un acte. En outre, il doit être jugé dans la totalité de la réalité, ce qui nous paraît bien difficile. Le jugement risque nécessairement d’être probable ou erroné. Ainsi, la valeur est jugée selon des conséquences non pas réelles mais estimées. C’est la conscience qui la déterminera en fonction de ce qu’elle appréhende et de ses faiblesses. Elle-seule fixera la valeur d’un acte toujours selon ses capacités. Enfin, que devient la responsabilité de celui qui commet l’acte si la valeur de ce dernier dépend de circonstances qui lui sont indépendantes ?

Nous pourrions alors conclure de ces théories que finalement, la notion de faute devient caduque. La notion de péché, qui est au cœur de la morale chrétienne, n’a plus de sens non plus. Il sera toujours possible d’évoquer des excuses pour accomplir, avec une bonne conscience, ce que la loi morale interdit. Il y a en fait une séparation entre la norme morale définie de manière absolue, valable en tout temps et tout lieu, et la norme de la conscience, qui décide en dernier lieu ce qui est bon et mauvais.

Pour conclure, selon les théories conséquentialistes, il ne sera plus possible de dire qu’un mal est un mal ou qu’un bien est un bien. S’il n’est plus possible de dire qu’un péché est un péché, il est alors impossible d’éclairer celui qui le commet ainsi que la gravité de sa faute, et par conséquent, de l’éloigner de la miséricorde divine et donc de son salut. C’est sciemment le tromper et le détourner de Dieu. Or, cela est incompatible avec l’enseignement de Notre Seigneur Jésus-Christ. Pouvons-nous en effet éteindre la lumière et laisser ainsi le mal sans juge ?

Parmi les conséquentialistes ou proportionnalistes, nous pouvons nommer Joseph Fletcher, Peter Knauer, Bruno Schüller, Joseph Fuchs, Louis Jannsens, Richard McCormick, P. Knauer, B. Haring, etc. Ils reprennent les théories utilitaristes de Jeremy Bentham et John Stuart Mill.

La théorie de « l’option fondamentale »

Plus discrète que les théories conséquentialistes, celle de l’option fondamentale est encore plus pernicieuse. Elle distingue et sépare les actions morales spécifiques et l’orientation plus générale, dite fondamentale, de la vie. Les péchés spécifiques ou encore les fautes commises par des actes particuliers n’ont pas de réelles conséquences sur l’âme et son salut si l’orientation fondamentale est bonne, c’est-à-dire si le désir fondamental est de s’unir à Dieu. Ainsi, le péché mortel ne résulte pas dans une action spécifique mais il apparaît comme une orientation inscrite au plus profond de la liberté de l’individu qui rejette Dieu. Selon cette théorie, si un homme choisit Dieu comme « option fondamentale », il ne peut jamais pécher ou L’offenser quelle que soit la gravité de ses actions car fondamentalement, il désire le bien.

Or il est difficile de séparer dans l’homme l’option fondamentale et les actions qui mettent en œuvre sa conscience et sa liberté. C’est rompre l’unité de l’agent moral qu’est l’homme. Que serait en effet l’individu s’il a choisi Dieu mais agit comme s’il ne L’avait pas choisi ? La foi est morte si elle n’est pas accompagnée de la charité. Or celle-ci vit dans les actes concrets, conscients et libres, et par ces actes. Si l’option est Dieu, l’homme doit en effet agir en conséquence afin d’éviter qu’elle ne soit qu’un sentiment ou qu’un vain désir.

Les théories de la conscience créative

Il est difficile de déterminer si la théorie de la conscience créative, décrite par l’encyclique, se manifeste au travers d’une pensée bien précise et réelle. Elle apparaît plutôt comme une tendance qui touche de nombreux systèmes de pensées. Pour certains commentateurs[8], Thévenot est un de ceux qui « cautionnent une approche créative de la conscience morale qui peut décider ce qui est bien et ce qui est mal ».

Le théologien moraliste Mélina [9] la voit multiples avec différentes nuances entre elles. Le point commun de ces théories est de donner à la conscience la capacité et le droit de formuler des exceptions à la loi. Elles revendiquent aussi l’impossibilité de la conscience de se tromper. Ainsi, elles prétendent que la conscience morale individuelle peut se prononcer sur le bien et le mal de manière souveraine. Ces théories peuvent prendre deux formes.

