" La pierre précieuse, voire de grand prix aux yeux de certains, qu'est l'émeraude, se voit insultée par un morceau de verre habilement truqué, s'il ne se rencontre personne qui soit capable de procéder à un examen et de démasquer la faute. Et lorsque de l'airain a été mêlé à l'argent, qui donc, s'il n'est connaisseur, pourra aisément le vérifier ? "(Saint Irénée, Contre les hérésies)


vendredi 8 septembre 2017

L'Église et le capitalisme moderne

Le riche insensé, Rembrandt

L’étude du protestantisme nous renvoie au capitalisme moderne. Comme l’ont montré certains chercheurs, Luther et Calvin ont joué indirectement un rôle dans son développement. De nombreux faits et des statistiques montrent incontestablement un rapprochement entre le milieu protestant et le monde de l’entreprise et des entrepreneurs. Si plusieurs thèses cherchent à en expliquer la raison, les liens entre le protestantisme et le capitalisme ne sont pas aussi simples à définir. Néanmoins, ils nous interpellent et nous interrogent sur les relations qui pourraient exister entre la foi et la vie économique, entre la religion et l’argent. Si le protestantisme est si proche du capitalisme moderne, le catholicisme n’en serait-il pas aussi éloigné ? Et par conséquent, notre société si marquée par le rôle prépondérant du capitalisme ne s’opposerait-elle pas à l’Église catholique, qu’elle considérerait comme une entrave ou un obstacle à sa prospérité ?
Rappel des thèses entre le protestantisme et le capitalisme
Pour ceux qui voient dans le protestantisme une cause ou un facteur du développement du capitalisme, deux écoles se confrontent. Selon la première école, le protestantisme serait à l’origine d’une nouvelle éthique et aurait donné naissance à un nouvel homme plus adapté aux besoins de la vie économique moderne. Elle insiste notamment sur la nouvelle perception du travail, élevé au rang du devoir religieux, sur l’enrichissement comme signe d’élection divine ou encore sur l’individualisme religieux, indispensable à l’individualisme économique. La seconde école insiste sur l’attitude de Calvin à l’égard du prêt à intérêt. Autrefois interdit, il l’autorise tout en voulant imposer des conditions afin d’en limiter les abus et les dangers. Non seulement, il enlève tout scrupule aux entrepreneurs et aux banquiers mais il donne un nouveau principe à la société en libérant la vie économique de la contrainte religieuse. Dans les deux cas, un nouveau rapport ou attitude s’établit entre l’homme et l’argent.
Ceux qui voient plutôt le protestantisme sous l’influence du capitalisme moderne considèrent que ce dernier a réussi à adapter la foi nouvelle à ses exigences et à ses besoins. Selon une autre approche, les causes de la nouvelle vie économique ont aussi permis la naissance et le développement du protestantisme. Ainsi Luther et Calvin annonceraient les Temps modernes. Le libéralisme religieux et économique, qui caractérise la modernité, aurait ainsi la même origine. Selon une approche plus marxiste, le protestantisme serait le produit du capitalisme, les croyances et les idées évoluant selon les activités économiques.
L’intervention des derniers Papes dans les questions économiques
Depuis la fin du XIXe siècle, le capitalisme moderne a fait l’objet de nombreuses interventions de la part des Papes. Le développement industriel, les nouveaux rapports entre patrons et ouvriers, la concentration de la richesse entre les mains d’un petit nombre et la montée de l’indigence les ont conduits à définir clairement la doctrine sociale de l’Église. Le développement des idées marxistes et la montée du communisme ont encore rendu leurs interventions nécessaires. Ainsi depuis Léon XIII, les Papes ont précisé la position de l’Église catholique sur des questions d’ordre social.
Or il est difficile de définir une doctrine sociale sans traiter des questions d’ordre économique. C’est pourquoi le capitalisme moderne n’est guère absent dans les encycliques pontificales. Néanmoins, de manière générale, il ne forme pas un sujet à part entière. Essayons donc de synthétiser leur enseignement épars. Il nous donnera certainement un éclairage à notre étude.
Le droit naturel, critère d’évaluation ?
Des encycliques plutôt récentes énoncent la position de l’Église sur le capitalisme de manière générale par rapport à d’autres systèmes économiques. Jean-Paul II nous rappelle que « la doctrine sociale de l’Église a une attitude critique vis-à-vis du capitalisme libéral aussi bien que du collectivement marxistes. » Car, continue-t-il, « du point de vue du développement, on se demande spontanément de quelle manière ou dans quelle mesure ces deux systèmes sont capables de transformations ou d’adaptation propres à favoriser ou à promouvoir un développement vrai et intégral de l’homme et des peuples dans la société contemporaine. » [1] Ainsi le capitalisme, comme tout autre système économique, est jugé selon les critères de la dignité humaine ou du développement humain. La loi ou le droit naturel justifierait alors la position de l’Église. « La doctrine sociale de l’Église argumente à partir de la raison et du droit naturel, c’est-à-dire à partir de ce qui est conforme à la nature de tout être humain. » [2] Un tel regard n’est pas essentiellement religieux. L’Église catholique n’aurait-elle que pour fonction de rappeler ce que la raison peut faire entendre ?
La condamnation d’un capitalisme sans frein
Selon la loi naturelle, Jean-Paul II condamne une certaine forme de capitalisme, c’est-à-dire un capitalisme où « la liberté dans le domaine économique n’est pas encadrée par un contexte juridique ferme qui la met au service de la liberté humaine intégrale et la considère comme une dimension particulière de cette dernière, dont l’axe est d’ordre éthique et religieux » [3]. Il accepte le capitalisme au sens d’« économie d’entreprise » ou d’« économie de marché ». Jean-Paul II s’oppose donc à un capitalisme sans frein et non au capitalisme en lui-même car il va à l’encontre de la liberté individuelle.
En 1967, Paul VI dénonce aussi le libéralisme sans frein, qui se caractérise par quelques principes : « le profit comme motif essentiel du progrès économique, la concurrence comme loi suprême de l’économie, la propriété privée des biens de production comme un droit absolu, sans limites ni obligation sociales correspondantes. » [4] Nous restons ainsi aux caractéristiques d’un système économique qui refuse toute entrave.
La condamnation d’une certaine mentalité
Leandro BASSANO, Dives and Lazarus,1595
La condamnation du capitalisme sans entrave ne date pas de Jean-Paul II ou de Paul VI. Dès 1931, Pie XI le dénonce. Il est d’autant plus concerné que son époque est marqué par son développement et par ses funestes conséquences. « Ce qui à notre époque frappe tout d’abord le regard, ce n’est pas seulement la concentration des richesses, mais encore l’accumulation d’une énorme puissance, d’un pouvoir économique discrétionnaire, aux mains d’un petit nombre d’hommes qui d’ordinaire ne sont pas les propriétaires, mais les simples dépositaires et gérants du capital qu’ils administrent à leur gré. »[5] Une telle concentration conduit alors à une mainmise sur la vie économique. Ces détenteurs de capitaux « distribuent en quelque sorte le sang à l’organisme économique dont ils tiennent la vie entre leurs mains, si bien que sans leur consentement nul ne peut plus respirer. » [6] Ce pouvoir est le « fruit naturel d’une concurrence dont la liberté ne connaît pas de limites » [7] et d’un « esprit individualiste dans la vie économique » [8]. Dans cette bataille, les plus grands gagnants sont non seulement les plus forts mais aussi ceux qui sont le moins gênés par les scrupules de conscience.
Le désir de puissance est le fruit amer de cette recherche insensée de profit. « L’appétit du gain a fait place à une ambition effrénée de dominer. » [9] Pie XI dénonce la dictature économique qui en résulte. Le pouvoir politique s’est soumis au pouvoir économique. Il est devenu « le docile instrument de toutes les passions et de toutes les ambitions de l’intérêt. »[10] Il dénonce enfin, au niveau international, « l’impérialisme économique » ou encore « l’impérialisme international de l’argent, pour lequel là où est l’avantage, là est la patrie. »[11] Le Pape dénonce aussi une consommation désordonnée et un égoïsme sans fin, « la honte et le grand péché de notre siècle » [12].