La première forme revendique « le caractère rationnel du jugement de la conscience » selon laquelle « une action déterminée doit être prise uniquement sur la base de motifs raisonnables »[10]. Elle conçoit alors la conscience, non pas comme une instance de jugement, mais comme une instance de décision, qui serait elle-même la loi. La conscience est capable d’évaluer et de décider de manière autonome du bien et du mal. Elle n’est plus acte de la raison pratique, appliquant au cas particulier la loi. Elle ne juge pas la conformité d’un comportement concret par rapport à la loi. Le choix est en effet fondé sur des critères uniquement rationnels. C’est ainsi que selon cette théorie, l’enseignement moral transmis par le Magistère n’est finalement applicable qu’en fonction des arguments qu’il soutient et non pas en fonction de l’autorité qu’il détient. Selon cette théorie, « c’est en fonction de la conviction rationnelle de la validité de ces normes qu’il faudrait décider »[11].

La seconde forme base le jugement uniquement sur l’intention du sujet. Elle fait la distinction entre la vérité « spéculative » ou « abstraite », c’est-à-dire les normes morales, notamment enseignée par le Magistère, et la vérité « concrète », « pratique » à partir de laquelle seule la conscience est compétente à juger l’action.

La principale conséquence de ces théories est de rejeter l’autorité de l’Église en matière de morale.

Un fond commun

Comme le montre l’encyclique, ces erreurs ont la particularité de faire de la conscience la source du bien et du mal et ainsi de contribuer au développement de l’individualisme et du relativisme moral. C’est ainsi qu’au lieu d’utiliser le terme de « jugement » pour définir l’acte de la conscience, le terme de « décision » est plutôt employé. « La conscience n'est plus considérée dans sa réalité originelle, c'est-à-dire comme un acte de l'intelligence de la personne, qui a pour rôle d'appliquer la connaissance universelle du bien dans une situation déterminée et d'exprimer ainsi un jugement sur la juste conduite à choisir ici et maintenant ; on a tendance à attribuer à la conscience individuelle le privilège de déterminer les critères du bien et du mal, de manière autonome, et d'agir en conséquence.»[12]

De bons esprits considèrent alors ce changement comme une marque de maturité morale. Au lieu de suivre ce qu’ils appellent des normes rigides, abstraites et peu applicables, l’homme évolue vers le progrès. C’est ainsi qu’ils opposent deux sortes de normes morales : la norme doctrinale, valable en générale, et la norme de la conscience, celle qui finalement a le dernier mot. Cette distinction nous ramène alors à une conception de la vérité, celle qui nie toute réalité à la vérité absolue. Après un long combat engagé contre la conception traditionnelle de la vérité, la morale est à son tour frappée par le refus de l’absolu et finalement par le subjectivisme en raison d’une conception de la liberté erronée.

Retour rapide à l’enseignement de l’Église

Pour mieux comprendre les erreurs que nous venons de décrire rapidement, il faut revenir à la conception de la morale telle qu’elle est enseignée par l’Église et qui a inspiré nos lois.

La morale ne porte que sur des actes dont l’homme peut être responsable, c’est-à-dire des actes volontaires et délibérés. Ce sont donc des actes qui procèdent de l’intelligence, qui permet le discernement, et de la volonté de l’homme, qui manifeste sa liberté. L’état de connaissance de l’homme influence sa faculté intellectuelle et peut donc changer la nature de la moralité de l’acte. Il s’agit en fait de l’ignorance et de l’erreur. La volonté peut aussi être influencée par la crainte et la violence, par l’éducation, le tempérament ou encore par l’habitude ou la maladie.

Un acte est dit bon lorsqu’il contribue directement ou indirectement au bien de l’homme, c’est-à-dire à la fin pour laquelle il a été créé. La valeur morale d’un acte dépend en fait de trois éléments :
  • l’objet de l’acte, ce à quoi il tend premièrement et naturellement comme à son terme ou à sa fin, c’est-à-dire la nature même de l’acte. Un acte peut être intrinsèquement bon ou mauvais. La générosité est par exemple un acte bon ;
  • la fin ou le but de l’agent, qui est la raison qui induit l’agent à son acte. Plus classiquement, il s’agit de l’intention qui dirige l’agent dans l’accomplissement de son acte. Un candidat à une élection qui se montre généreux uniquement pour gagner les faveurs de ses électeurs commet un acte mauvais ;
  • les circonstances qui peuvent l’affecter l’acte. Un homme qui est généreux alors qu’il ne peut nourrir ses enfants commet un acte mauvais.