Ainsi, Pie XI s’attaque davantage à une forme de mentalité que génère et qui produit le capitalisme. Jean XXIII revient aussi à la moralité du capitalisme. En décrivant l’état d’esprit qui régnait au temps de Léon XIII, il rappelle que la vie économique était dominée par une conception selon laquelle il n’y aurait pas de relations entre les lois morales et les lois économiques, le seul mobile de l’activité économique étant l’intérêt particulier, la loi suprême, la libre concurrence illimitée, les lois de marché déterminant les prix, les profits, les salaires… « La loi du plus fort non seulement était tenue pour légitime, mais réglait, en fait, les rapports entre les hommes ; ainsi le monde économique était-il livré au plus profond désordre. »[13] Le désordre est donc la conséquence funeste du capitalisme de la fin du XIXe siècle.
Les relations entre travail et capital


À la fin du XIXe siècle, Léon XIII a noté que le problème résidait entre les capitalistes et les travailleurs, c’est-à-dire sur les droits et les devoirs qui règlent leurs relations. Il montre la difficulté de les préciser avec justesse. De nombreux et habiles agitateurs ont cherché « à en dénaturer le sens » et en ont profité « pour exciter les multitudes et fomenter les troubles. »[14] Or ces rapports ont une fonction sociale. Ils sont garants de la paix au sein de la société. Contrairement aux communistes, les capitalistes et les travailleurs ne forment pas deux classes « ennemies-nées l’une de l’autre, comme si la nature avait armé les riches et les pauvres pour qu’ils se combattent mutuellement dans un duel obstiné. […] Elles ont un impérieux besoin l’une de l’autre : il ne peut y avoir de capital sans travail, ni de travail sans capital. La concorde engendre l’ordre et la beauté. » [15]
Léon XIII a ainsi établi un lien entre le capitalisme moderne et la société, le premier agissant de manière funeste sur le second. Ce n’est pas au niveau de son aspect économique qu’il le critique mais en tant qu’agent de désordre et de maux au sein de la société.
À la recherche de la concorde
Selon Pie XI, les remèdes à ces maux doivent être portés sur  les deux leviers du capitalisme que sont le travail et le capital, ou plutôt sur leurs relations. « Les rapports entre l’un et l’autre doivent être réglés selon les lois d’une très exacte justice commutative avec l’aide de la charité chrétienne. » [16] L’autorité publique doit soumettre la puissance économique et la libre concurrence, qui doit être raisonnable et encadrée. Enfin, la vie économique doit être réglée aux exigences du bien commun. Ainsi « cette fonction si importante qu’est l’activité économique retrouvera, à son tour, la rectitude et l’équilibre de l’ordre. » [17]
L’État a donc un rôle dans la vie économique. Benoit XVI nous rappelle qu’il a pour vocation de réaliser la justice de manière pratique. Or il risque d’être prisonnier d’un « aveuglement éthique, découlant de la tentation de l’intérêt et du pouvoir qui éblouissent »[18]. Le politique a ainsi besoin de foi, de la foi catholique, qui « permet à la raison de mieux accomplir sa tâche et de mieux voir ce qui lui est propre. » [19] Ainsi pour Benoît XVI, la doctrine catholique peut intéresser tout État. Mais, insiste-t-il, « l’Église a le devoir d’offrir sa contribution spécifique » [20] ou encore que « la société juste ne peut être l’œuvre de l’Église, mais elle doit être réalisé par le politique » [21] et enfin « il ne revient pas à l’Église de faire valoir elle-même politiquement cette doctrine. » [22]
Si les capacités de l’Église ne relève pas de l’ordre politique, l’Église elle-même a incontestablement un rôle dans l’établissement de la concorde. « L’ensemble des vérités religieuses, dont l’Église est la gardienne et l’interprète, est de nature à rapprocher et à réconcilier les riches et les pauvres, en rappelant aux deux classes leurs devoirs mutuels, et, avant tous les autres, ceux qui dérivent de la justice. » [23] La religion chrétienne a donc la capacité de maintenir ou de restaurer l’ordre et la paix au sein de la société.
Contre l’idée matérialiste de l’histoire de Karl Marx, Max Weber [24] a bien montré le rôle de l’éthique ou de la mentalité religieuse dans la vie économique. L’Église n’a-t-elle aucun pouvoir pour former la société de manière à la rendre plus juste et plus miséricordieuse, et à y instaurer et maintenir la paix ?