Ces trois éléments constituent les sources de la morale, d’où découle la moralité d’un acte. Pour qu’un acte soit considéré bon, il faut qu’au moins un ces trois éléments soient bons et les autres au moins indifférents. Il est pleinement bon lorsqu’ils sont tous bons. Il suffit donc que l’un d’eux soit mauvais pour qu’il soit jugé aussi mauvais. Constatons que l’effet d’un acte ne change pas la nature de sa moralité.

Or, les erreurs que nous avons décrites refusent de prendre en compte dans la moralité de l’acte son objet même. Elles rejettent l’idée qu’un acte soit par nature bon ou mauvais. Qu’est-ce que cela signifie ?

Le fond même de la crise morale

Un acte est intrinsèquement bon s’il contribue au bien de l’homme, et intrinsèquement mauvais s’il s’y oppose. Son objet est indépendant de l’agent et du contexte dans lequel il accomplit l’acte. Revenons sur l’exemple du vol. Comment pouvons-nous savoir que le vol en lui-même est mauvais ? La raison est obligée d’évoquer les effets de l’acte pour justifier sa moralité ainsi que les circonstances du vol. La moralité intrinsèque d’un acte n’a en fait de sens que si elle se rapporte à une loi qui la détermine mais, soulignons-le, à une loi extérieure à l’homme, c’est-à-dire à un ensemble de principes, d’obligations, d’interdits que lui impose une autorité, une autorité qui lui est extérieure et supérieure. C’est là que réside le fond de l’erreur : le refus de toute autorité qui ne réside pas en l’homme ou qui n’en émane pas. Dans le système moral que développent les diverses tendances que nous avons décrites, il n’y a pas de place pour Dieu. Ce n’est pas une conséquence mais un principe…

Pourtant, il faut bien discerner le bien du mal. Le conséquentialisme le détermine en fonction de la proportion qui existe entre la finalité et l’intention de l’agent. C’est donc la raison qui dicte ce qui est bien ou mal. Pour la théorie de l’option fondamentale, l’intention générale de l’agent est l’unique source de la moralité. Pour les théories de la conscience créative, c’est la conscience elle-même qui la détermine. Selon ces trois erreurs, la loi morale relève donc de l’individu seul.

Conclusions

Si la conscience détermine le bien et le mal au lieu de porter un jugement comme l’enseigne l’Église, la morale est nécessairement propre à la personne. Elle s’individualise, elle se subjectivise. Elle se fixe finalement sa propre règle qu’elle applique ensuite dans son existence. Elle n’a finalement pas d’autres maîtres qu’elle-même. La morale se confond avec ses intérêts.

Mais alors que devient les lois, qu’elles soient humaines, naturelles ou divines ? Elles perdent toute signification puisque c’est l’individu qui détermine leur moralité et justifie l’obéissance à leurs règles. C’est encore l’individu qui demeure l’autorité suprême en matière de mœurs. Nous allons encore au-delà des principes de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 qui définit le principe de toute souveraineté dans la nation. Désormais, l’autorité réside dans chaque individu, aussi multiple et divers qu’il puisse être. Il n’y a plus finalement de règles qui obligent, notamment dans les rapports entre les hommes ou au sein d’une société. Ou plutôt, comme la morale se confond avec l’intérêt de l’individu, la morale sociale se confond avec l’intérêt du plus fort.

Les tendances que condamne l’encyclique Veritatis Splendor contribue au développement de telles erreurs. Elles les épousent, cherchant à les intégrer dans l’enseignement de l’Église. Leur but est bien de supprimer toute idée de normes morales d’ordre absolu peut-être pour concilier l’individualisme actuel et le rôle de l’Église. Selon un des innovateurs, ses nouveautés cherchent à donner une nouvelle signification de la religion dans la société pour répondre à ses nouveaux besoins. Un fait est symptomatique. Il ne parle plus de morale chrétienne mais d’éthique chrétienne ! Le changement de vocabulaire n’est pas anodin.

Mais n’est-ce pas le rôle de l’Église de rappeler que la morale dépasse l’intérêt de l’individu comme celui du plus fort ? Faut-il alors qu’elle se taise pour mieux se faire écouter ? Faut-il qu’elle parle comme le monde pour qu’elle soit mieux entendue ? C’est justement en s’oubliant ce qu’elle est que les hommes finissent par l’abandonner. À force de compromission avec un monde qui s’éloigne de Dieu, on tend aussi à s’écarter de Lui et à conduire son prochain sur un chemin qui l’éloigne de son bonheur…


Notes et références
[1] P. Knauer S. J., La détermination du bien et du mal moral par le principe du double effet, V, trad. de The Hermeneutic Function of Principle of Double Effect, dans Moral Normes and Catholic Traditions, édition Charles Curran and Richard A.McCormick, New York, Pauline Press, 1975.
[2] P. Knauer S. J., La détermination du bien et du mal moral par le principe du double effet, V.
[3] Servais Pinckaers OP, Ce qu’on ne peut jamais faire, La question des actes intrinsèquement mauvais, 2e édition 1995, Éditions universitaires Fribourg suisse, Éditions du Cerf Paris. Servais-Théodore Pinckaers (1925-2008) est un éminent théologien moraliste et dominicain qui s’oppose à la théorie du proportionnalisme.
[4] Aline Lizotte, La Newslatter, 28 octobre 2014, asso-afcp.fr, association pour la formation chrétienne de la personne.
[5] Les deux termes sont parfois confondus. Des partisans d’un « conséquentialisme » modéré préfèrent se désigner par le terme de « proportionnaliste ».
[6] Wikipédia, article « Conséquentialisme », consulté le 8 mars 2020.
[7] Servais Pinckaers OP, Ce qu’on ne peut jamais faire, La question des actes intrinsèquement mauvais.
[8] Voir Vérité et Liberté après Veritatis Splendor. Analyse d’une question disputée et perspectives de recherches, Denis Audet, , avril 2004, mémoire présentée à l’université du Québec à Trois-Rivières comme exigence partielle de la maîtrise en théologie, http://depot-e.uqtr.ca/.
[9] Voir L. Mélina, La morale entre crise et renouveau.
[10] Denis Audet, Vérité et Liberté après Veritatis Splendor. Analyse d’une question disputée et perspectives de recherches.
[11] Cardinal P. Georges Cottier O.P., Présentation de l’encyclique Veritatis Splendor, Nova et Vetera, 69/1, 1994.
[12] Jean-Paul II, Veritatis Splendor, n°32.

samedi 28 mars 2020

La crise de la morale chrétienne : Veritatis Splendor


Des conversations peuvent nous étonner, voire nous scandaliser. Elles nous laissent longtemps des souvenirs amers et nous poussent parfois à réagir tant l’erreur nous effraye et nous révulse. Nous nous souvenons par exemple d’un entretien que nous avons eu avec un proche, catholique pratiquant. Nous parlions d’un comportement que le commandement divin interdit et par conséquent, à notre tour, nous le condamnions en faisant attention de ne pas porter notre jugement sur ceux qui les pratiquent. La réponse de notre interlocuteur nous a stupéfaits. « Ils n’ont pas mal agi puisqu’ils ont agi selon leur conscience ». En dépit de nos arguments pour lui montrer la nature et la gravité du péché, il ne changea guère sa réponse. Certes, sa voix était plus troublée, moins sûre, plus conciliante avec notre position. Il chercha confusément à excuser le pécheur en s’appuyant sur sa sincérité et s’obstina péniblement à ne plus voir de péché dans son comportement. « Pour nous, il a commis un mal, mais pour lui, il n’y a aucun mal », continua-t-il à nous répondre comme un refrain sans âme. Mais las du sujet qui le mettait dans une situation instable, il changea finalement le sujet de la discussion …

Le malaise palpable de notre interlocuteur comme notre colère intérieure sont des signes révélateurs d’une crise morale que connaît de nos jours l’Église. Ce terme ne vient pas de nous. Il apparaît officiellement en 1993 dans une encyclique de Jean-Paul II, intitulé Veritatis Splendor, ce qui signifie « la splendeur de la vérité ». Contrairement à ce que pourrait envisager son titre, le sujet est en fait dédié à la morale. Le nom même de cette lettre révèle le mal. La crise morale réside en effet dans le rapport entre la vérité et la morale

L’aggiornamento de l’enseignement moral

Revenons aux années qui suivent la seconde guerre mondiale. De nombreuses voix dans l’Église s’alarment du rejet de la morale chrétienne par la société contemporaine. Celle-ci n’attire plus les hommes, voire les repousse. Elles cherchent alors à déterminer les causes et à trouver des remèdes.

D’abord isolés, des solutions parviennent à faire émerger des tendances. Certaines d’entre elles promeuvent une nouvelle morale, plus proche des aspirations des contemporains, plus centrée sur l’homme et ses besoins, plus adaptée à la société multiculturelle et à ses contraintes. D’autres veulent uniquement changer l’enseignement de la morale pour la rendre plus accessibles et audibles. Des théologiens et des penseurs chrétiens en appellent alors à un « aggiornamento » en matière de morale. Dans la volonté de réforme qu’ils affichent, certains veulent en fait une rupture dans l’enseignement de la morale chrétienne. C’est pourquoi, en 1993, le pape rappelle à l’ordre tous ses novateurs par l’encyclique Veritatis Splendor.