La conception catholique du travail
Paul IV rappelle que le travail est voulu et béni de Dieu, qui a donné à l’homme le moyen de parachever son œuvre quel que soit son état ou sa place dans la vie économique.  Il évoque pour cela les premières pages de la Genèse. Il montre aussi que le travail rapproche et unit les hommes. Pie XII rappelle que la raison d’être du travail est « de tirer de son labeur de quoi vivre et faire vivre ses enfants. »[25] Il a pour but de conserver l’homme et de soumettre la nature pour satisfaire ses besoins. Selon Léon XIII, le travail « lui fournit un noble moyen de sustenter sa vie ». Ainsi il « doit fait honneur à l’homme » [26].  
Paul IV insiste également sur les méfaits du travail s’il n’est pas réglé de manière intelligente et libre. Il s’oppose au « mystique exagérée du travail » [27] et n’ignore pas les promesses d’argent, de jouissance et de puissance qu’il procure. Selon Jean XXIII, si tout homme a le droit au travail, ce dernier doit être encadré afin qu’il ne compromette ni la santé ni la moralité, respecte les exigences de la femme avec leurs devoirs d’épouses et de mères, et qu’il ne remette pas en cause la dignité humaine. L’homme ne doit donc pas être considéré comme un « vil instrument de lucre » et ne pas travailler au-delà de ses capacités et de ses forces. Le travail ne doit pas entamer la dignité de l’homme, « relevée encore par celle du chrétien » [28]. Comme Léon XIII nous le rappelle, il ne doit pas nuire aux intérêts spirituels du travailleur et le bien de son âme. Il doit par exemple avoir le temps de se consacrer à la piété, de ne point affaiblir en lui l’esprit de famille, ni les habitudes d’économie, de ne point le corrompre. Enfin, la pauvreté ne doit être ni exploitée ni être objet de spéculation. Sont condamnée toute manœuvre usuraire ou toute fraude « de nature à porter atteinte à l’épargne du pauvre, d’autant plus que celui-ci est moins apte à se défendre, et que son avoir est plus sacré parce que plus modique. » [29]
Enfin, comme nous le rappelle Léon XXI dans son encyclique Rerum Novarum, toute vie mortelle ne peut être comprise sans considération de la vie éternelle. « Celle-ci supprimée, toute espèce et toute vraie notion de bien disparaît. » [30] Dieu « nous a donné cette terre, non point comme une demeure fixe, mais comme un lieu d’exil. » [31] Il faut donc considérer le rapport entre le capital et le travail selon cette vue élevée. « Que vous abondiez en richesse et en tout ce qui est réputé de la fortune, ou que vous en soyez privé, cela n’importe nullement à l’éternelle béatitude. Ce qui importe, c’est l’usage que vous en faites. » [32] Léon XIII rappelle que « Jésus-Christ n’a point supprimé les afflictions qui forment presque toute la trame de la vie mortelle », malgré la plénitude de la rédemption qu’il nous apporte, et « il en a fait des stimulants de la vertu et des sources de mérite ». Nul ne prétendre à une récompense s’il ne marche pas « sur les traces sanglantes de Jésus-Christ. » [33]
Néanmoins, tout cela sera vain si « toutes les formes de l’activité humaine ne conspireront pas harmonieusement à imiter et à réaliser, dans la mesure du possible, l’admirable unité du plan divin. » [34] Quel est cet ordre ? Il s’agit de placer Dieu le terme premier et suprême de toute activité puis d’« apprécier les biens de ce monde que comme de simples moyens dont il faut user dans la mesure où ils conduisent à cette fin. » [35] Il n’est pas interdit d’exercer des professions lucratives ou de s’enrichir avec d’honnêtes moyens. Cela est juste, pourvu que, « dans l’acquisition de la fortune, il respecte la loi de Dieu et les droits du prochain, et que, dans l’usage qu’il en fait, il obéisse aux règles de la foi et de la raison. » [36] Il faut donc chercher avant tout le règne de Dieu et sa justice, avec l’esprit de charité, sans lequel l’union des hommes serait vaine.