Veritatis Splendor : le nécessaire rappel à l’ordre

Selon la plupart des commentaires, Veritatis Spendor est la première lettre encyclique dédiée entièrement à la doctrine en matière de morale, ce qui révèle la gravité de la situation. Cependant, sa publication n’est pas surprenante. Elle est même attendue…

Depuis le concile de Vatican II, des papes sont en effet intervenus à plusieurs reprises pour défendre certains points de la doctrine morale et s’inquiéter manifester une certaine inquiétude à l’égard des innovations théologiques. En 1968, l’encyclique Humanae Vitae s’est ainsi inquiétée des « normes particulières ». En 1975, la déclaration romaine Persona Humana défend les notions de « nature humaine »  et de « loi naturelle » en raison des attaques portées contre elles. En 1981, l’autorité de l’Église en matière morale est remise en cause après la publication de Familiaris Consortio. Puis en 1987, à l’occasion du deuxième centenaire de la mort de Saint Alphonse de Liguori, le pape Jean-Paul II annonce son intention d’écrire une encyclique pour « traiter plus profondément et plus amplement les questions concernant les fondements mêmes de la théologie morale »[1], fondements qui sont attaqués par des courants contemporains.

Une crise morale majeure



En 1993, Jean-Paul II publie donc l’encyclique Veritatis Splendor. Il se voit en effet dans la nécessité de rappeler les fondements de la théologie morale. « Aujourd'hui, cependant, il paraît nécessaire de relire l'ensemble de l'enseignement moral de l'Église, dans le but précis de rappeler quelques vérités fondamentales de la doctrine catholique, qui risquent d'être déformées ou rejetées dans le contexte actuel. »(n°4)[2] Le pape présente cette nécessité comme un « devoir urgent de proposer son discernement et son enseignement, afin d'aider l'homme sur le chemin vers la vérité et vers la liberté. »(n°4)

Ses mots sont terribles. Il parle en effet de « véritable crise » (n°5), de « la crise la plus dangereuse qui puisse affecter l’homme » (n°93). Ses conséquences sont dramatiques. En obscurcissant « la splendeur de la vérité morale », elle pourrait conduire à l’impossibilité « d’établir et de maintenir l’ordre moral des individus et des communautés » (n°93) et finalement à la perte du sens moral. La crise est donc « graves pour la vie morale des fidèles, pour la communion dans l'Église et aussi pour une vie sociale juste et solidaire. »(n°5)

Ainsi l’encyclique s’adresse uniquement à tous les évêques car ils sont chargés de garder « la saine doctrine ». Mais par son contenu, l’encyclique est aussi adressée à ceux qui enseignent la théologie morale.

L’encyclique porte donc essentiellement sur les fondements même de la théologie morale car « des éléments de l’enseignement morale de l’Église » sont « particulièrement exposés à l’erreur, à l’oubli ou à l’ambiguïté » (n°30).

Veritatis Splendor : la condamnation de la morale autonome

Le pape est en effet inquiet d’une nouveauté qui touche l’Église en la fin du XXe siècle et plus particulièrement l’enseignement de la morale. Il est conscient que le contexte n’est guère favorable à la morale chrétienne et peut donc influencer les chercheurs et faire dévier son enseignement. « En effet, une nouvelle situation est apparue dans la communauté chrétienne elle-même, qui a connu la diffusion de nombreux doutes et de nombreuses objections, d'ordre humain et psychologique, social et culturel, religieux et même proprement théologique, au sujet des enseignements moraux de l'Église. »

Contrairement au début du XXe siècle, ce ne sont plus les dogmes qui font l’objet de remises en question au sein même de l’Église mais bien l’enseignement moral. En effet, il est bien difficile de préserver une morale quand ses fondations sont ébranlées. La crise qui ébranle l’enseignement de la vérité ne peut en effet que toucher l’enseignement de la morale tant les deux domaines ne peuvent se dissocier. Et c’est justement dans leur dissociation que semblent relever les erreurs actuelles. L’agir ne peut être séparé de la pensée…

L’enseignement traditionnel de la théologie morale fait donc l’objet d’une opposition « globale et systématique » en raison de « conceptions anthropologiques et éthiques déterminées ». Nombreux sont ceux qui cherchent à introduire dans la morale chrétienne des principes qui ne relèvent pas de l’Église et de son enseignement. « Au point de départ de ces conceptions, on note l'influence plus ou moins masquée de courants de pensée qui en viennent à séparer la liberté humaine de sa relation nécessaire et constitutive à la vérité. » Selon Jean-Paul II, la cause de la crise viendrait de la séparation entre la vérité et la liberté et donc la morale.