La conception de la richesse



La richesse n’a donc aucune utilité pour la vie éternelle. Elle peut même être un obstacle. Notre Seigneur Jésus-Christ nous a en effet prévenus. Viendra un jour où Dieu jugera de ce que nous aurons fait des bienfaits qu’Il nous a confiés.
L’Église distingue la juste possession des richesses et leur usage légitime. Si la propriété privée est de droit naturel et d’une nécessité pour la vie, « l’homme ne doit pas tenir les choses extérieures pour privées, mais pour communes, de telle sorte qu’il en fasse part facilement aux autres dans leurs nécessités. » [37] C’est un devoir de verser le superflu dans le sein du pauvre, un devoir de charité chrétienne. L’aumône doit être une habitude de vie…
Ainsi pour conclure, « quiconque a reçu de la divine Bonté une plus grande abondance, soit des biens extérieurs et du corps, soit des biens de l’âme, les a reçus dans le but de les faire servir à son propre perfectionnement et également, comme ministre de la Providence, au soulagement des autres. » [38] En outre, la pauvreté n’est pas un opprobre. « Il ne faut pas rougir de devoir gagner son pain à la sueur de son front. » [39] Il faut se rappeler de Notre Seigneur Jésus-Christ, modèle de notre vie. La vertu est à la portée de tous, quel que soit son état, riche ou pauvre. Or « seuls la vertu et les mérites, partout où on les rencontre, obtiendront la récompense de l’éternelle béatitude. » [40] Enfin, les biens de la nature, tous les trésors de la grâce appartiennent à tous, sans exception. « Il n’y a que les indignes qui soient déshérités des biens célestes. » [41]
Le rôle de l’Église dans la vie économique
L’Église enseigne les devoirs de chacun, du patron comme de l’ouvrier et tente de rétablir la concorde entre eux. Certes, comme Léon XIII, elle ne prêche pas seulement aux pauvres la résignation et aux riches la générosité à l’égard des plus faibles, elle expose surtout les principes de la doctrine catholique dans le domaine social. Si « la recherche de la justice » et « un ordre social juste » fondé sur le bien commun doivent régir les liens entre les hommes et donc les rapports entre le capital et le travail, la loi suprême demeure celle de la charité chrétienne.
Mais l’Église n’est pas seulement une voix moralisante ou pacificatrice. Elle est là aussi et surtout pour verser en chacun de nous les eaux vivifiantes par les ministères des évêques et des prêtres. « Elle s’efforce de pénétrer dans les âmes et d’obtenir des volontés qu’elles se laissent conduire et gouverner par la règle des préceptes divins. » [42] Elle a de nombreux instruments pour toucher efficacement les âmes, « les seuls aptes à pénétrer jusque dans les profondeurs du cœur humain, les seuls capables d’amener l’homme à obéir aux injonctions du devoir, à maîtriser ses passions, à aimer Dieu et son prochain d’une charité sans mesure, à briser courageusement tous les obstacles qui entravent sa marche dans la voie de la vertu. » [43]
Comme le conclut Léon XIII, le salut ne peut venir que d’« une abondante effusion de charité ». Le dévouement au soulagement du prochain est « un remède très assuré contre l’arrogance du siècle et l’amour immodéré de soi-même » [44]. Ainsi nous revenons à l’esprit qui doit gouverner l’activité économique.
Conclusion
Si les derniers Papes ont surtout insisté sur la dignité de l’homme dans la vie économique et donc sur le droit naturel pour justifier la doctrine social catholique et ses différentes interventions dans la vie économiques, l’Église a rappelé la nécessité de la charité chrétienne dans les relations entre les patrons et les ouvriers, entre le capital et le travail. Comme toute activité humaine, la vie économique ne peut se développer hors des exigences chrétiennes, hors du regard de Dieu. L’homme doit vivre dans le monde sans être du monde. Cela est encore plus vrai dans le travail qui demeure une de ses activités principales. Il doit être fait pour l’homme et non l’homme pour le travail. Il est donc contraire à l’esprit chrétien d’en faire une fin en soi. Cela reviendrait à asservir l’homme et à l’éloigner de son véritable bien…





Notes et références
[1] Jean-Paul II, Sollicitudo Rei Socialis, n°21, 30 décembre 1987, w2.vatican.va.