Les tendances erronées séparent en fait la morale et la foi. Les conséquences en sont alors rapides. « Ainsi, on repousse la doctrine traditionnelle de la loi naturelle, de l'universalité et de la validité permanente de ses préceptes ». Puis, « certains enseignements moraux de l'Église sont simplement déclarés inacceptables ». Enfin, « on estime que le Magistère lui-même ne peut intervenir en matière morale que pour « exhorter les consciences » et « pour proposer les valeurs » dont chacun s'inspirera ensuite, de manière autonome, dans ses décisions et dans ses choix de vie. » Les critères de moralité sont ainsi devenus purement subjectifs. Ces courants enseignent finalement que seul l’individu peut déterminer le bien et le mal, entraînant finalement à leur confusion.

Vérité et liberté

Or comme le précise Jean-Paul II, l’Église a le devoir d’enseigner aux hommes non seulement la vérité mais également la liberté et la morale, car Notre Seigneur Jésus-Christ détient seul « la réponse décisive » aux interrogations humaines, c’est-à-dire « sur ce qui est bien et sur ce qui est mal » (n°8). Il « enseigne la vérité dans l’agir morale » (n°8). Mais il ne s’agit pas pour le fidèle d’entendre cet enseignement et d’y adhérer, il doit aussi la mettre en pratique. Sa vie doit être cohérente avec sa foi devant Dieu et les hommes. Cela impose la fidélité et donc l’obéissance à l’égard de la Loi de Dieu. C’est ainsi qu’en imitant Notre Seigneur Jésus-Christ, il devient véritablement enfant de Dieu. « La vérité éclaire l'intelligence et donne sa forme à la liberté de l'homme, qui, de cette façon, est amené à connaître et à aimer le Seigneur.» C’est bien Notre Seigneur Jésus-Christ qui définit le sens authentique de la liberté.

Cependant, par le péché, le fidèle est plus amené à désobéir et à ne plus reconnaître la vérité. Il oublie que Dieu est le seul bon. Or, sans cette vérité, aucune morale n’est possible. « Dieu seul, le Bien suprême, constitue la base inaltérable et la condition irremplaçable de la moralité » (n°99). Il est le principe comme la fin de la morale. Il implique la participation de la raison et de la volonté. Ainsi depuis le péché, l’homme recherche la liberté hors de la vérité, c’est-à-dire hors de Dieu, hors du chemin qu’est Notre Seigneur Jésus-Christ. C’est une « liberté illusoire » (n°2). « Seule la liberté qui se soumet à la Vérité conduit la personne humaine à son vrai bien. »(n°84) Il ne peut donc y avoir « une liberté ni en-dehors de la vérité ni contre elle » (n°95).

L’erreur que dénonce le pape consiste « à exalter la liberté au point d’en faire un absolu, qui serait la source des valeurs » (n°32), au point que la vérité est elle-même dépendante de la liberté. Cela suggère que l’obéissance aux commandements divins et aux normes morales dépendent en fait du contexte sociale, culturelle, historique.

Contre l’autonomie de la morale

L’encyclique dénonce les théories qui enseignent la séparation de la vérité et de la liberté, ou plus précisément de la foi et de la morale. Elle dénonce clairement la morale autonome, qui rejette l’existence d’une loi naturelle universelle et immuable, efface les commandements et refuse l’autorité du Magistère de l’Église en matière morale au nom de la conscience, jugée seule maître et en fait autonome en la matière. En fait, l’erreur consiste à croire en « la souveraineté totale de la raison dans le domaine des normes morales »(36), ou dit autrement, que les normes morales seraient « l'expression d'une loi que l'homme se donne à lui-même de manière autonome et qui a sa source exclusivement dans la raison humaine. »(36) Dieu est alors exclue de la morale.

Contre une conscience seule maîtresse de la morale

Mais si la raison est souveraine dans le domaine moral, que devient la conscience ? Elle devient « instance ultime et suprême de décision »[3] et donc infaillible, elle-même autosuffisante. On lui attribue en effet « des prérogatives d'instance suprême du jugement moral qui détermine d'une manière catégorique et infaillible le bien et le mal. »(32) Une chose est alors jugée bonne en raison de la sincérité de la personne ou de son authenticité.

Or, comme le rappelle Bruguès, la Sainte Écriture décrit la conscience « comme un témoin intérieur de la fidélité ou de l’infidélité à la loi divine, elle-même inscrite dans les cœurs. »[4] C’est en tant que témoin qu’elle peut dénoncer la rectitude d’une action ou sa malice. Cependant, la conscience peut se tromper. Elle a besoin d’être éclairée. C’est le rôle de l’Église de lui montrer les vérités qu’elle doit posséder à partir de la lumière de la foi.

Ainsi au lieu d’exprimer un jugement par un acte d’intelligence à partir de la connaissance universelle, la conscience individuelle se voit attribuer « le privilège de déterminer les critères du bien et du mal, de manière autonome, et d'agir en conséquence. »(n°32) La source de la loi morale ne réside pas en l’homme mais en Dieu. L’idée que la conscience est « créative » est ainsi formellement condamnée.

Nous revenons en fait à la source du péché originel telle qu’elle est décrite dans la Genèse. En s’arrogeant le droit de décider ce qui est bien et ce qui est mal, nos premiers ancêtres ont commis l’irréparable, transgressant l’ordre divin. Adam et Ève n’avaient pas le droit de se nourrir du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Leur liberté avait cette seule limite. Ils devaient accepter la loi morale que Dieu donne à l’homme.

Cinq formes de déviations

L’encyclique dénonce cinq formes de déviation :
  • l’autonomie de la raison au nom de laquelle est niée « l'existence, dans la Révélation divine, d'un contenu moral spécifique et déterminé, de validité universelle et permanente »(37) ;
  • la remise en cause de la loi naturelle, ce qui conduit à nier les devoirs fondamentaux à l’égard de la vie humaine ;
  • la subordination de la nature à l’histoire et à la culture, ce qui conduit à refuser l’universalité et l’intangibilité de la loi morale ;
  • la souveraineté des droits de la conscience, rejetant toute subordination de la conscience à une norme extérieure à elle, c’est-à-dire universelle et objective, à la loi divine et à la loi naturelle ;
  • la légitimation de la faute par « une option fondamentale » juste.

Causes de ces erreurs 

D’où viennent ces erreurs ? Le pape nous donne des éléments de réponse. « À l'invitation du Concile Vatican II, on a désiré favoriser le dialogue avec la culture moderne, en mettant en lumière le caractère rationnel — et donc universellement intelligible et communicable — des normes morales appartenant au domaine de la loi morale naturelle. En outre, on a voulu insister sur le caractère intérieur des exigences éthiques qui en découlent et qui ne s'imposent à la volonté comme une obligation qu'en vertu de leur reconnaissance préalable par la raison humaine et, concrètement, par la conscience personnelle.»(36)

Le pape revient alors sur le deuxième concile de Vatican. Devant les appels à un profond changement de l’enseignement de l’Église, celui-ci a en effet demandé de le renouveler en prenant notamment « un soin particulier à l'enseignement de la théologie morale »[5]. Cette invitation a alors généré la « mise en discussion globale et systématique du patrimoine moral »[6], que regrette finalement le pape. Un autre théologien voit aussi l’élaboration de ces théories « à partir de la constitution Gaudium et spes, sur « l'autonomie des réalités terrestres » mais qu'elles ont été transposées « à la réalité morale ». »[7] Une mise en discussion mal contrôlée ?…

Nous pouvons sans difficulté comprendre aussi que la sécularisation de la société a conduit à celle de la morale et donc à exagérer le rôle de la conscience et de l’individu au détriment de toute autre autorité. Depuis trop longtemps, des discours ont enivré l’homme, flattant son égocentrisme au point qu’il veut vivre comme il l’entend, croyant finalement que sa voix intérieure est créatrice de valeur en elle-même. Cette tendance n’est-elle pas aussi favorisée par les autorités de l’Église elles-mêmes qui loue de manière maladroite depuis plus de cinquante ans la liberté de conscience ? L’homme contemporain est conduit à croire que sa liberté de conscience était une valeur absolue devant laquelle tout doit se plier, y compris la puissance divine. Il n’a donc pas besoin d’être dans la vérité pour dire ce qui est bien et mal.