[2] Benoît XVI, Deus caritas est, n°28, 25 décembre 2015, w2.vatican.va.
[3] Jean-Paul II, Sollicitudo Rei Socialis, n°21, 30 décembre 1987, w2.vatican.va.
[4] Paul VI, Populorum Progressio, Sur le développement des peuples, n°26, w2.vatican.va.
[5] Pie XI, Quadragesimo anno, Sur l’instauration de l’ordre social, n°113, 15 mai 1531, www.doctrine-sociale-catholique.fr.
[6] Pie XI, Quadragesimo anno, Sur l’instauration de l’ordre social, n°114.
[7] Pie XI, Quadragesimo anno, Sur l’instauration de l’ordre social, n°115.
[8] Pie XI, Quadragesimo anno, Sur l’instauration de l’ordre social, n°117.
[9] Pie XI, Quadragesimo anno, Sur l’instauration de l’ordre social, n°117.
[10] Pie XI, Quadragesimo anno, Sur l’instauration de l’ordre social, n°117.
[11] Pie XI, Quadragesimo anno, Sur l’instauration de l’ordre social, n°117.
[12] Pie XI, Quadragesimo anno, Sur l’instauration de l’ordre social, n°147.
[13] Jean XXIII, Mater et Magistra, Sur l’évolution contemporaine de la vie sociale à la lumière des principes chrétiens, 15 mai 1961.
[14] Léon XIII, Rerum Novarum, 15 mai 1891.
[15] Léon XIII, Rerum Novarum, 15 mai 1891.
[16] Pie XI, Quadragesimo anno, Sur l’instauration de l’ordre social, n°118.
[17] Pie XI, Quadragesimo anno, Sur l’instauration de l’ordre social, n°118.
[18] Benoît XVI, Deus caritas est, n°28, 25 décembre 2015, w2.vatican.va.
[19] Benoît XVI, Deus caritas est, n°28, 25 décembre 2015, w2.vatican.va.
[20] Benoît XVI, Deus caritas est, n°28, 25 décembre 2015, w2.vatican.va.
[21] Benoît XVI, Deus caritas est, n°28, 25 décembre 2015, w2.vatican.va.
[22] Benoît XVI, Deus caritas est, n°28, 25 décembre 2015, w2.vatican.va.
[23] Léon XIII, Rerum Novarum, 15 mai 1891.
[24] Voir Émeraude, article « Max Weber, l’éthique du protestant et le capitalisme moderne », août 2017
[25] Pie XII, Radio message de Pentecôte, 1941.
[26] Léon XIII, Rerum Novarum, 15 mai 1891.
[27] Paul VI, Populorum Progressio, Sur le développement des peuples, n°27.
[28] Léon XIII, Rerum Novarum, 15 mai 1891.
[29] Léon XIII, Rerum Novarum, 15 mai 1891.
[30] Léon XIII, Rerum Novarum, 15 mai 1891.
[31] Léon XIII, Rerum Novarum, 15 mai 1891.
[32] Léon XIII, Rerum Novarum, 15 mai 1891.
[33] Léon XIII, Rerum Novarum, 15 mai 1891.
[34] Pie XI, Quadragesimo anno, Sur l’instauration de l’ordre social, n°147.
[35] Pie XI, Quadragesimo anno, Sur l’instauration de l’ordre social, n°147.
[36] Pie XI, Quadragesimo anno, Sur l’instauration de l’ordre social, n°147.
[37] Léon XIII, Rerum Novarum, 15 mai 1891.
[38] Léon XIII, Rerum Novarum, 15 mai 1891.
[39] Léon XIII, Rerum Novarum, 15 mai 1891.
[40] Léon XIII, Rerum Novarum, 15 mai 1891.
[41] Léon XIII, Rerum Novarum, 15 mai 1891.
[42] Léon XIII, Rerum Novarum, 15 mai 1891.
[43] Léon XIII, Rerum Novarum, 15 mai 1891.
[44] Léon XIII, Rerum Novarum, 15 mai 1891.

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