Conclusions

Dans l’encyclique Veritatis Splendor, le pape Jean-Paul II condamne formellement des courants de pensée, au sein même de l’Église. En exaltant la liberté humaine comme un absolu au point de la délier de la vérité, ces erreurs interprètent d’une manière nouvelle ses rapports avec la loi morale, la nature humaine et la conscience et à donner de nouveaux critères pour évoluer la moralité de nos actes. Elles déterminent l’homme, par sa raison et sa conscience, comme la source de tout jugement moral. Finalement, par leur volonté d’autonomie en matière morale, elles renouvellent la faute originelle d’où a découlé le drame de l’humanité.


La condamnation est formelle et claire. Les théories qui revendiquent la « souveraineté "totale de la raison", la séparation entre un ordre éthique terrestre et un ordre intérieur de salut », qui nient l'existence de «  préceptes moraux spécifiques et déterminés, ainsi que [...] leur validité universelle et permanente », et qui conséquemment, rejettent « la compétence doctrinale de l'Église sur les normes morales précises concernant le bien humain constituent autant de "thèses incompatibles avec la doctrine catholique" »(37). L’encyclique condamne sans ambiguïté les théories morales modernes qui, convaincues de l'autonomie de la conscience, finissent par confondre la vérité avec le jugement de la conscience en excluant toute autre autorité supérieure.

Ces tendances ou ces théories sont sources de relativisme et de subjectivisme en matière morale, ce qui conduit l’homme à un terrible et dramatique individualisme. La liberté qu’il vante tant est alors rendue illusoire à force de s’éloigner de la source de tout bien. Le silence de Dieu est impitoyable. Son absence en est un cruel châtiment…

Épilogue

Quand l’encyclique est publiée, des voix, y compris catholiques, s’indignent contre un pape qui ose acclamer la vérité et refuser la modernité. « Comment une telle Église hautaine, avant tout magistérielle [et] très masculine, pourrait-elle être présente au monde moderne ? »[8] Certaines rajoutent même qu’il s’oppose à la conscience pour mieux asseoir l’infaillibilité pontificale[9] ! Elles prétendent aussi que l’encyclique est le reflet de « l’absolutisation de l’autorité »[10]. La crise devient encore plus publique…

En dépit de l’encyclique, les erreurs continuent leur chemin. Des théologiens défendent encore l’idée de « l’autonomie morale, c’est-à-dire le fondement de la moralité dans la responsabilité qui s’impose à l’être humain comme l’implication de sa liberté. »[11] C’est ainsi qu’ils montrent indirectement la racine même de la crise morale actuelle, c’est-à-dire le divorce qui existe entre la foi et la morale, et finalement entre la vérité et la liberté, par le refus de toute autorité extérieure à eux-mêmes…



Notes et références
[1] Jean-Paul II, lettre apostolique Spiritus Domini, n°9, 1er avril 1987.
[2] Jean-Paul II, encyclique Veritatis Splendor à tous les évêques de l’Église catholique sur quelques questions fondamentales de l’enseignement moral de l’Église, n°4, 6 août 1993, Libreria Editrice Vaticana, vatican.va. Toutes les citations de l’encyclique sont tirées de cette version.
[3] G. Gottier, Guide de lecture, Repères, p. 192, dans La Splendeur de la vérité, Paris, Éditions Mamel Plon, 1993
[4] J.-L. Bruguès, Présentation, p. XV, dans La Splendeur de la vérité.
[5] Concile de Vatican II, Décret Optatam totius ecclesia renovationem sur la formation des prêtres, 28 octobre 1965, vatican.va.
[6] Jean-Paul II, Veritatis Splendor, n°4
[7] Bruguès, L'éthique dans un monde désenchanté dans Revue Thomiste, 94/2, 1994,195-210.
[8] Pierre de Locht, spécialiste de théologie morale, Les laïcs ont-ils un rôle à jouer ? dans L'Actualité Religieuse dans le Monde, 116, 1993,28-29.
[9] Voir D. Müller, protestant d’éthique protestant, Quelle est la part de créativité de la conscience ?  dans L'Actualité Religieuse dans le Monde, 116, (1993).
[10] C. Duquoc, L'encyclique "Veritatis Splendor": présentation critique dans Revue de Théologie et de Philosophie, 126/4, 1994, 325-332.
[11] Karl Wilhelm Merks, professeur émérite de théologie morale à l’université de Tilburg, Morale et religion, pistes de recherche, traduit par Jannie van Lotringen et P. Frederic Trautmann, dans Revue d’éthique et de théologie morale, n°248, cairn.info.